C E N T-N E U y I E M E TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
COMBAT DES JEUNES ELEVES AU CHAMP DE MARS,
LE 2i OCTOBRE 1794;
LE 3 o VENDÉMIAIRE, AN TROISIEME DE LA RÉPUBLIQUE.
Qu’elle est consolante l’époque de la révolution que nous avons à présenter ici ànos lecteurs! Au-dedans de la France la justice et l’humanité font entendre leur voixtrop long-temps méconnue. La hache des tyrans a disparu avec eux. Au-dehors , lessuccès les plus brillants , les plus inattendus , enchaînent la victoire aux drapeauxde la république. Nos armées , pleines d’un même enthousiasme , ne rivalisoient quede gloire. Les Espagnols , en évacuant le territoire français , avoient conservé surl’extrême frontière la forteresse de Bellegarde : nous la reprîmes au mois de septembre.Les Espagnols , sous les ordres du comte de l’Union , se retranchèrent sur des mon-tagnes inaccessibles : Dugommier les fait attaquer sur toutes les lignes , le 18 novembre ;et après le combat le plus opiniâtre , leurs rangs sont enfoncés à la baïonnette. L’ar-tillerie , les équipages , le camp espagnol , des tentes pour cinquante mille hommes ,et une immense quantité de provisions , restèrent au pouvoir des républicains. Surces entrefaites une division de l’armée des Pyrénées pénétroit dans la province deGuipuscoa , s’emparoit successivement de Fontarabie , du Port - Passage , de Saint-Sébastien ; et après avoir battu les Espagnols dans les défilés des montagnes qui séparentla Biscaye de la Navarre, elle pénétroit jusqu’aux portes de Pampelune , tandis que ,dans la Catalogne , le général républicain Pérignon , après avoir enlevé Figuièras,arboroit nos drapeaux sur les murs de la ville de Roses , conquise à la suite de ladéfense la plus courageuse. La disposition locale des Alpes ne permettoit pas à nosarmées d’obtenir des succès aussi prompts dans ces contrées. Elles s’étoient renduesmaîtresses du sommet des montagnes partout où ce sommet étoit accessible aux hommes ,tant en Savoie que dans le comté de Nice ; mais lorsqu’après avoir escalade ces rocherscouverts d’une neige aussi ancienne que le monde , on vouloit pénétrer dans le Piémont ,soit par le Col-de-Tende , soit par le Mont-Cénis , il falloit prendre la ville de Coni,ou celle de Suze. Alors les Français , entièrement maîtres des Alpes , pouvoient s’avancersans obstacles jusqu’à Turin . L’impossibilité de réussir dans l’une et l’autre de ces deux
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