45a TABLEAUX HISTORIQUES, etc.
sauver, et peut-être dominer et terrifier encore. On venoit d’éprouver un de ceshivers dont la rigueur et la durée feront époque dans l’histoire, et la famine ajoutoità ce fléau. Le départ des trois déportés ( car on n’avoit pu découvrir la retraite deVadier ) éprouva en effet, au moyen du soulèvement qui eut lieu à la barrière de laGonférence, quelques difficultés , suscitées d’un côté par leurs partisans , et de l’autrepar le peuple qui ne les trouvoit pas assez punis. On les reconduisit au comité de sûretégénérale : le peuple même aida à les y ramener. Ce mouvement fut bientôt appaisé ;et les condamnés à la déportation partirent pour l’isle d’Oléron , d’où l’on devoit lesenvoyer au - delà des mers. Bientôt un nouveau coup de vent engagea l’assemblée,toujours battue par les flots des passions contraires, à revenir de son décret. Elle ordonnaque les trois coupables resteroient en France, et seroient jugés loin de Paris . Maiscette disposition ne put s’appliquer qu’à Barrere ; les deux autres étoient déjà partispour la Guyane , où leurs remords, si de tels hommes en peuvent éprouver , et sur-toutl’impossibilité de nuire, doivent les punir davantage que si l’échafaud qu’ils avoientmérité les eût privés du tourment d’être plus long-temps devant leur conscience, eten proie à d’épouvantables souvenirs.