CENT TREIZIEME TABLEAU
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DE LA RÉVOLUTION.
LE 1" FLORÉAL, AN TROISIEME DE LA RÉPUBLIQUE.
JLj a chute de Robespierre devint le signal d’un nouveau régime. La convention nationalearrêta ses regards sur l’effrayant assemblage de tant de crimes ordonnés ou commisau nom de l’autorité suprême. On osa les retracer, on osa les décrire ; et l’indignation,si long-temps comprimée , eut enfin son explosion. Les dernieres classes mêmes descitoyens parurent s’y associer , et la condamnation d’un système de férocité fut aussiprompte qu’éclatante. Les prisons s’ouvrirent j on y recouvra l’espérance, et plusieursdéputés se signalèrent honorablement par le zele avec lequel ils devinrent les inter-cesseurs de l’innocence opprimée. Le tribunal révolutionnaire survécut encore quelquetemps à ce mouvement vers le bien ; mais on en modifia la formation. On substituades juges aux bourreaux , et des hommes aux tigres établis par Robespierre . Lessentences prirent un tout autre caractère. La marche de la convention se tourna versles réparations les plus méritoires : elle renonça aux confiscations prononcées par untribunal sanguinaire ; elle rendit les biens des condamnés à leurs familles ; elle détruisitla loi du maximum , et un nouvel ordre de choses ranima l’espoir et porta la consolationdans tous les cœurs. Tout annonça un bon gouvernement , et des lois protectrices.L’antre des jacobins fut fermé -, et ces sociétés qui s’appeloient populaires tandis qu’ellesétoient les plus cruelles ennemies du peuple , puisqu’elles l’étoient de tout ordre social,furent réduites à une heureuse impuissance , et bientôt après supprimées. Enfin larépublique française , agitée jusqu’alors en sens contraires par les plus affreusesconvulsions , prenoit une attitude rassurante , semblable à celle d’un vaisseau qui , aprèsavoir été long-temps battu par tous ses flancs , approche du port où il peut se reposerà l’abri des vents et des tempêtes. Au dehors nos armées avoient obtenu les succès lesplus brillants ; au dedans l’abrogation de la loi du maximum , en avivant le commerce,sembloit devoir ramener l’abondance des denrées et des marchandises, et mettre leurvaleur mercantile à la portée des consommateurs. Si la trop grande quantité d’assignatsjetés dans la circulation avoit opéré le discrédit du signe d’échange , d’un autre côtéla tranquillité commençoit a renaître dans les departements ou la guerre civile avoitéclaté. L’embrasement même qui depuis plusieurs années dévoroit la Vendée s’éteignoitinsensiblement, depuis qu’à des généraux inspirés par le génie malfaisant du crimeet de la destruction, on avoit substitué des guerriers qui joignoient les sentiments del’humanité et de la justice à ceux de la gloire des armes. Ces guerriers propices et tuté-
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