CENT-VINGT-QUATRIEME TABLEAUDE LA RÉVOLUTION.
L’acte de soumission des Vendéens aux lois de la république avoit été signé parCliarrete, et celui de la soumission des chouans par Désotteux-Cormatin (i). DansJe même temps la convention travaiiloit à recueillir les restes précieux de la dévas-tation de Toulon . On rapporta la loi sévere qui ordonnoit l’élévation d’une colonne,monument du malheur qu’elle avoit éprouvé. On vota des secours dont la distribu-tion pouvoit ramener dans les atteliers de cette cité une partie des ouvriers qui s’étoientdispersés en Suisse et à Geneve. La mémoire de Marat fut vouée par un décret àl’exécration publique, et son cadavre fut chassé du Panthéon . Les juges-assassins quicomposoient le tribunal révolutionnaire , et qui avoient survécu à la chûte et au sup-plice de Dumas et de Coffinhal , subirent la peine due à leurs forfaits. Les proconsulsféroces qui avoient fait planer le crime et la terreur sur la France étoient réduits àtrembler à leur tour : on les attaquoit jusques dans le sein de la convention : lacommune d’Arras demandoit le supplice de Lebon ; celle de Bédouin pressoit celuideMaignet; d’autres étoient dénoncés par d’autres corporations. La France entièreréclamoit à grands cris la cessation du gouvernement provisoire ; et la convention,secondant les vœux des citoyens, se hâta d’établir un régime constitutionnel, quiprotégeât efficacement les personnes et les propriétés.
Des succès brillants au dehors ajoutoient à l’espoir qu’avoient les Français devoir in-sensiblement fermer les plaies profondes de l’état. Mais cet espoir fut encore trompé.De nouveaux complots qui se tramoient sourdement dans l’intérieur éclatèrenttout-à-coup , et les chefs de la Vendée et des chouans violèrent le traité de paix quiavoit été conclu à la Mabilais. Les comités de gouvernement firent arrêter les prin-cipaux de ces chefs : mais on commit la faute de les traduire dans les prisons deRennes, au lieu de les faire conduire à Paris ; des mains perfides brisèrent leurs fers,et la contrée la plus fertile qui soit sur le globe, la Vendée , fut de nouveau souilléede sang , et en proie au fléau dévorant de la guerre. Ce fut dans ce temps que lesAnglais débarquèrent six mille hommes à Quiberon . Mais le général Hoche eut enfinla gloire de terminer cette guerre exécrable, et qui sembloit devoir être éternelle. Ils’avança dans ces malheureuses contrées, tenant d’une main l’olivier de la paix, del’autre le glaive de Bellone. La prise des deux principaux chefs des rebelles, Stofflet et Charrete , couronna ses succès , et mit fin à cètte lutte sanglante entre le gouverne-ment républicain et les fanatico-rojalisbes de la Vendée . Ces deux évènements sontmarquants dans l’histoire de notre révolution, et vraisemblablement décisifs contreles ennemis de l’intérieur. Semblable à Pompée qui délivra les mers de l’Italie des
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