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Tome second.
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CENT-VINGT-SEPTIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

ATTAQUE DU CAMP DE GRENELLE PAR DES CONSPIRATEURS,

LE io SEPTEMBRE 1796;

LE 24 FRUCTIDOR, AN Y DE LA RÉPUBLIQUE .

N"ous avons vu des factions sanglantes naître , dominer et périr ; nous les avons vuesremplacées par d’autres factions qui ont subi le même sort; nous avons éprouvé toutesles atrocités que le génie du crime peut accumuler sur une nation; le royalisme, l’anar-chie, ont moissonné une partie de la génération présente, tandis que le fléau de laguerre moissonnoit l’espoir de la génération future. Dans un siecle éclairé du flambeaude la philosophie, les bases antiques de l’instruction publique se sont écroulées, lestemples de la morale ont été fermés; l’athéisme, comme un poison dissolvant, a misl’égoïsme à la place des rapports qui unissoient les citoyens, et a rompu le faisceausocial. Le peuple ne vouloit reconnoître d’autre autorité que celle des lois, d’autresuprématie que celle des vertus et des talents: mais alors les emplois dusgouvernement,ainsi que les éloges de la patrie, se prodiguoient aux plus ignorants et aux plus pervers.On égaroit le peuple par toutes les séductions possibles, en même temps qu’on l’enchaî-noit par la terreur. La victoire étoit constamment attachée aux drapeaux de la répu-blique ; mais les hommes qu’on envoyoit sur la frontière manquoient dans lesmanufactures, dans les atteliers, dans les campagnes. Le commerce anéanti, l’agricul-ture négligée, les assignats sans valeur, la nation sans numéraire, une misere déses-pérante , une inquiétude universelle ; tel étoit le tableau de la France à l’époque oùla constitution de 1795 et le nouveau gouvernement ont commencé d’être mis en ac-tivité. Alors la confiance a ranimé l’espoir des bons citoyens ; les Français , fatiguésdu pénible sentiment de la haine, et de cette foule de commotions politiques, decomplots et d’orages qui s’étoient succédé sans relâche, respiroient enfin sous l’om-brage tutélaire des lois. Mais les désorganisateurs voyoient avec peine ce calme nou-veau. Ils cherchèrent à bouleverser le gouvernement, et à répandre encore sur laFrance tous les fléaux de l’anarchie.

Parmi ces désorganisateurs, les uns avoient pour but de ramener le régime de 179$,et cette constitution si favorable au délire des démagogues outrés; les autres vouloientramener au despotisme royal par l’anarchie. Tous s’accordoient à détruire la constitu-tion de 1795, dont par cela même ils faisoient l’éloge et prouvoient la bonté; mais ilsconnurent que les Français , que le peuple, quand il n’est pas égaré, ne veut quele bon ordre. Us éprouvèrent que le régné des scélérats étoit passé, et que notre gou-vernement sage et plein de vigueur étoit désormais à l’abri de leurs atteintes. Quoiqueles royalistes et les anarchistes aient toujours employé la tactique de répandre les plus

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