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Tome second.
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5 a 4 TABLEAUX HISTORIQUES, etc.

Dans ces circonstances on apprend que des troupes sont en marche : en vain lebruit public lui-même annonce qu’elles se rendent à une destination lointaine ; commeil falloit pour s’y rendre qu’elles rentrassent dans l’intérieur, on suppose aussitôtqu’elles ont dépassé la ligne constitutionnelle; quoiqu’il soit géométriquement prouvéque le lieu le plus rapproché de Paris où elles aient pénétré est en dehors des limitesfixées , on n’en persiste pas moins dans ces suppositions mensongères pour avoirun prétexte d’éclater contre le directoire.

La commission des inspecteurs est érigée en nouveau comité de sûreté générale:elle s’arroge, sous la direction de Pichegru , la surveillance de la force armée, et,sous l’influence de Rovere , elle institue une contre-police, chargée de neutraliserl’action de la police générale; on organise la garde nationale; on rappelle les grena-diers et les chasseurs de vendémiaire ; on renforce la garde du corps législatif decavalerie et d’artillerie , et les départements deviennent le théâtre des armements lesplus précipités : c’est le Vésuve qui sent bouillonner dans ses flancs le soufre et lebitume prêts à enfanter l’explosion la plus soudaine et la plus terrible ; encore unmoment, et l’embrasement éclate de toutes parts. Mais les membres fïdeles dudirectoire et du corps législatif veillent pour le salut de la^atrie : ils voient des mainsimpies prêtes à consommer le crime ; et les conspirateurs sont saisis dans l’antremême de la contre-révolution, dans la salle où le nouveau comité des recherchesforgeoit la foudre et préparoit les traits sous lesquels il devoit ensevelir la république.C’est le sujet de ce tableau. La nuit couvroit le complot de son ombre , et le jourqui va luire éclaire le triomphe des républicains. Pichegru , Dumolard, Boissi d’Anglas,Willot, Cadroi, Camille - Jordan, Laffond, Rovere, Lémerer , Gilbert, Desmolieres ,Ramel, etplusieurs autres sont arrêtés, ainsi que Barthélemi; Carnot parvient à s’évader.Tous ont été condamnés à être déportés à la Guiane. On avoit arrêté précédemmentle nommé Perroteau , armurier, demeurant rue Croix-des-Petits-Champs. Ce scélérata avoué dans son interrogatoire que les commissions royales de Louis XVIII lui ontacheté 700 fusils de calibre qui lui ont été payés dans le jour; il déclare avoir délivréune partie de ces fusils sur des bons signés de la lettre initiale R. . . ( 1 )

De quel abyme, directoire sauveur, vous nous avez retirés ! Dans quel gouffre demaux la France alloit être plongée ! Sous quelle mer de sang elle alloit être engloutie !

La guerre civile et toutes ses horreurs , la contre-révolution et tous ses échafauds.

Mais détournons nos regards d’un spectacle aussi affligeant; reposons-les sur lesheureux et inappréciables résultats du 18 fructidor. Nous voyons régner l’harmonieentre les membres du directoire , entre le directoire et les deux conseils ; nous voyonsles administrations, les tribunaux, l’esprit public régénérés ; et la république, triom-phante au-dehors, paisible au-dedans, va bientôt voir succéder à ses longs orages lecalme et les bienfaits d’une paix générale, la plus glorieuse qu’aucune nation aitencore conclue , puisqu’elle aura pour base non seulement notre liberté, mais encorecelle d’une grande partie de l’Europe .

( 1 ) Qui ne voit que c’est la première lettre du nom Rovere?