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Tome second.
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CENT QUARANTE-DEUXIEME TABLEAU

r

DE

LUTION.

LA REVO

COMBAT ET VICTOIRE D’ABOUKIR, EN ÉGYPTE ,

UE 7 THERMIDOR, AN VII.

D ans le tableau de la conquête de l’Egypte , nous avons rendu compte de tons les

U ans le tableau de la conquête de l’Egypte , nous avons rendu compte de tons lesévènements politiques , militaires , et civils , qui ont précédé y accompagné , et suivicette invasion , jusques et compris la prise de la ville du Caire , qui entraîna la soumissionde toute cette contrée , et termina la première campagne d’Egypte . Il nous reste à décrire

les faits non moins étonnants , non moins prodigieux, qui ont signalé la seconde campagne.

Lorsque Bonaparte eut conquis et pacifié la ville du Caire , il se décida à marcher versla Syrie pour punir Ahmet Dgezzar , pacha d’Acre , et détruire les grands préparatifs qu’ilformoit d’une expédition contre l’Egypte. Le projet du général français étoit de revenirensuite en Egypte pour repousser l’attaque qu’on avoit combinée par mer de concert avecl’amiral anglais Sidney-Smith , et qui , d’après les probabilités de la saison , ne pouvoitavoir lieu avant messidor. On verra combien les calculs de Bonaparte se trouvèrent justes ,et qu’il réussit dans son principal objet, malgré le peu de succès du siégé de Saint-Jeand’Acre, dont nous aurons bientôt occasion de parler. Ce fut ainsi qu’à son arrivée enEgypte il atteignit son but , malgré le désastre de la flotte française à Aboukir .

Le motif de mécontentement de Bonaparte contre Ahmet Dgezzar venoit de ce que cedernier s’étoit déclaré contre les Français en accueillant Ibrahim-bey , fuyant d’Egypte avecdeux mille Mamelouks. En vain Bonaparte lui avoit expédié par mer un officier pour seplaindre de cette conduite ; Ahmet, sans faire aucune réponse , avoit renvoyé avec arro-gance l’officier français , et avoit jeté à Acre dans les fers plusieurs citoyens français : ilmenaçoit de plus , comme nous l’avons observé plus haut, les frontières d’Egypte d’uneprochaine invasion.

Ahmet, surnommé Dgezzar , c’est-à-dire boucher , est, dit le général Berthier, l’opprobrede la nature, et regardé comme un monstre de cruauté même parmi les barbares del’orient. Il a couvert ce pays des témoignages d’une barbarie inconnue jusqu’à lui ; il afait écorcher plusieurs de ses femmes sur les plus frivoles prétextes ; il fait ferrer leshommes qu’il veut châtier 5 il tranche lui-même la tête à ceux qui ont été ses confidents ;il fait couper le nez , les oreilles, les mains , les pieds , sur les plus légers soupçons ; il

ordonne de murer vivants jusqu’à la tête , les malheureux qui lui déplaisent.Mais

détournons nos regards de ces détails affligeants pour l’ami de l’humanité, et hâtons-nousde considérer l’ensemble de la brillante expédition dans la Palestine, ou ancienne Judée ,. et la Syrie. Nous terminerons ce récit par la célébré victoire d’Aboukir qui fait le sujet de

ce tableau j et, pour le rendre plus complet et ne laisser rien à desirer à nos lecteurs,

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