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Tome troisieme.
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avez demandé vous-même préférablement à tout autre , et que,pour cette raison , nous députons d’autant plus volontiers versvous, que votre estime pour sa vertu vous le rend plus cher etplus recommandable. Vous traiterez donc avec lui, avec la mêmeconfiance que vous pourriez faire avec nous-mêmes ; car nous nedoutons pas qu’il ne réponde par sa religion, sa foi et sa prudencedans les affaires , à la connaissance que vous avez de lui, etqu’il ne se montre tel que nous le fait espérer la manière digne desplus grands éloges, dont il s’est acquitté de plusieurs emplois très-importans. Nous demandons au Dieu tout-puissant qu’il le dirige,et qu’il répande sur lui ses bénédictions, de sorte que toute saconduite tende à la prospérité de l’église catholique , de notresaint-siège et de la République française , et nous vous donnons,comme un gage de notre charité paternelle , notre bénédictionapostolique.

Donné à Rome, à Sainte-Marie-Majeure , sous l’anneau duPécheur , le 4 septembre 1801 , la seconde année de notrepontificat.

Joseph Ma b. o T ti.

PUBLICATION

D’INDULGENCE PLENIERE,

EN FORME DE JUBILE.

Nous , Jean-Baptiste CAPRARA, Cardinal-Prêtre de la Sainte-Eglise romaine, du titre de Saint Onuphre, Archevêque ,Evêque d’Iési, Légat à Latere , de notre très-saint Pèrele Pape Pie VII, et du Saint-Siège apostolique , auprès dupremier Consul de la République française.

Le cruel fléau de la guerre, qui ravageait depuis si long-tempsune grande partie du globe, est enfin cessé par un effet de lamiséricorde et de la bonté de Dieu , ainsi que par la sagesse duchef de votre République . La paix , objet continuel des désirset des vœux de tous, vient d’être redonnée à la France . Ellea rendu à la patrie ses citoyens ; aux pères , leurs enfans ; auxépouses, leurs époux ; aux campagnes , les laboureurs ; aux artsceux qui les cultivent ; et enfin , à la République entière , satranquillité. La joie s’est donc répandue dans l’ame des Fran-çais , parce qu’il n’en est peut-être aucun parmi eux qui neparticipe au bonheur commun de la République . Mais quelquegrand, quelque insigne que soit ce bonheur , il en est un quidoit vous paraître encore plus précieux , c’est de voir, aprèsun si grand bouleversement de toutes choses, après tant dedifficultés qu’il a fallu vaincre , tant de dissentions qu’il a fallupacifier, la religion catholique rendue à son ancienne liberté ,tous les troupeaux rentrés dans le même bercail, et marchantsous la houlette des mêmes pasteurs. Il nous est impossible debien exprimer les consolations que le cœur paternel du souve-rain pontife a ressenties, en recueillant ainsi dans la joie deson ame , les fruits les plus abondans de ses soins et de sasollicitude ; lui qui, dès le premier instant de son élévation àl'apostolat, a tourné sur vous ses regards , et n’a épargné nipeines, ni travaux, pour mettre , par un tel bienfait , le combleau bonheur et à la gloire de votre nation.

Après avoir d’abord rendu grâces en toute humilité au Sei-gneur , qui, se ressouvenant de sa miséricorde, a jeté sur vousun œil favorable ; plein de la joie que nous ressentons en cejour , nous félicitons l illustre premier Consul de votre Répu-blique , qui, par sa sagesse et ses soins, est devenu le principalinstrument dont Dieu s’est servi pour opérer un si grand bien.Nous vous en félicitons , vous tous qui jouissez maintenant dece bienfait; nous nous en félicitons nous-mêmes , qui avonsété destinés par la divine providence pour venir dans ce payscoopérer à votre bonheur , et en goûter, au milieu de vous,les délices.

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Cette faveur que vous avez reçue de Dieu , et qui est véri-tablement le don excellent et parfait , exige que vous corres-pondiez en toute manière à la clémence et à la bonté du Sei-gneur , de peur que ce qui ne vous avait été donné que pouropérer votre salut, n’attire , au contraire , sur vous un juge-ment plus rigoureux. Pour remplir vos obligations à cet égard,sachez qu’il ne suffit pas de pourvoir à l'ornement et à la magni-ficence des temples , à l’appareil des cérémonies , à la célébrationdes fêtes, et à tous les autres objets de ce genre ; objets sacrés ,dont la fin est de rendre à Dieu l’honneur qui lui est dû ; objetsqui méritent tout notre respect, tous nos soins et tout notrezèle , afin de réparer de quelque manière l’interruption qu’asouffert le culte que l'on doit rendre au Seigneur. Mais si vousvous contentez de ces signes extérieurs de piété, sans vousmettre en peine de remplir vos autres devoirs , en vérité vousne seriez chrétiens que de nom, et vous n’auriez qu’une ombrevaine de religion. Quel bien penseriez-vous retirer du rétablisse-ment de la religion de vos pères , si vous en négligiez l’essen-tiel , qui consiste dans le culte intérieur, et dans une piétésolide envers Dieu , pour n’en conserver que ce qui paraîtau-dehors et ce qui frappe les regards des hommes ? Dieu veutsurtout être adoré en esprit et en vérité ; et la première chosenécessaire pour l’accomplissement de ce devoir , c’est d’entre-tenir dans nos âmes cette charité sans laquelle ni offrande,ni holocauste , ni aucune cérémonie quelconque ne sauraient êtreagréables à Dieu .

Mais comme rien n’est plus opposé à la charité que les fautesqui, en nous faisant oublier la fidélité promise à Jésus-Christ ,et en nous faisant abandonner son service , nous livrent à l'es-clavage honteux du démon , nous devons commencer par nouslaver de nos crimes dans les eaux salutaires de la pénitence , etpar rentrer ainsi en grâce avec Dieu .

Entrez donc dans une sainte joie , ô Français ! parce que lejour de miséricorde est arrivé : saisissez avec empressementcette seconde planche que le Seigneur vous présente aprèsvotre naufrage , au moyen de laquelle vous pourrez sortir decet abîme où vous êtes plongés , et vous reposer de nouveaudans le sein de la divine bonté (i). C’est à quoi vous exhorteet vous excite , avec tout le zèle possible , le prince des pas-teurs , celui à qui il a été dit, dans la personne de Pierre :Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.II ne vous demande pas d'autre marque de reconnaissance despeines et des soins qu’il s’est donnés pour le bonheur de votreillustre nation, sinon que vous vous convertissiez û Dieu de toutvotre cœur , dans le jeûne, les pleurs et les gémissemens. Ilouvre pour vous tous les trésors spirituels dont Dieu l'a établile gardien et le dispensateur, afin que non seulement il n’y aitaucune iniquité, aucun crime qui ne vous soit remis , mais quemême vous soyez exemptés et délivrés, autant qu’il est possiblede l’être par l’indulgence de l’Eglise, de toutes les peines tem-porelles que vous avez mérité de subir.

En conséquence, nous publions solemnellement, en vertu del’autorité et du mandat apostolique , l’indulgence en forme dejubilé, que sa sainteté veut rendre commune à tous ceux quihabitent le vaste territoire de la République française ; et afinque parmi un si grand peuple, tous puissent plus facilement enrecevoir les fruits , cette indulgence durera l’espace de trentejours , à compter de celui où nos présentes lettres seront pu-bliées en chaque lieu, par les nouveaux archevêques et les nou-veaux évêques qui vont être canoniquement institués. Or , du-rant ces jours, notre très-saint père Pie Vil, par la divineprovidence, souverain pontife, se confiant a la miséricorde duDieu tout-puissant, aux prières et à l’autorité des bienheureuxapôtres Saint-Pierre et Saint-Paul, accorde libéralement, etau nom du Seigneur, l’indulgence et la rémission plénière detous les péchés, telle qu’on l’accorde aux années du jubilé, àtous et à chacun des fidèles en Jésus - Christ, qui, étant re-

(i) Teitull.

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