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Tome troisieme.
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venus à Dieu avec un cœur contrit et humilié , ayant reçu le ♦sacrement de pénitence , et s’étant nourris de la divine eucha- "ristie, iront visiter avec dévotion l’église désignée à cet effet par "l’archevêque ou l'évêque de chaque diocèse , ses vicaires , ou • <toute autre personne commise par eux, y rendront grâces au Dieu '•tout-puissant pour la grâce inestimable qu’il vient de nous ac-corder, et y feront au Seigneur de ferventes prières pour l’exal- ’’tation de notre sainte-mère l’Eglise, pour le bonheur de sa Sain- !!teté , et pour la prospérité de la République et de tous ses ma- <>gistrats. Il sera libre à tous les fidèles de l’un et de l’autre sexe, ♦

de quelque état ou de quelque condition qu’ils soient, de choi- ♦sir parmi les prêtres délégués à cette fin par les archevêques et Jévêques des lieux où ils se trouveront domiciliés , celui à qui *ils voudront confesser leurs péchés. Afin que ces prêtres puissent ♦pourvoir au besoin de chacun dans le tribunal de la pénitence , ♦

nous leur avons accordé à touspar les ordinaires des lieux , et ♦en vertu de l’autorité apostolique ci-dessus mentionnée, des |pouvoirs extraordinaires. Quant aux vieillards , aux infirmes et *à tous ceux qui, pour toute autre cause raisonnable , ne pour- ♦raient aller dans les églises faire les prières ordonnées , nous ♦consentons , en vertu de la même autorité apostolique , à ce ♦qu’ils puissent gagner les mêmes indulgences , pourvu qu’après Jen avoir obtenu le consentement de leur curé , et de l’avis du |confesseur qu'ils auront choisi, ils fassent ces prières dans leurs ♦propres oratoires ou dans leurs maisons, et quils remplissent les ♦autres conditions exigées. J

Enfin , comme le clergé est plus spécialement tenu de rendre Jgrâces à Dieu pour tous les biens dont il nous a comblés, nous £ordonnons que , durant les trente jours fixés pour gagner l’in- ♦dulgence en forme de jubilé , l’on ajoute , en se conformant aux ♦rubriques , l’oraison Pro Gratiarum actione r k toutes les messes Jqui se célébreront dans toute l’étendue de la République ; et , Jafin que les présentes lettres parviennent à la connaissance de +tous ceux qui habitent sur le territoire français , nous aver- >tissons , au nom du Seigneur, les mêmes archevêques et évêques, ♦

•et nous leur enjoignons , qu’une fois ces lettres reçues , ils les ;fassent publier dans toutes les églises de leur diocèse , au pre- îmier moment qu’ils auront jugé favorable , et après avoir fait 1d’ailleurs tout ce que nous avons confié à leur sagesse et à leur ♦prudence. ♦

Donné à Paris , en la maison de notre résidence , cejourd’hui J9 avril 1802. ♦

J. B. Card. CAPRARA , Légat. ♦

J. A. Sala, Secrétaire de la Légation apostolique. ♦

BULLE DE RATIFICATION \

DE LA CONVENTION. \

Nous Jean-Baptiste Caprara , Cardinal-Prêtre de la Sainte- 1Eglise romaine , du titre de Saint Onuphre, Archevêque , >

Evêque d’Iesi, Légat a Latere de notre saint-Père le Pape jPie VU, et du Saint-Siège apostolique, auprès du premier >Consul de la République française. '

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A tous les Français , Salut en notre Seigneur. *

C’EST avec la plus grande joie et la plus douce consolationque nous vous annonçons, ô Français , comme un effet de labonté du Seigneur , l’heureux accomplissement de ce qui a été \l’objet des sollicitudes de notre très-saint père Pie VII , dès les Jpremiers jours de son apostolat, celui de vos vœux les plus tempressés , de vos désirs les plus ardens , je veux dire du réta- «blissement de la religion dans votre heureux pays, après tant de ;maux que vous avez éprouvés. j

Nous publions aujourd’hui, au nom du souverain pontife, leslettres apostoliques, scellées en plomb, données pour la ratifica-

tion solemnelle de la convention conclue à Paris entre sa sain-teté et le gouvernement de votre République . Vous trouverezclairement exposé dans ces lettres tout ce qui a été statué parsa sainteté , pour rétablir en France le culte public de la reli-gion , pour régler toutes les matières ecclésiastiques , et pourles réduire à une forme et à un ordre semblables dans toutel’étendue des pays qui composent le territoire actuel de la Ré-publique .

L’utilité de l’Eglise , le désir de conserver l’unité, le salut desâmes , ont été ses seuls motifs dans ce qu’elle a fait pour accom-moder toutes choses aux lieux et aux temps. Si l’on comparele nouvel ordre établi, en conséquence, dans les choses ecclé-siastiques au bouleversement qui existait auparavant , il n’estpersonne qui ne doive se réjouir de voir la religion rétablie dansun meilleur état. Elle semblait presque anéantie aux yeux detout le monde : elle renaît merveilleusement, soutenue par leslois et protégée par l'autorité suprême du gouvernement. Lepremier Consul de votre République , à qui vous devez princi-palement un aussi grand bienfait , qui a été destiné pour rendreà la France affligée et l’ordre et la tranquillité , devenu commeConstantin, le protecteur de la religion , laissera de lui, dans lesmonumens de l’Eglise de France, un éternel et glorieux souvenir.

Recevez donc avec joie et allégresse ces lettres apostoliquesque nous vous avons annoncées , et que nous mettons ici sousvos yeux.

PIE, EYÊQUE,

SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,

Pour en conserver le perpétuel souvenir.

L’Église de J.-C. qui parut aux regards de Saint - Jean ,sous l’image de la Jérusalem nouvelle , descendant du ciel ,tire sa consistance et son ornement, non seulement de cequ’elle est sainte, catholique et apostolique ; mais encore dece qu’elle est une et fondée sur la solidité d’une seule pierreangulaire.

Toute la force et la beauté de ce corps mystique résultent de laferme et constante union de tous les membres de l’Eglise dansla même foi , dans les mêmes sacremens , dans les mêmes liensd’une charité mutuelle , dans la soumission et l’obéissance au chefde l’Eglise.

Le rédempteur des hommes , après avoir acquis cette Eglise auprix de son sang, a voulu que ce mérite de l’unité fût pour elleun attribut propre et particulier qu’elle conservât jusqu’à la findes siècles. Aussi voyons-nous qu’avant de remonter au ciel,il adresse , pour l’unité de l’Eglise, cette prière mémorable àson père : « Dieu saint et éternel , conservez ceux que vous» m’avez donnés. Faites qu’ils forment entre eux un seul» corps , comme nous formons nous - mêmes une substance» unique ; que leur i union devienne le symbole de celle en» vertu de laquelle j’existe en vous , et vous en moi ; et qu’ils» n’aient en nous et par nous qu’un cœur et qu’un esprit ».

Pénétrés de ces grandes idées, dès que la divine providence ,par un trait ineffable de sa bonté, a daigné nous appeler ,quoique indigne , au pouvoir suprême de l’apostolat, nos regardsse sont portés sur le peuple acquis par J.-C. , avec le plus vifdésir de notre part de conserver l’unité catholique dans les liensde la paix ; mais c'est surtout la France que nous avons fixée ,ce pays célèbre , depuis tant de siècles, par l’étendue de sonterritoire , par sa population , par la richesse de ses habitans ,et surtout par la gloire qu’il s’était acquise aux yeux de lareligion. Quelle douleur profonde n’avons-nous pas ressentie envoyant que ces contrées heureuses, qui faisaient depuis si long-temps la gloire et les délices de l’Eglise, avaient, dans ces der-niers temps , éprouvé des troubles si violens , que la religion