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Tome troisieme.
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elle-même n’avait pas été respectée , malgré les soins et la vigi-lence de notre prédécesseur d’heureuse mémoire, le pontifePie VI .

Mais , à Dieu ne plaise que , par le souvenir de ces mauxcruels , nous prétendions r’ouvrir des plaies que la divine pro-vidence a guéries. Déjà nous avons exprimé combien nous dé-sirions y apporter un remède salutaire, lorsque , dans notrebref du i5 mai de l’année précédente , nous disions à tousles évêques « que rien ne pouvait nous arriver de plus heu-» reux que de donner notre vie pour les Français , nosm tendres enfans , si par ce sacrifice nous pouvions assurer» leur salut ».

Nous n’avons cessé , dans l’affection de notre cœur, de sol-liciter du père des miséricordes cet insigne bienfait par nosprières et par nos larmes. Ce Dieu de toute consolation, quinous soutient dans nos afflictions et dans nos peines , a dai-gné considérer avec bonté l’excès de nos douleurs , et , parun trait admirable de sa providence , nous offrir, d’une ma-nière inattendue , les moyens d’apporter remède à tant demaux , et de rétablir , au sein de l'Eglise , l’esprit d'union etde charité que l’ancien ennemi des chrétiens , en semant l’ivraieparmi eux , s’était efforcé d’affaiblir et d’éteindre.

Ce Dieu , dont la miséricorde est infinie , et qui n’a pour sonpeuple que des sentimens de paix , et non des désirs de ven-geance , a fait naître dans le cœur généreux de l’homme célèbreet juste , qui exerce aujourd’hui la suprême magistrature dansla République française , le même désir de mettre un terme auxmaux qu’elle éprouve, afin que la religion, rétablie par son se-cours ,. refleurît au milieu des douceurs de la paix , et que cettenation belliqueuse revînt , après ses triomphes , au centre uniquede la foi.

A peine notre très-cher fils en J.-C., Napoléon Bonaparte ,premier Consul de la République française , nous eut-il fait con-naître qu’il agréérait une négociation , dont le but serait le ré-tablissement de la religion catholique en France , que notre pre-mier mouvement a été d’en rendre grâces à L'Eternel, auquelseul nous rapportions cet inestimable bienfait. Pour ne manquerni à nos devoirs , ni aux désirs du premier Consul, nous noushâtâmes d’envoyer à Paris notre vénérable frère l’archevêque deCorinthe , pour commencer de suite cette heureuse négociation.Après des discussions longues et difficiles , il nous renvoya lesarticles que le gouvernement français lui avait définitivementproposés.

Après les avoir personnellement examinés , nous jugeâmesconvenable de requérir l’avis d’une congrégation de nos véné-rables frères les cardinaux de la sainte - Eglise romaine. Ils seréunirent plusieurs fois devant nous , et nous exprimèrent leurssentimens particuliers, tant de vive voix que par écrit.

Mais comme il convenait que , dans une matière de cette im-portance , nous eussions à cœur de suivre les traces de nos pré-décesseurs , nous nous sommes rappelé ce qu’ils avaient faitdans les circonstances difficiles , au milieu des troubles et desrévolutions qui agitaient les nations les plus florissantes , et nousavons trouvé dans leur conduite les moyens d’éclairer et de di-riger la nôtre. .

Nous crûmes , après ce mûr examen , et de l’avis de nos véné-rables frères les cardinaux , membres de la congrégation , devoiraccepter la convention proposée , de la manière la plus conve-nable , et faire de la puissance apostolique , l’usage que les cir-constances extraordinaires du temps , le bien de la paix , etl’unité, pouvaient exiger de nous.

Nous avons fait plus encore , tant était grand notre désir deréunir la France avec le Saint-Siège ; car à peine avons-nousappris que certaines formes de la convention proposée , et ren-voyée par nous â l’archeveque de Corinthe , étaient expli-quées de manière à ne pas convenir aux circonstances , et àretarder l’union désirée , que, supportant avec peine ce malheu-reux délai, nous avons résolu d’envoyer à Paris notre cher filsen J.-C. , Hercule Consalvi, cardinal - diacre de Sainte Agathe

ad suburram , notre secrétaire d’état ■; il était un de ceux quenous avions appelés dans notre conseil pour la décision de cetteimportante affaire ; il avait sans cesse , à raison de ses fonc-tions , résidé près de nous ; il pouvait , mieux qu’aucun autre ,expliquer nos véritables sentimens ; nous lui avons délégué lepouvoir de faire , si la nécessité l’exigeait, dans la forme de laconvention , les changemens convenables , en évitant d’altérer lasubstance des choses définies , et prenant les moyens les plusefficaces pour faciliter la prompte exécution du projet, et la con-clusion du traité.

Le ciel a daigné seconder ce pieux dessein. Une conventiona été signée à Paris , entre le cardinal ci - dessus désigné,notre vénérable frère l’archevêque de Corinthe , notre cherfils Charles Cazelli , ex - général dé l’ordre des Servîtes , denotre part ; et de la part du gouvernement français , par noschers fils Joseph Bonaparte , Emmanuel Crétet , conseillersd’état , et Etienne Bernier , prêtre - curé de Saint - Laud ,d’Angers .

Cette convention a été mûrement examinée , tant par nous quepar nos vénérables frères les cardinaux appelés dans notre con-seil. ÎNous l’avons jugée digne de notre approbation ; et afin queson exécution n’éprouve aucun retard , nous allons , par cesprésentes , déclarer et notifier à tous , ce qui a été respec-tivement convenu et arrêté pour le bien de la religion , la tran-quillité intérieure de la France , et le retour heureux de la paix ,de cette unité salutaire qui va faire la consolation et la joie del’Eglise.

Le gouvernement français a déclaré d’abord qu’il reconnoisssaitque la religion catholique , apostolique et romaine , était cellede la grande majorité des citoyens français .

Nous avons reconnu de notre côté , et de la même manière ,que c’était de l’établissement du culte catholique en France , etde la profession particulière qu'en faisaient les Consuls actuels ,que la religion avait déjà retiré et attendait encore le plus grandbien et le plus grand éclat.

Cette déclaration préalablement faite , il a été statué que lareligion catholique , apostolique et romaine serait librement exer-cée en France , et qüe son culte serait public , en se conformantaux réglemens de police que le gouvernement jugera nécessairespour la tranquillité publique.

Le principal objet qui devait, après cela, fixer notre atten-tion , était les sièges épiscopaux. Le gouvernement a déclarévouloir une nouvelle circonscription des diocèses français . LeSaint-Siège a promis de l’effectuer, de concert avec lui , detelle manière que , suivant l’intention de l'un et de l’autre ,cette circonscription nouvelle suffise entièrement aux besoinsdes Fidèles. Et comme il importe , tant à cause de la nouvellecirconscription des diocèses que pour d’autres raisons majeures ;d’éloigner tous les obstacles qui nuiraient au succès d’un si glo-rieux ouvrage , fermement convaincu que tous les titulaires desévêchés français feront à la religion le sacrifice de leurs sièges,plusieurs d’entr'eux ayant déjà offert leur démission à notre vé-nérable prédécesseur , Pie VI , dans leur lettre du 3 mai 1791,nous exhorterons ces mêmes titulaires , par un bref plein de zèleet de force , à contribuer au bien de la paix et de l’unité. Nousleur déclarerons que nous attendons avec confiance de leur amourpour la religion, les sacrifices dont nous venons de parler ,sans excepter celui de leurs sièges * que le bien de l'Eglise commande impérieusement.

D’après cette exhortation , et leur réponse , qui, comme nousn’en doutons pas , sera conforme a nos désirs , nous prendronssans délai les moyens convenables pour procurer le bien de lareligion , donner à la nouvelle division des diocèses son entiereffet , et remplir les vœux et les intentions du gouvernementfrançais .

Le premier Consul de la République nommera les évêques etarchevêques de la circonscription nouvelle , dans les trois mois quisuivront la publication de notre bulle.

Nous conférerons à ceux qui seront ainsi nommés, l’institution