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Tome premier. [A - BOU.]
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dre une partie de sa charge , s’il en est besoin. Cymba,acluariolum, scapha. Les coches de Sens, de Joigny,d’Auxerre , ne partent point , qu’il n’y ait une ou deuxallèges attachées à la queue.

On le dit austì fur mer, des bâtimens destinés à porterles marchandises des vaiíleaux qui tirent trop d’eau.Les allèges servent austì au délestage. Le Maître ne peutpas fairç saisir pour son fret les marchandises, tant qu’el-les sont dans ion bord ; mais il le peut faire quand ellesfont dans les allèges. En quelques lieux on les appellesoulèges. Du Lange les appelle en latin levia, , & leva-mentum.

Les allèges d’Amsterdam font des bateaux grossière-ment faits, fans mâts ni voiles, dont on se sert fur lescanaux de cette fameuse ville, pour décharger & trans-porter d’un lieu à un autre cette prodigieuse quantitéde marchandises qui s’y débitent. Le voileur sert degouvernail.

Allège , en termes de Maçonnerie, est ce petit mur quiLe 11 d’appui dans les croisées, Sc qui est moins épais queles pieds droits, & que le reste du mur. Fulmentum.ALLÉGEANCE, f. f. Soulagement d’un mal. Levamen ,levatio. Cette veuve cherche de Y allégeance à fa dou-leur dans la retraite, dans les consolations spirituelles.La Fontaine a employé ce mot dans le style naïf. 11 avieilli.

Allégeance. Serment d 'allégeance , est un serment queles Anglois prêtent au Roi en qualité de Roi Sc de Sei-gneur temporel, pour le distinguer d’un autre sermentqu ils lui pretent en qualité de Chef de l’Eglise angli-cane , & qu ils appellent le serment de Suprématie. Ence tens le mot A’allégeance vient de ces mots latins adlegem. Le serment allégeance fut ordonné par Jac-ques I en 1 606 .

ALLÉGEAS.f. nr. Terme de Commerce Etoffe fabriquéeaux Indes orientales. 11 y en a de deux fortes. Les unesiont de coton, & les autres de plusieurs espèces d’her-bes qui le hient comme le chanvre Sc le lin. Leurs lon-gueurs Sc largeurs font de huit aunes de long fur cinq,six ou sept huitièmes de large ; & de douze aunes furtrois quarts & cinq sixièmes.

ALLÉGEMENT, f. m. H signifie la même chose qu’allé-geance , mais son usage est plus étendu. |CT On dit Iau propre , Y allégement d’un plancher, d’un bateau.Donner allégement à un plancher. Au figuré, allége-ment à un mal. Levamen , levamentum. Allevatio ,allevamentum. Je sens un peu d ’allégement à mon mal.Si les remèdes ne guérissent pas la goutte, ils y don-nent au moins quelque allégement. Ce terme vieillitaussi au figuré.

HF' ALLÉGER, v. a. Au propre, rendre moins pesant,décharger d’une partie d’un fardeau. Au figuré, rendremoins douloureux, soulager dans le mal. Levare, alle-vare. On allège un bateau, en le déchargeant d’unepartie des marchandises dont il est chargé. Je me senstout allégé depuis que j’ai quitté mon manteau. Ceplancher est trop chargé, il faut l’ alléger. Cette méde-cine m’a bien allégé. 11 est allé philosopher à la cam-pagne pour alléger ses ennuis. Alléger la douleur dequelqu'un. Malherbe a dit :

C 3 est bien, je le confesse , une juste coutume ,

Que le cœur affligé,

Par le canal des yeux vidant son amertume >Cherche d 3 être allégé.

Des Auteurs plus modernes que Malherbe s’en fontervis aussi ; mais cela n’a pû l’accréditer. Il faut dire en

Jîf^'Hager.

GE R, le dit en termes de Marine, pour dire, aiderquelque mouvement qui sert à faire soulever, oupoulier en avant quelque chose , ou pour faire parerquelque manœuvre. Ainsi on dit, alléger la tourne-sse, quand on soulevé une corde près du cabestan,qui aide avec le cable à lever l’ancre : alléger le cable,quand, on y attache plusieurs morceaux de bois qui leles^ p ttCl ^ r l’eau, Sc empêchent qu’il ne s’arrête furnes*’ ss^-Uég er les cargue-fonds,ou les cargue-bouli-5 cest les mettre en état de fe pouvoir servir de ces

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manœuvres. Alléger un vaisseau, c’est lui ôter une par-tie de fa charge, afin de le mettre à stot, Sc le rendreplus léger à la voile.

ALLÉGÉ, EE. part.

ALLÉGERIR , ou ALLÉGIR. v. a. Terme de Manège.C’est rendre le cheval plus léger du devant que du der-rière ; faire qu’en trottant, il soit prêt de galoper, &qu’il ne soit point pesant d’épaules.fCT ALLÉGIR. Terme d’Arts mécaniques. Diminuerun corps considérable fur toutes ses faces. AUégir uneplanche, un arbre. Voye% Amenuiser.

ALLÉGORIE, s. f. Figure de Rhétorique , qui est unemétaphore continue , quand on fe íert d’un discoursqui est propre à une chose pour en faire entendre uneautre : fCT ou bien discours par lequel, outre le íensqu’expriment naturellement les paroles, on veut faireentendre quelque chose qui y a du rapport: ou,commedit M. du Mariais , c’est un discours qui est d abordprésenté sous un íens propre , qui paroît toute autrechose que ce qu’on a dessein de laire entendre, Sc quicependant ne sert que de comparaison pour donner l’in-telligence d’un autre sens qu’on n’exprime point. Alle-goria. L' allégorie, pour être belle, doit être ingénieu-sement continuée. S. Ev r. Il y a dans les Peres de l’E-glise des allégories bien froides , & qui ne íont fon-dées que fur quelque étymologie grammaticale, ou sui-des jeux de mots auxquels ils font allusion. M. Simon.L’Ancien Testament est une perpétuelle allégorie desmystères contenus dans le nouveau. Philon Juif a faittrois livres des allégories fur l’ouvrage des six jours.L’usage des allégories ne s’est introduit que tort tardparmi les Payens; c’est-à-dire, lorsque les Philosophesvoulurent rendre raison des tables, & des ancienneshistoires des Dieux. Il fallut faire accroire à ceux quicroient choqués de ces absurdités, que les Postes avoientpensé toute autre chose que ce qu’ils avoient dit; Sc de-là vient le mot à’allégorie. Car un discours qui, à leprendre dans son sens propre , «aaí , signifie

toute autre chose que ce que l’on veut dire, est cequ’on appelle proprement une allégorie. Ainsi parmiles Grecs on tourna l’histoire en allégorie, de peur quel’on ne crût que les Dieux de la Grèce avoient été deshommes assez corrompus. Les Juifs trouvèrent cetteméthode d’expliquer la religion admirable, Sc s’en ser-virent pour interpréter les livres sacrés d’une manièreI plus conforme au goût des Payens.-Clément d’Alexan-drie donna beaucoup dans les allégories. Origène, quiavoir l’imagination vive & féconde, est tout plein A' al-légories. Il appeloit corporels ceux qui s’attachoient tropà la lettre, Sc qui ne s’appliquoient pas à découvrir lesens mystique caché fous chaque mot & fous chaquesyllabe. M. Simon.

Il se dit aussi des tableaux, dans lesquels ce qui estpeint, fait entendre autre chose que ce qui est repré-i enté. U y a trop àlallégorie dans ces tableaux. ÍGf Quandon charge un tableau d’ allégories, il faut au moinsque les figures symboliques dont le Peintre fait usa»e,soient assez connues pour faire deviner le sujet.ALLÉGORIQUE, adj. m. & f. Qui tient de l’allégorie.Allegoriis refertus , cons ans. Tableau allégorique.Peinture allégorique. Style allégorique. L’écriture ason sens littéral, & son sens allégorique. Le sens allé-gorique ne fait point une preuve: c’est feulement uneapplication arbitraire. S. Evr. Il y a une nouvelleallégorique des troubles arrivés dans le royaume de l’E-loquence.

jf-L En parlant des livres Saints , les Interprètes distin-guent un sens littéral Sc historique, Sc un sens mysti-que , spirituel Sc figuré. Koyey ces mots. ^

(fF Ils íous-divisent le sens mystique en allégorique, entropologique ou moral, Sc en anagogique.

Le mystique allégorique, est celui qui, caché fousle sens littéral, a pour objet quelque événement futurqui regarde J. C. & son église. _

(fF Le tropologique est celui qui, caché sous l’écorcede la loi, a pour objet quelque vérité qui intéresse lesmœurs & la conduite des hommes. C’est ainsi qu’ilest dit dans récriture, lier la bouche dubœuf qui foulele grain.

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