Band 
Tome premier. [A - BOU.]
Seite
302
JPEG-Download
 

à

301 AMO

AMONITION. L £ Ce mot ne se dit qu’en cette mau-vaise phrase, Pain d ’amonition. Parus caftrenss. Lesoldat le dit par corruption, au lieu de pain de mu-nition : mais il ne faut pas limiter. Cependant DuCange remarque qu’on a dit Amonitio dans la baiselatinité, pour signifier substance ; & il prétend quec’est de-là qu’est venu ce mot usité parmi les troupes ,pain d’amonitLon , pour signifier le pain qu’on leurdonne pour leur subsistance ■, ct il écrit Amorútion feu-lement par un m.

AMONT. adv. qui se dit d’une chose plus haute à 1 e-gard dune autre, Sc fur-tout en parlant de pays. Su-pra , sursum 3 è superiori loco. II est opposé à aval.La bourgogne est appelée, àl’égard de Paris, le pays& amont. Et généralement ce qui est vers la source desrivières, est pays d ’amont. On dit monter en amont ,pour dire ,remonter 3 aller contre le fil de seau: & on \diíoitautrefois, montez amont ; pour dire , montesici haut. Ménage dérive ce mot de ad montem.

Vent à’amont 3 est le vent d’Orient oppoté à vçntd ’abas, ou á’aval 3 qui est celui d’Occident. Apelio-tes , solanus. On dit en Fauconnerie , tenir amont ,quand l’ciseau se soutient en l’air, en attendant qu’il dé-couvre quelque gibier.

AMORAV1S. Les anciens Romanciers appellent ainsi lesSarrasins, ou les Maures d’Afrique ; peut-être parceque leurs Amirsou Emirs; c’est-à-dire, leurs Rois ouGouverneurs, y établirent leur domination. On lit dansle Roman manuscrit d’Aubery cité par M. Du Cange,Hongres , v enarres 3 acapars beduins , des Esclaves& des Amoravis.

ÀMORBACH. Petite ville d’Allemagne. Amorbachium.Elle est fur la rivière de Mult ou Milt, dans l’électo-rat de Mayence, près du comté de Wertheim.

AMORCE. 1. f. Appât dont on se sert à la chaise, ou àla pêche, peur prendre du gibier , des bêtes carna-cières ou du poisson. Illicium. On met de la chairpour servir à’amorce pour prendre des loups. Ce mot,selon quelques-uns , vient de hamus , - ôc ils préten-dent qu’on doit écrire hamorce. D’autres le dérivent deà morsu.

Amorce , est auífi de la poudre à canon fort sine, qu’onmet dans le bassinet des armes à feu, pour les faire ti-rer. Ignis illicium. On appelle aussi amorce , une traî-née de poudre, ou une corde préparée pour faire tirerdes boites tout de luite , ou des pétards Sc des fuséespour un feu d’arti-'tce.

Amorce, se dit aussi des mèches soufrées, qu’on atta-che aux .grenades , ou à des saucisses avec lesquellesle feu prend aux mines.

Amorce. Terme d’Artificier. Ignis illicium. Ce mot quisignifie dans l’usage ordinaire la poudre grenée qui don-ne feu à la lumière d’un canon, s’entend en matièrede feu d’artifice, d’une pâte de poudre écrasée dans del’eau pour la rendre adhérente à l’orifice d’un artifice,auquel elle doit donner le feu lorsqu’elle est sèche ;quelques-uns l’ont appelée Feu grugé , peut-être parcorruption de feu grégois, mais plutôt du mot écrasé,synonyme de grugé , comme lorsqu’on dit du sel

grugé ‘ m

Amorce. Terme de Commandement dans l’exercice,tant fur mer que fur terre.

Amorce , se dit figurément en Morale de tout ce qui at-tire la volonté en flattant les sens ou l’esprit. Illecebra.L’argent & les plaisirs font les amorces du vice. Lesvertus apparentes de quelques Hérétiques ont été desamorces pour faire embraser leur doctrine par les peu-ples qui ne jugent que par les apparences. Craignezd’un vrai plaisir les amorces trompeuses. Boit. Lalouange est une amorce agréable. Bonn. Des plaisirsde f amour vanter la douce amorce. Boit»

U amour a beau parler ■

Pour engager un cœur 3 ses amorces font vaines 3

Si ce cœur ne court pas au-devant deses chaînes.

Corn.

Du bien que nous cherchons la longue jouissance

Peut flatter , mais non pas contenter nos désirs ;

A M O

Quand un souhait finit , un autre recommence y

Un plaisir sert csamorce à de nouveaux plaiss.

Le P. Ledrhí-

fÇF AMORCER, v. a. Terme de Chasse & de Pêche.Garnir d’amorce, ou attirer avec 1 amorce. Inescare 3escâ illicere 3 allicere. On amorce un hameçon, on Lgarnit d une amorce. On amorce le poison, en satureen lui jetant de petites pelotes de mar.geaiile. Voy^íPelote Sc Peloter. On amorce une souricière, on y metune amorce, un appât pour attirer les rats & leslcurtf.On amorce le Gibier.

fCF Au figuré, c’est attirer par quelque chose qui flattesesprit ou les sens. Illicere 3 pellicere 3 inescare. On felaisse amorcer au gain. On est amorcé par le gain. Ouest amorcé par l’espérance d’une récompense. Cet hom-me íair amorcer les gens. Il n’est pas du style noble.

Ménage dérive ce mot de amorsare 3 qui a été fin £de morsus , comme morceau de mcrcellus.

Amorcer. Terme a’Artillerie. Mettre de ìamorce à uncanon, à un moasquet, ou à quelque autre arme à seU-|k? Mettre de h poudre à tirer dans le bassiner des ai-mes à feu, à des fusées, à des pétards, ct r. Pulveresignis illicem indere 3 immittere. Amorce% votre fu-sil , il ne fera pas temps de le faire quand le gibier'paroîtra.

Amorcer. Tente de Charpentiers, Menuisiers, Char-rons, & autes Ouvriers en bois. Il signifie, se servirde l’amorçsir, pour commencer à percer dans unepièce de bus un trou qu’on veut achever avec la ta-rière ou le laceret , selon 1 usage ;u on leur destine. 1 - 11le,dit auff de la première ouverture que son fait aveCl’ébauchar, pour entailler une mortoise.

AMORcER.Eerme de Serrurier. C’est ôter quelque chosedu fer, ivant que de le percer.

AMORCí, ÉE. pair.

AMORCpIR. s. m. Outil d’artisans qui travaillent enbois, t qui sert à commencer a le percer. Il y a de;tarière de plusieurs forces de grosseurs, don» les pin*petits s’appellenr des amorcoirs.

AMOïGO, MORGO, MORGOS. île de l’Archipel-Amcgus. Elle est entre Naxi & Stampalie. C’est la pa-trie 1 e Simonides.

AMOIIUM. Ville autrefois considérable de l’Asie mi'neve , ou d’Anatolie. Amorium. Elle. .était dans laFhygie. Elle fut détruite par les Sarazins-, vers le mi-lia du IX e siècle.

AMCRRHÉEN, ENNE. f. m. & £ Amorrhmus. PeU-pi descendu d’Amorrhée. Amorrhnus 3 fils de Cha-nan. Gen. X 3 //. Les Amorrhéens étoient divisise deux parties. Les uns habitoient les montagnes deliterre de Chanaan - , les autres s’étoient établis au-deladt Jourdain, & y avoient fondé deux royaumes, celmc Basan & celui d’Hésébon. Moyse ayant vaincueux-ci, donna leur pays aux Tribus de Gaad, deduben, &à la moitié de la Tribu de Manassès.

|s? AMORTIR, v. a. assoiblir , diminuer la violenceiC quelque chose, faire perdre de la force. Infringi'ra natte d’un jeu de paume amortit le coup de la balj eSc empêche sa réflexion. On garnit un sautereau d e "pinette d’un morceau d’étoffe, pour amortir le son dela corde.

sF Amortir. Rendre moins vicient, moins ardent,éteindre une chose allumée. Extinguere 3 r e flingues e-Cet incendie a été grand, il a fallu de l’eau pour IV"mortir. Amortir le feu d’un éìéfipèle avec de fox/"crat.

AT H se dit souvent avec le pronom personnel. L’ardcUide la fièvre d amortit par la saignée. Extingui , f£rtingui.

11 íè dit aussi des couleurs, pour signifier, en di-minuer - la vivacité, l’éclat, par des couleurs sombres»ou autrement. Ces couleurs font un peu trop VÌ ' Í . £SSc trop dures , il faut les amortir par d’autres pf uSdouces. .

jJcP On le dir aussi des herbes, pour signifier, en dtnU"nue r la force , l’amerturne. Amortir des herbes, e ^les laisser dans seau chaude autant de temps 1 . efaut pour leur ôter leur verdeur, fans les fisire cmt '