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Tome premier. [A - BOU.]
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AMO

II s’emploie plus ordinairement dans le neutre. Faireamortir des herbes.

AMORTIR. Terme de Pratique. Consentir que des gensde main morte posiédent des fiefs , moyennant le dé-dommagement des avantages que le Seigneur en rire-roit s’ils demeuraient dans le commerce. Jure caducipr&dium exsolvere. Il n’y a que le Roi qui puisse amor-tir des fiefs. Les fiels amortis ne doivent plus rien au, Roi.

Amortir la foi & hommage , signifie prendre abonne-ment du Seigneur, c’est-à-dire , décharger de la foi &hommage, à la charge de quelqu’autre redevance oudroits annuels & perpétuels. Nous avons quelquesCoutumes où ces abonnemens font en usage, comme

, «elles d’Anjou, du Maine , 6c autres.

Amortir, signifie auffi , éteindre, racheter une rente ,une pension , une dette. Annua pensionis obligationese se exsolvere. On fait souvent revivre des rentes qui°nt été amorties ou rachetées. Il est permis & amortira prix d’argentune pension fur un bénéfice , parce quec ’est une chose temporelle.

Amortir, est un terme de Coutume, qui veut dire ,donner son bien à quelqu’un , à condition d’en êtrenourri jufqu’à la mort. LAURiÉREfur Rag.

soir Amortir. Terme de Boyaudier. Faire tremper lesboyaux dans le chaudron, à mesure qu’ils font lavés ,pour les amollir un peu, 6c les disposer a recevoir ledégrellage.

Amortir , se dit figurément en Morale. Extinguere ,restinguere. L’âge amortit les plus violentes passions ,amortit l’ardeur de la jeunesse, c’est-à-dire , rend lespassons moins vives, moins ardentes. Son amour estfort amortis pour dire, s’est sort ralenti. Le temps amortitles afflictions. Pasq, Les Saints nourriíloient là (auxpieds du Crucifix ) leur piété , y allumoient leur fer-veur, y amortìsfoient le feu de leurs passons. Bour-DAL. Exh. IIJ p. 20 j.

AMORTI, IE. part. E xtìnclus , infractus.

AMORTISSABLE, adj. Qui fe peur amortir. C’est unterme de Coutume. Rente amortissable. Fundus an-nui debiti solutione eximendus. Cens amortiffahle.

AMORTISSEMENT, f. m. Terme de Jurisprudence. Estune grâce ou concession que le Roi fait par lettres pa-tentes auy gens de main- morte, comme Eglises & Com-munautés, de tenir des fiefs & héritages à perpétuité ,fans être obligés de les mettre hors de leurs mains ,moyennant une somme qu’on lui paye peur le dédom-mager des profits & confiscations qui lui appartien-draient dans les mutations qui sc feroient, s’ils de-meuraient dans le commerce ordinaire. Exemptio ca-duca , liberatio à caducitate. Ce règlement est imitéde la Loi Papiria , par laquelle il etoit défendu de con-sacrer aucun fonds fans le consentement du peuple ,de peur que les biens ne sortissent peu à peu du com-merce des hommes. Le Roi, en se relâchant en faveurdes Communautés ecclésiastiques, où laïques , 6c enleur permettant d'acquérir, en a exigé un tribut ; enconséquence duquel ils ne peuvent être contraints d’a-Réner, & de sc dessaisir de l’héritage , soir fies, franc-ulleu , ou roture. Pat les anciennes constitutions duroyaume , les Eglises & les Couvents ne pouvoientposséder aucun fonds, & il ne leur étoit pas permise prendre part aux biens temporels. Les Ecclésiasti-j U ,y S . tr oublés par les Seigneurs , pour les forcer à iec iaìf u - c { e l curs acquisitions, adrelferent leur plaintert ape Alexandre IV. S. Louis, pour déférer au Pape ,tvuva cette expédient; il leur accorda la grâce d’ac-Ruerir des fonds, en lui payant une somme qu il crut, e z grosse pour les retenir, & pour les empêcher deaire beaucoup d’acquisitions au préjudice du bien deon royaume. Il voulut auffi qu ils dédommageassentcs Seigneurs. Ainsi 1 ’Amortissement est dû au Roi ,indemnité au Seigneur immédiat dont releve lect- Les droits d 'amortissement sont arbitraires, & feaxent par le Roi. Il y a une Chambre des franc-fiefspá a ™ ortl Js e mens. Le droit d ’amortissement du au Roiar ,es gens de main-morte ne fe prescrit point pare Me temps que ce soit, parce que c’est: un droit

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de la Couronne. /soyezLouET, le Maître , Bac-quet , 6c Jouet dans ía Bibliothèque des Arrêts.

Amortissement , signifie auffi,extinction, rachat. L a-mortifsement d’une rente íe fait en remboursant le sortprincipal. Pensionis annua abolitio.

Amortissement, signifie auffi , adoucissement d’unedouleur, d’une inflammation. Extinclio , resinclìo ,represfìo , hebetatio. Les Médecins saignent pour pro-curer l ’amortissement de l’ardeur de la fièvre. Si cetemplâtre ne guérit pas, il cause du moins Y amortis-sement de la douleur, dans ce sons il est peu uíìté.

Amortissement. Terme d’Architecture. C’est la mêmechose que Couronnement; & c’est ce qui finit & ter-mine quelque ouvrage au haut d’un bâtiment, oud’une menuiserie, ou d’une corniche , comme quel-que vase, ou quelque figure, & généralement tout cequi fait saillie, ou ornement en cet endroit-là. Acroté-rion. Les ouvriers appellent Chapiteau samortissement ,>ou le couronnement d’un miroir , d’un tableau , &c.

Tous ces mots viennent de mors , mort, qui est lafin, 6c le terme de toutes choses , & dont par méta-phore l’on a tiré ces mots, qui signifient fin 6c terme ;car amortir n’est proprement autre choie que mettreà fin, faire finir, terminer.

AMOS. f. m. C’est le troisième des petits Prophètes,qui prophétisa sous le règne d’Gsias, Roi de Juda ,& de Jéroboam , deuxième Roi dlfraël. II prédit laI captivité des Israélites , & les malheurs des ennemisdu peuple de Dieu. Le Sacrificateur A mafias le sicmourir.

AMOSA. Ville de la terre promise, dans la tribu deBenjamin. Amofia.

AMOVIBILITÉ. í. f. qualité de ce qui est amovible. Des-titutionis, abrogationis meritum. Amovibilité des Cha-pelains pour cause d’abscnce fans congé. Bronod.Mémoire pour le Chapitre de S. Germain VAuxer-rois. Dans les Eglises cathédrales ou collégiales du.royaume, où il y a des bénéfices affectés aux Chan-tres ou Vicaires Choristes, ces sortes de Bénéficierspeuvent être destitués pour cause d’absence fans congé& permission. Les usages 8c les règlemens de ces Egli-ses conviennent tous en ce point essentiel & décisif ,que pour la destitution de ces Bénéficiers , elles nesont point assujetties aux délais & aux formalités presiOtites par le Droit & les saints Canons pour la priva-tion des bénéfices ordinaires. Id. Ces Sentences con-firment Y amovibilité de leurs chapelles dans le cas d’ab-sonce fans congé. Id.

AMOVIBLE, adj. de t. g. Mobilis , qui potefi ex officieramoveri. Terme ecclésiastique , qui fe dit de celuiqu’on établit en quelque charge ou emploi, par com-mission , ou pour un temps feulement, & qui peut êtrerévoqué & destitué , quand il plaie au Supérieur. LesVicaires des Paroisses rient pas une charge ou un bé-néfice en titre, ils sont amovibles ad nutum , toutesfois & quantes il plaît aux Curés. Tous les Cbédien-ciers ou Religieux qu’on envoie desservir un béné-fice, sont amovibles.

Ce mot vient du verbe latin amovere , qui fe ditpour signifier, ôter d’un lieu , d’une place, d’un poste,d une charge que 1 on occupoit. On en a formé fe motbarbare amobilis , d’où s’est fait amobile , & ensuiteamovible... Qui amoveri potefi.

Km AMODL. Ville de Perse, /soyez Amol.

AMOUN. Vjyer. Ammon.

AMOUQUE. f. m. Terme de Relation. C’est le nomdes Gouverneurs, ou Pasteurs des Chrétiens de S. Tho-mas dans les Indes. Pr&feclus , ou Pastor Chrijliano -rum S. Thomœ. Ce nom est Indien.

IP* AMOUR, f autrefois fém. aujourd’hui masculinau singulier, & féminin au pluriel, en Poëfie Amor .Sentiment par lequel le cœur sc porte vers ce quilui paraît aimable, 6c en fait l’objet de ses affections& de fes désirs. Amour en général signifie toute affec-tion qui a son principe dans la nature, & qui entraînele cœur, pour ainsi dire malgré lui, vers l’objet aimé.C’est enfin une complaisance dans cet ob j et : telles quefont la tendresse des amans, celle des époux, l’amourfilial, 6c plus encore le paternel.