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confiance, voient changer les manières, & ont leurpart de Pindifférence universelle qui naît de ce nouvel at-tachement; ce qui suffit pour leur donner de justesalarmes ; 8 c plus leur amitié est délicate, noble 8 cfondée fur 1 estime, plus ils font touchés de fe voir■°ter ce qu’ils méritent , pour être accordé le plus seu-vent à un étourdi, que l 'amour peint comme sage aux_yeux d’une folle.
On a dit que ¥ amour étoit propre à conserver lesbonnes qualités du cœur, mais qu’il pouvoit gâterj esprit ; & que la galanterie étoit propre à formert esprit, mais quelle pouvoit gâterie cœur. If usage dujponde justifie cet axiome en ce qui regarde feiprit ;
J amour lui ôtant & la liberté & le discernement, auheu que la galanterie en fait jouer les ressorts. Pour lecoeur, c est toujours le caractère personnel qui en dé-esse. Ces deux paillons s’y conforment dans les diversffijets qui en íont atteints ; & fi l une avoit du désa-vantage a cet égard, ce feroit fans doute P amour 3Patce qu êtant plus violent que la galanterie , il ex-c ite plus de vindication contre ceux qui le barrent,ou qui lui occasionnent du mécontentement; 8 c qu’é-ta nt auiîì plus personnel, il fait agir avec plus g in-différence envers tous ceux qui n’en íont point l’ob-jet ou qui ne le flattent pas. La preuve en est dans1 expérience. On volt assez ordinairement une femmegalante caresser son man de bonne grâce 8 c ménagerles amis ; au lieu que ceux-ci deviennent insipides,fil mari un , objet d’aversion aune femme prise dansles filets de 1 amour. On voir auffi plus de choix dansa galanterie j c est toujours ou la figure , ou l'esprit,ou 1 mteret, ou les services , ou la commoditéu commerce qui déterminent. Mais dans Xa-mour toutes ces choses manquent quelquefois à l’ob-jet auquel on s’attache ; & ses liens font alors com-me des miracles, dont la cause est également.invisi-ble & impénétrable.
&T Les anciens plaçoient le siège de X Amour dans lefoie, comme nous dans le cœur.
Le P. le Moine, dans fa Dissertation fur le PoèmeHéroïque , a donné des règles pour les amours que Ionfait entrer dans un Poëme. Il veut i°. Qu’on le ren-ferme dans les épisodes, fans leur permettre pour quoique ce foie, d entrer dans faction principale. 2°. jLes amours qui entrent dans le Poëme , doivent êtredes amours de héros & d’heroVnes, 8 c non pas desamours de coquets Sc de coquettes. 3 0 . Qu’il n y aitt rien que de bienséant & de modeste.
L amour , fait taire des choses bien extraordinaires. En1226, le Comte de Champagne devint amoureux deBlanche de Castille mere de S. Louis. Pour elle, il perditMontereau Faut-Yone , Nogent & plusieurs autres pla-ces; ensuite de quoi il se retira à Provins , pour fairedes vers & des chansons amoureuses. Me^eray. DeRochee.
A? On dit d’une femme laide , que c’est un remède dV
On dit qu’un jeune homme fait Xamour à une fille,quand il la recherche en mariage; & en mauvaise part,qu’il s’est marié par amour , c’est à-dire, désavantageu-sè ment, & par l’emportement d’une aveugle passion.On dit familièrement à une femme, m 'amour . Enjy-Sf cas amour est féminin.
On dit proverbialement, tout par amour , & rien deforce. Et pour Vamour de Dieu , c’est-à dire, dans lae vue de plaire a Dieu ; & dans le discours fami-er j pour dire, fans aucun intérêt. On dit auffi pourf ai ff ur de quelqu’un, par la considération , par laf-. 10n qu’on a pour lui. Causa-, gratiâ alicujus.Amours , sc dit au pluriel, pour signifier l’objetqumi aime avec passion. Être avec ses amours, quit-ter J. es f m °urs. Dans ce sens on dit proverbialement,tpy y a point de belles prisons , ni de laides amours.
' d’ n ^ enc 0 ï ^f r °ìdes mains , chaudes amours ; pourlre 3 que la fraîcheur des mains marque d’ordinairetempérament chaud.
Mours , se dit encore au pluriel, Amores ,de tout ce
°n aune avec passion. Les livres, les tableaux font\amours.
1 °me I,
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Le mot d’amour étant joint avec divers termes,.précédés des particules, de , du 3 des , reçoit divers sens,selon les divers termes avec lesquels il se joint. Quel-quefois la particule de , dont il est suivi, sert à mar-quer de quelle nature est Xamour dont on parle ; 8c ence sens, on dit amour de bienveillance, &c. Souventces particules servent à marquer l’objet vers lequelXamour se porte. Ainsi on dit, Xamour de Dieu, é’C.Enfin ces mêmes particules servent auffi à marquer lesujet dans lequel Xamour réside. Ainsi on dit Xamourdes peres, Xamour des peuples, &c. Acad. Fr.
D amour des peuples n’est jamais une preuve équi-voque des vertus des Rois. Quand les Rois font ai-mes, ils méritent de l’être. C amour qu’on a pour eux,est l’enfant de X amour-propre ; il est intéresse, & n’estpoint aveugle. Mongin.
On demande s’il faut dire Divin amour 3 ou Amourdivin. L un & l’autre íont bons ; mais dans une apos-trophe que l’on feroit à Xamour divin, divin amourparoït mieux, lé amour divin, ou X amour de Dieu, estcelui qui a Dieu pour objet. Il est ou naturel, ou sur-naturel. Vamour de Dieu naturel est celui par lequelon aime Dieu comme Auteur de la nature, & par lesseules forces de la nature ; Xamour de Dieu surnatu-rel, est celui par lequel on aime Dieu comme Auteurde la grâce, & par le secours de la grâce. L ’amour deDieu est amour pur, quand on aime Dieu pour sesperfections infinies fans rapport à nous. On l’êppelleauffi amour de charité. V amour de Dieu intéressé, oul’u/7zo«rd’espérance, est celui par lequel on aime Dieu,comme bon par rapport à nous, à cause des biensqu’il nous a faits, 8c de ceux que nous en attendons.L’acte dé amour pur est très-parfait & très-méritoire ;mais l’état d ’amour pur, c’effià-dire, un état 011 l’onn’agiroit jamais que par amour pur, ne se peut ad-mettre en cette vie, même dans les âmes les plus sain-tes , parce qu’il excluroit l’efpérance & les autres ver-tus. Amour de complaisance, c’est Xamour pur. Amourde bienveillance, est celui par lequel on souhaite dttbien à sebjet aimé; à Dieu, par exemple, que son saintnom soit connu & béni, qu’il ne soit point offense.Amour de reconnoistknce, c’est Xamour que l’on portepour les biens que l’on a reçus de l’objet aimé, ou queIon en espère. Amour affectif, amour effectif, amourappréciatif. Voye\ ces épithètes en leur place. Le pre-mier & le plus grand précepte du décalogue, est ce-lui de Xamour de Dieu.
fs-éF Amour-propre. Suî amor , philautia. Forte affec-tion que la pure nature nous inspire pour nous-mêmes.Rien de si impétueux que ses désirs, rien de si cachéque ses desseins, rien de si habile que fa conduite.Rochef. L ’ amour-propre est le plus grand de tous lesflatteurs. Id. Dieu ne commande point d’étouffer ab-solument Xamour-propre : au contraire Xamour de nous-mêmes est renfermé dans le précepte de JÉsus-Christ ,d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. U amour-propre entre essentiellement dans l’exercice des vertus ,8c une bonne action n’est qu’une manière de s aimer,plus noble que les autres. Abad. Dieu intéresse Xa-mour-propre par ses promesses & par ses menaces ; 8cbien foin de le condamner, il en tire des motifs pournous porter à la sanctification. Id. D amour-propre tra-hit ses intérêts à force d’être intéressé. S. Evr. Unamour désintéressé est une chimère : on n’aime quepour Xamour de foi-même. M. Scud. L’ amour-proprenourrit avec complaisance une idée de nos perfections,qui est comme son idole, ne pouvant souffrir ce quichoque cette idée, comme le mépris 8c les injures, 8crecherchant au contraire avec paffion tout ce qui laflatte & la grossit, comme l’estime & les louanges. Abad.L’ amour-propre est la source en nous de tous les au-tres : lui seul allume, éteint 8c change nos désirs. Corn.
X’amour-propre a souvent des routes inégales:
S 1 il fait votre dérèglement ,
Iles auffi le fondement
De toutes les vertus morales. Ab d’Haely.
ffT Quelques Ecrivains ont distingué Xamour-propre dç