174 CAL
fer qu’ils nomment calibre. Ils s’en fervent pourvoir íì les forêts vont droit quand ils forent lestiges des clefs, 8c pour les arrondir. Ils ont pareil-lement des calibres pour prendre la grosseur desverroux 8c des targettes.
Calibre , en termes de Marine, fe dit du modèlequ’on fait pour la construction d’un vaisseau , furlequel on prend fa longueur , fa largeur 8c sesproportions : c’est la même chose que gabarit.Exemplar.
Calibre , en termes d’Horloger , c’est l’efpace qu’onménage entre les deux platines d’une montre ,qui en font la cage, afin d’y mettre les roues &les pièces en telle disposition, qu’elles ne fe nui-sent point, 8c qu’elles tiennent le moindre espacequ’il est possible.
Calibre. Ce mot dans la coupe des bois , signifieun modèle fait de planche contournée suivant uneligne courbe, qui doit déterminer le contour d’unesurface qu’on se propose de faire. Frezier.
Calibre . C’est encore une sorte de grosse filière ,dont on se sert pour tirer à l’argue.
CALIBRER, v. a. Terme d’Artillerie. C’est prendre• la mesure du calibre , marquer le calibre d’uncanon. Globorum aneor um modum , amplitudinemdejignare.
Non- seulement on dit calibrer le canon, maisencore, calibrer les balles, leur donner le calibre,la grosseur néceslâire. Avant que de commencer àbattre la place, un Commandant , doit visitertoutes les munitions, de quelque forte que ce soit,faire calibrer toutes les balles , voir si la poudreest bonne & fine. De La Font. On calibre unboulet, ou l’on' en détermine la grosseur par lemoyen d’un compas recourbé ; on trouve aussi lediamètre par le moyen du poids. Un boulet d’unelivre a io lignes 8 points de diamètre , Sc parconséquent un boulet de 20 lignes 16 points ,c’est-à-dire , d’un diamètre double, sçavoir d’unpouce neuf lignes Sc un tiers, pèse huit livres ou huitfois autant que le premier,étant double en tout sens.Flanzelet enseigne le moyen de calibrer les canons,les balles, les cuillers , canades , Sc tampons pro-pres pour chaque pièce.
Calibrer , terme d’Horlogerie, c’est mesurer avecun petit compas fait exprès les dents des roues Scles ailes des pignons , pour voir si elles font égalesentr’elles.
fCT CALICA. Petite ville de Turquie , dans la Bul-garie , avec un port, fur la côte de la mer Noire.
CALICE, f. m. Vaisseau sacré qui a une petite coupeposée sur un pied assez haut, Sc allez large par lebas. Sacer calix. II fert au sacrifice de la Messe ;c’est dans ce vase que se fait la consécration duvin. Les Calices doivent être d’or ou d’argent danstoutes les Eglises. On en trouve cependant quel-ques-uns d’étain , mais dont la coupe est dorée ,au moins en dedans. Je doute qu’on le soussiitaujourd’hui. Les anciens calices avoient deux anses.Bede assure que le calice dont notre Seigneur feservit à la Cène avoir deux anses ; qu’il étoit d’ar-gent, Sc de la capacité d’une chopine. Les calicesdes Apôtres 8c de leurs premiers successeurs étoientde bois. Le Pape Zéphyrin ordonna qu’on fe ser-vît de calices d’or Sc d’argent. D’autres disentque c’est Urbain I. au troisième siècle. Leon IV.a défendu ceux d’étain 8c de verre. On demandaà S. Boniface Martyr, s’il étoit permis de' consa-crer dans des calices de bois : il répondit qu’au-trefois les Prêtres étoient d’or , 8c les calices debois ; mais que depuis, les Prêtres étoient de bois,Sc consacroient dans des 1 tlices d’or. Walafri-dus Strabo. II a été ju. " o Vun Religieux peutdonner, engager, ou vendre son calice , sans queT Abbé qui succède à sa dépouille le puisse récla-mer comme un bien sacré. Papon. Si celui qui, brise le calice est impie , celui-là Test bien davan-tage qui profane le sang de Jesus-Christ , disentle* Peter du Concile d’Alexandrie en J40. En 787 le
CAL
Concile de Calcuth en Angleterre défendit d'oêle saint Sacrifice dans des calices , ou des patènes àscorne. Du riche butin que Tannée Françoise ntdans le Languedoc, le Roi Childebert fe référéles dépouilles des Eglises Ariennes , qui consistaisen soixante calices ', quinze patènes de pur or , $vingt Missels ou livres d’Evangile couverts àslames d’or , 8c ornés de pierres précieuses. *■Dan.
- Les anciens calices étoient beaucoup plus grand 5que ceux d’aujourd’hui, parce que le peuple com-munion alors fous les deux espèces , au lieule calice ne sert présentement qu’au Prêtre. Lu 1 'danus , qui en avoit vu quelques-uns dans é eSEglises d’Allemagne , en fait la description îaLiv. Z/ 76 de sa Panoplie, ch. 5 6. Us avoient deu*anses , que le Diacre tenoit lorsqu’il présentoir lcalice au peuple pour le communier sous Tei’p ec4du vin. De plus chaque calice avoit un chalumeau,ou tuyau qui y étoit attaché fort proprement >8 c ce tuyau étoit d’argent , ou de quelqu’autf emétal, en forte qu’on suçoit plutôt qu’on ne t> u 'voir. C’est ce que nous apprenons de Lindanus #de Beatus Rhenanus fur Tertullien , qui avoien 1vu de ces anciens calices en plusieurs villes d’AElemagne.
Calice de Soupçon. Calix suspicionis , poculissuspicionis. Vansleb, dans son histoire de l’Ed’Alexandrie , rapporte qu’autrefois dans l’Egyp te ’quand les maris ( il parle des Chrétiens ) soU?"çonnoient leurs femmes d’infidélité, ils leur ípj'soient avaler de l’eau soufrée, dans laquelle n 5mettoient de la poussière êc de l’huile de la lamf ede l’Eglise, prétendant que si elles étoient coup 4 'blés, ce breuvage leur feroit souffrir des douleut 5insupportables , c’est ce qu’on appeloit le Calice &soupçon. Voyez cet Auteur. Ces Chrétiens d’EgyPjjfavoient pris cette épreuve de l’Ecriture , Nomb-14, où Dieu prescrit ce qu’un mari jaloux deVOi cfaire pour connoître si sa femme étoit coupable olJnon. II l’amenoit au Prêtre, offioit pour elle I 4dixième partie d’un boisseau de farine d’orge. IImettoit dessus ni huile ni encens , comme dans I e5autres sacrifices. Cette offrande s’appeloit le sa cC Tfice de la zélotypie ou de la jalousie. Ensuiteprenoít de l’eau sainte dans un vase de terre, &jetoit dedans un peu de poussière qu’il prenoit ^le pavé du tabernacle ; 8 c après quelques autf eScérémonies 8 c des exécrations, il lui faisoit bdes eaux très-amères, en lui disant que si e ^ Cétoit innocente, ces eaux ne lui nuiroient poiu 1 'mais que si elle ne l’étoit pas, son corpsfleroit 8 c pourriroit , 8 c l’effet suivoit infaillitstfment. Telle étoit, dit Moyse ,• la loi de la ZélotyP lfou de la jalousie. Les Egyptiens crurent queferoit la même chose dans le Christianisme ; m alScette loi, comme toutes les autres loix cérémonial 5 'n’avoit été instituée que pour les Israélites.
Ce mot vient du Grec , qui signifie ^même chose.
Calice, en termes de l’Ecriture 8 c de spirituali^ 'signifie trifiesse , afficlion, douleur accablante. C Sttsignification est tirée de l’Ecriture,où Jesus-Chb- 15demande à son Pere de ne pas boire le calice pfa passion , 8 c de plusieurs autres endroits. Le ca ^ l f edes Saints fe boit avec amertume, il afflige, il révoyla nature. L. d’Abelard. On lui a fait boire le caldjusqu’à la lie. C’est-à-dire, on Ta mortifié juft ul’excès. Et cela fe dit même en matière profp^'On dit proverbialement, qu’il faudra bohf.’avaler le calice ; pour dire, qu’il faudra soun* 1 ^constamment, ou faire quelque chose pourquelle on a grande répugnance. > S
On dit aussi des gens dont les habits font chztS ede galons d’or, qu’ils sont dorés comme des caH ci '
Calice fe prend en Botanique pour cette Pp rtextérieure qui enveloppe la fleur lorsqu’elle est ^bouton, & qui est différente du pédicule. Calix-emploie encore le mot de Calice pour exprime 1