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Il y a une autre flûte qui n’a point dc trous quecelui par où on l’embouche, celui de la lumière, &celui de la patte, ou d’en bas, qui ne font desfons différens que par la différente force du ventqu’on lui donne. Il y a aulìì une flûte qui ne fait
Í ioint d’autre son que celui dc la bouche , ou de laangue , qui parle ou qui chante en soufflant dedans,laquelle augmente feulement la force 8 c la réíon-nance de la voix par le moyen de ta longueur & defa capacité , & par une peau de cuir mince 8 c délicecomme la peau d’un oignon , dont on affuble le hautpar une petite boîte ou pavillon qui sert à la cou-vrir. On y ajoute quelquefois trois trous ; deux parde-vant & un par derrière. On peut faire quatre ou cinqparties avec ces flûtes , & en faire un concert en-tier , parceque c’eíf en effet un concert de voix, au-quel il ne manque que la feule prononciation. Cettepeau donne un nouvel agrément à la voix ; car ellesert comme d’un petit tambour qui lui fait faireplusieurs tremblemens. On appelle austì cette flûte ,eunuque , ou. flûte à Voignon , ou flûte à trois trous.
La flûte allemande, ou traverfîère ne s’cmbouchepoint par le bout, qui au contraire est bouché, maison applique la lèvre inférieure à un trou qui en estéloigné de six lignes. Sa longueur est environ d’unpied. Elle est d’une égale grosseur, 8 c percee de sixtrous, fans compter celui de l'embouchure. Ellesert de dessus, quand il y en a plusieurs dans lesParties. Ses baises font doubles ou quadruples en lon-gueur. On fait des concerts avec des flûtes alleman-des ; mais à cause que leur baffe feroit trop longue,on use de la faquebute, ou du serpent. La flûte alle-mande s’appelle austì flûte traverfîère, à cause de lamanière dont on en joue.
Il y a dans les jeux de l’orgue une flûte allemande,qui a quatre pieds, qui est un tuyau à cheminee ;c’est -à-dire , que son corps a deux grosseurs. U y aaustì une flûte pédale de quatre pieds bouchés.
La flûte à bec est ainsi nommée à caule de' fa fi-gure. Rostrata.
Les flûtes d’Angleterre, qu’on appelle autrementflûtes douces , ont un petit jeu & un grand jeu. Lepetit jeu est composé de trois flûtes j & la baffe dupetit jeu sert de dessus au grand jeu qui commenceon l’autre sinit. La grande baise a sept ou huit piedsde haut depuis la boîte jfisqu’à la patte. Les grandesflûtes ont été envoyées d’Angleterre à un de nosRois, austi-bien que les.flageolets & les fifres.
On dit qu’en Sicile on embouche en meme-temps-deux ou trois flûtes dc cannes, dont les sons fontfort agréables. A Rome , l’on employoit les flûtes pomla musique ces Comédies-, comme il paroît par letitre des pièces de Térence. On doute que les Grecsfe soient servis de flûtes pour les Comédies. Dac.On trouve à la tête des pièces de Térence, qùSrlesont été jouées avec les flûtes égales , ou inégales,droites, ou gauches. La flûte qu’on touchoit de la«nain droite , s’appeloit droite ; elle n’avoit que peude trous , & rendoit un son grave. Celle qu’on touchoitde la main gauche, s’appcloit gauche. Elle avoir plu-A CU f S trous ' êt rendoit un son plus clair 8 c plus aigu.
>quand les Musiciens jouoient deces deux flûtesdc different Ton, on difoit que la pièce avoir été jouéeavec des flutes inégales , droites & gauches. Quandils jouoient de deux flûtes de même son, ou de deuxdroites, ou de deux gauches, on difoit qu’clle avoir
ete jouee avec des flûtes égales, droites, ou gau-ches. Id.
L invention de la flûte que beaucoup d’Auteursattribuent a Mercure, à Pan, à Minerve, fait voir que1 usage de cet instrument a été de tout temps. Danstous les endroits dc l’Ecriture où il en est parlé , horsu n seul, h flûte est toujours mile la première. Non-nus qui en fait jouer Hécatc aux noces de Cadmus 8 c^Harmonie , en appelle l’art trés-ancien xgorú W*»».Cependant, d it Athénée, d’autres donnent à la flûteRK te °" gine > & P lu ? vraisemblablementSceuthès &Lonacès ont inventé la flûte à une feule tige ; SilèneUe Rutcn a plusieurs, & Marsyas h flûte de roseaux,
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qtìi s’accommode avec la lyre. Pline ne parle que dedeux dans le chapitre des Inventeurs. Midas, Roi dcPhrygie, a inventé, dit-il, la flûte courbe, & Marsyas ,du même Pays , la flûte à deux tiges, ou la flûte dou-ble. L’étude que des Philosophes firent ensuite decette matière, fut cause qu’on en inventa de nouvel-les , ou qu’on donna d’autres noms à celles qui croientinventées. La courbe, par exemple, de Phrygie, estla même que le Tityrion des Grecs d’Italie, 8cle Photium des Egyptiens, qu’on appeloit austìMonaule. Il y en eut enfin de toutes manières ; decourbes , qui font les plus anciennes , comme cellede latablcd’Isis. La Gingre lugubre, ou Phénicienne,longue d’une palme, éroit de ce genre. Il y en eucde droites, de longues,de petites, de simples, dedoubles, de gauches , de droites, de Pythiques , demonaules 8c de tragiques. L’hermiope ou l’enfan-tine , qu’Anacréon appelle tendre , la Lysiode , & laCytharistrie en font encore. Aristide le Musicien parleaustì de moyennes parmi lesquelles il met la Py ti-que , 8c les flûtes de chœur, qui font peut-être lestragiques, à qui néanmoins il donne un son aiguqui convient aux femmes, comme la Phrygienne ,parce quelle est plaintive, au contraire de laPythi-que qui a quelque chose de plus mâle. Pausanias parledes modes des flûtes Argiennes 8c Bœotiennes, 8cAlcide , Musicien dans Athénée , fait mention desVirginales 8c des Viriles ; 8c un Poste du même Au-teur en appelle une Gallus , comme Duris des Li-byques , dans un ouvrage où il dit qu’un Numide estle premier inventeur de la flûte ; 8c de là venoientcelles qu’on appeloit Lotines, faites de Lotos. Il y
- avoir austì de ces instrumens dc tout bois & de toutematière, dont la corne est peut-être la plus ancienne,témoin ce qu’en dit Apulée, Chorolct doclus cornucanes j & Nonnus dans ses Dionysiaques, L. IH f p. S S .Il est parlé dans notre Vulgate de flûtes d’airain »Jérém. XLVIII. Apulée parle d’une flûte appeléeZygia, jointe, du mot grec accouplée , ou fous unmême joug. C’étoit la flûte des cérémonies nuptiales.Quintilien parle encore d’une autre espèce de flûte,qui étoit celle dont on fe fervoit dans les sympho-nies , pour donner le ton, 8c qui s’appeloit, à causede cela, Tonarion. Baudeiot, Histoire de Ptolém.Auletès , part. 11 , chap. II. Tout cet ouvrage est pleinde tout ce qui fe trouve dans l’Antiquité fur les flûtes;mais quelquefois mal pris ou mal appliqué, témoinle tibia aris, qui ne fe trouve plus dans la Vulgate.Je ne fais comment il ne cite pas le tibia ferrea deDaniel, II, 33 ; mais il ne s’agit ças de faire ici unecritique de ce livre. Les flûtes Préccntoriennes, lesVirginales les Gingrines, les Milvines. Foye% cesmots. Les flûtes Vasques, M. Baudelot , dit Guaf-conncs, Tibia vaste a, dans Solin, c. //, furpaf-foient les Préccntoriennes en nombre de trous. LesLydiennes s’appelloient aussi Chorarïa , que Baudelottraduit flûtes de chœur. Il y avoir encore les Co-rinthiennes & les Egyptiennes. Solin, c. //.
Flûte. Terme d’orgues. C’est un jeu à bouche , ou demutation, dont les tuyaux font de bois , ou d’étoffe ;c’est-à-dire, de plomb mêlé d’un douzième d’étain.Le jeu de la flûte est un des jeux simples de l’orgue.
Flûte, sc dit aussi d’un verre long 8c étroit qui rientune chopine.
Flûte, en termes de marine, signifie austì un vaisseaulong à plate varangue, rond par derrière, & enflé parle ventre , qui sert à porter des vivres. On s’en scrtaussi pour transporter des marchandises. Fluta navis.Les flûtes de Hollande font des vaisseaux à cul rond,du port de trois cens tonneaux : on les appelle aussiFloques.
Ce mot de flûte pris pour une forte de bateau,scion Borel, vient d cflette, qui signifie un petit ba-teau. Dans le Procès- Verbal des miracles de sainteCatherine de Suède fait au douzième siècle , on lit:U nus equum suum una cum mercibus magni ponderisintroduxit super instrumentum de lignis fabricatum,vulgariter ditium fluta. Sur quoi les Bollandistes re-marquent qu en quelques exemplaires on lit flotta ,