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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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être la cause de tant de diverses agitations. Pourbien démêler un mouvement si régulier, Sc si irré-gulier tout ensemble, il faudroit trouver une Caulequi en expliquât tous les accidens; Sc c’est ce que lesPhilosophes ne feront peut-être jamais. § 3 ” New-ton , après avoir íupposé avec Copernic , que laterre le meut d’occident en orient dans l’espace de14 heures fur son axe, & dans l’espacc d’une annéedans l’écliptique ; après avoir encore tupposé que laLune se meut périodiquement chaque mois dans unorbite qui ne s’écarte pas beaucoup du plan del’écliptique , attribue à l’attraction que le Soleil Sc laLune exercent fur les eaux de l’océan, tous les phé-nomènes àuflux Sc du reflux. Il avoue d abord queces eaux font beaucoup plus attirées par la Terre,que par le Soleil Sc par la Lune ; mais il ajoute que ,puisqu’il règne parmi tous les corps de l’univers uneattraction mutuelle en raison directe des malles &en raison inverse des carrés des distances, factionde ces deux astres ne doit pas être comptée pourrien. Elle doit être même d’autant plus sensible , queces deux astres font moins éloignés de nous, & plusperpendiculaires fur l’océan. C’est cependant la Luneque Newton regarde en tout ceci comme le princi-pal agent; Sc lojrsque les eaux montent de 12 piedsau milieu de l’Océan, il a calculé que le Soleil ne lesélevoit qu’à deux & un quart, tandis que la Luneles élevoit à 9 pieds Sc 3 quarts. Ce qui peut faireadopter les principes de ce grand homme, c’est lafacilité avec laquelle il explique les phénomènes in-nombrables que nous présente ce point de physique.

JtT En effet l’eau qui se trouve directement sous laLune, Sc qui en est par conséquent la plus voi-sine, doit en être attirée avec plus de force quele reste des ondes, pareeque le reste en est plus éloi-gné. Au moyen de cette attraction, les îlots del’Océan doivent s’accumuler de toutes parts, & for-mer une montagne liquide, dont le sommet seraíous la Lune même.

La Terre en même-temps est auflî un peu attiréepar la Lune ; mais la portion d’eau, qui baigne l’hé-misphere antipode, ne Test presque point à cause deson grand éloignement.

A? Cette portion sera donc comme abandonnée parla terre , qui suit un peu l’attraction de la Lune , &par conséquent il y aura une seconde montagne d’eau ;ainsi en voilà deux, l’une totalement opposée àl’autre.

L’Océan doit pour lors se gonfler, s’alonger dansl’hémisphère éclairé par la Lune , & dans celui qu’ellen’éclaire pas. Ainsi dans les diverses parties de l’Océanil y aura deux marées pendant le temps que la Luneemploie, pour retourner au même point du ciel.Lorsqu’ellc est pour nous au méridien, il doit yavoir un soulèvement d’eau, Sc lorsqu’elle s’cnéloi-gne, il doit y avoir une dépreílìon. Autre soulève-ment quand elle est au méridien des Antipodes ; au-tre dépression, quand elle s’en écarte. Mais il y aquelques petites irrégularités dans les marées, parce-qu’il faut un certain temps pour accumuler les va-gues , Sc que leur cours est interrompu par les côtesde la Terre , par les Détroits, par les îles Sc autrescauses semblables.

jJCT Malgré ces petites irrégularités, nous voyons cons-tamment les eaux monter deux fois vers nos rivages,& descendre deux fois dans l’espace de 24 heures.On observe le même mouvement dans tous les fleu-ves qui se jettent dans 1 Océan. Il n’cn est pas de mê-me dans ceux de la Méditerranée. Le Détroit quijoint l’Océan à la Mediterranee, forme un canaltrop petit & situé d’une mamere trop désavanta-geuse ; car il regarde les climats ost le Soleil secouche , pendant que les grandes marées suivent la

en occident.

D’ailleurs, par rapport au pctl d etendue de la Mé-diterranée meme, les foibles marées que la Lune yríut naître, foufFrent trop (^interruptions. Tant d lies,de Cotes Sc de Détroits empêchent que le flux Sc lereflux n’y soient considérables.

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IJCFQuand la Lune est moyenne, les marées font les plusfoibles du mois, parcequ’alors les deux forces attrac-tives du Soleil Sc de la Lune se croiíent, Sc lontcontraires au gonflement de la mer dans un mêmelieu. Mais quand la Lune est pleine ou nouvelle, ellese trouve dans la même situation que le Soleil parrapport à la Terre; leurs forces conípirent ensem-ble , Sc pour lors les marées lont les plus grandesdu mois.

Enfin les plus considérables de toutes les maréestombent dans les nouvelles Sc les pleines Lunes desEquinoxes, pareequ’à la conípiration des forces duSoleil Sc de la Lune, il se joint pour lors une grandeagitation dans les eaux. Mais le Soleil étant plus voi-sin de la Terre pendant l’hiver que dans l’été , faitqu’au lieu d’arriver précisément dans le temps desEquinoxes, ces grofles marées n’arrivent qu’un peuavant celui du printemps, Sc un peu après celuid’automne, dans le mois de Février Sc dans le moisd’Octobre.

Flux et Reflux, s’emploient auflï figurément. Lors-que la passion agite l’esprit, elle l’entraîne lans cellede côté Sc d’autrc , & dans ce flux Sc reflux perpé-tuel de sentimens oppoíés , il change a tous mo-mens dc langage Sc de pensée. Boil. M. Ménagen’approuve pas trop flux Sc reflux dans le figuré, Scblâme Malherbe pour avoir dit d’une femme ,

Que son ame incertaine ,

A , comme l’Océan , son flux &son reflux.

M. Ménage a tort. Nos meilleurs Ecrivains se ser-vent de cette expression: il y a entre nous comme unflux Sc reflux d’cmpire Sc de loumiiïìon. Montesq.

Flux, en termes de Médecine , est un écoulementd’humeurs , qui cause une maladie disterente, selonl’endroitoù il le fait, 6 c l'humcur qui en découle,comme flux de ventre, ou dévoiement. Fluxus ,rheuma , fluor , profluvium. Les flux de ventre sontde quatre sortes, différens de nature, de cause Scde noms ; savoir, lienterie , céliaque , diarrhée Sc dyssenterie, expliqués à leur ordre. On dit auisi 1 cfluXhépatique, dévoiement provenant de ce que le foiene fait pas bien les fonctions. Les femmes font su-jettes à trois sortes de flux. Le premier arrive tousles mois, Sc s’appelle flux mensruel. On l’appelle auífileurs purgations, leurs temps, leurs semaines, parce-qu’ils viennent tous les mois, Sc durent souvent septjours aux femmes grasses. On les appelle auslì leursfleurs 3 soit que ce mot ait été pris pour f lueurs 3 foieparcequ’elles précèdent la conception, comme le sfleurs des plantes précèdent les fruits. Le secondflux ^arrive en leur accouchement. Le troisième estdésordonné , Sc faute d’autre nom, s’appelle par lesMédecins flux muliebre, Sc populairement fleursblanches. 11 procède de quelque humeur corrompue,qui fort fans ordre Sc limitation de temps , laquelleest tantôt claire Sc blanchâtre , comme du petit lait,ou du coulis d’orge mondé ; tantôt jaune ou pâle,tantôt verdoyante , Sc le plus souvent si cuisante SCbrûlante, qu’elle écorchc presque toutes les partiesqu’elle touche. Les fleurs blanches Sc fameuses pr°'cèdent de pituite; les pâles, jaunes Sc cuisantes, Scbile; les noires Sc épaifles, de mélancolie. Voy e ítous ces mots.

Flux de bouche, autremen r salivation ^ est un écou-lement copieux de lalive, Sc d’autres humeurs im-pures qui se fait par la bouche. Il y a des maladiedans lesquelles le flux de bouche vient quelquero*dc soi-même. On provoque ordinairement le f s*sbouche par le moyen du mercure, pour la gueruodes maladies vénériennes.

On dit donner le f lux débouché, pour dire, eciter 1 c flux de bouche. 1 f’ -e

On dit figurément qu’un homme a un grand yf^débouché , quand il veut toujours parler, & ne P 0 *laisser parler les autres. Loquacitas , profluentias fborum , volubilitas lingue. On dit aullì un grand/^-de paroles.

J : !