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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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Vent frais , en termes de Marine, est»un vent fa-vorable 8c pas trop fort. Nous avions un ven t frais& gaillard en poupe. Il est opposé à vent échars,qui est trop foible, & à vent forcé , qui est au con-traire plus fort qu’on ne voudroit. Les ennemisavoient le vent fur l’armée du Roi qui a été fraispendant tout le combat. M. le C. de Toulouse.Bon frais j lorfqu’il est un peu fort. Les vents qui fouf-floient de bon frais , nous tirèrent enfin des paragesles plus dangereux. Frézier. Beau frais , loríqu’ilest allez fort 8c égal. Ce navire venoir portant beaufrais, le vent arrière. Denis. Petit frais , lorsqu ilest médiocre. Nous fîmes route par les îles du capVert par un petit frais de nord-est. Frézier.

On dit en termes de Manège, qu’un cheval a labouche fraîche , pour dire, qu’il jette de 1 écume,ce qui est la marque d’un bon cheval.

Frais, est quelquefois íubstantif, 8c signifie un froidagréable. Aura jfrigus.il faut se mettre au frais sousce berceau, prendre le frais fur le soir an bord deseau. Le frais est dangereux aux gens sujets aux flu-xions. Voye\ Fraîcheur.

A peine à la faveur du frais & du silence

Soujf roit-il du sommeil la douce violence.

Perrault.

FRAIS. f. m. pi. Dépense qu’on est obligé de faire, ar-gent qu’on est obligé de débourser pour faire quel-que chose. Sumptus , expanse , impensa. On ne sa ti-roir vivre à Paris, y bâtir qu’à grands frais. Lesfrais des moissons , des vendanges, des noces. Lesfrais funéraires, se dit de la dépense qu’on fait auxenterremens.

Ce mot frais ne se dit jamais qu’au pluriel. Degrands frais > ou une grande dépense.

Moi je tiens qu ici bas y fans faire tant d’apprêts }

La vertu se contente & vit à peu de frais.

Bou.

On dit qu’un homme est de grands frais , pourdire qu’il coure beaucoup à nourrir, à entretenir.Constituer quelqu’un en frais > pour dire, l’obliger àquelque dépense extraordinaire. Ac. Fr.

Du Cange dit que ce mot en ce sens vient defreidj Allemand, qui signifie paix j 8c que de-là ona dît fredum,freda , fredus , pour signifier une cer-taine amende, ou peine pécuniaire dont on com-posoit avec le Fisc, quand on avoir quelque diffé-rend avec le Prince, pour acheter de lui la paix ;que souvent cette peine se payoit au Juge, ou dumoins fa troisième partie; ce qui s’est étendu depuisà toutes sortes d’exactions, & à toutes sortes de frais& de procès, pareeque cela en faisoit la meilleurepartie.

On dit qu’un homme en sera pour les frais , quandil a avance beaucoup d’argent en quelque affaire,dont il y a apparence qu’il ne retirera rien.

On dit qu’un homme a gagné son bien à peu defrais, pour dire, fans peine; qu’il a acquis de la ré-putation à peu de frais pour dire, qu’il ne l’a guèreméritée. Tous les hommes veulent être heureux,8c le voudroient être à peu d c frais. Font.

Frais se dit particulièrement au Palais , pour signifierla dépense, le coût d’un procès : 8c il diffère desdépens, en ce que les dépens font les frais dont ona obtenu condamnation, & les frais simplement sontceux dont il n’y a point de taxe faite. Ainsi on dit,une déclaration de dépens , 8c un mémoire d z frais.On dit, des frais 8c mises d’exécution , de ceuxqu’on a faits cn exécution des contrats 8c jugemens ;8c frais 8c loyaux-coûts en retrait lignager. Frais ,salaires 8c vacations d’un Procureur. Frais préjudi-ciaux font des frais de défauts qu il faut rembour-ser avant que d’être admis à continuer aucune pour-suite. Intérêts , frais 8c dépens. Les frais font pri-vilégiés, 8c sc prélèvent avant toutes choses. Un ad-judicataire est tenu des frais ordinaires des criées,

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les extraordinaires entrent dans l’oidre. On taxe lesfrais des voyages, félon la qualité des personnes.

fjCT Frais de Justice, font ceux qui ont fait la con-servation de la chose au profit du propriétaire, ducréancier , ou de touc autre qui y a droit ou intérêt.

Frais funéraires, font ceux qui se font pour l’cn-terrement du corps d’un défunt, la bière, le portdu corps, l’ouverture de la terre, &c.

On appelle faux/raij, toutes les menues dépen-ses qu’on est obligé de faire , 8c qui n’entrent pointen taxe.

On dit frais 8c régie. Ce terme est fort usité dansles Bureaux, & comprend tous les frais 8c dépen-ses ordinaires 8c extraordinaires qu’on fait pour larégie d’une affaire. ;

Frais de Bureau. Menues dépenses qu’on fait dansles Bureaux pour la fourniture des registres, papier,encre * plumes , ports de lettres, <S c. Les Gardes duTrésor Royal ont chacun, dans leur année d’exer-cice , une sommé pour les frais de Bureau. LesComptables mettent ordinairement dans leurs comp-tes un article pour les frais de Bureau.

Frais et loyaux-couts font ceux que l’on aVancepour faire expédier & lever les contrats 8c -obliga-tions dont le coût a dû être fait par la Partie adver-se , qui par conséquent doit les rembourser.

Ce mot est aulli fort usité dans le jeu de paume ,pour signifier la dépense que l’on fait pour jouer,& qui consiste dans le nombre des balles que l’onperd en jouant. Jouer les frais. Perdre les frais.Sortir du jeu à moitié frais , chacun en payant fapart. Jouer fur nouveaux frais.

On dit proverbialement, travailler fur nouveauxfrais } pour dire, recommencer de nouveau un tra-vail. On dit qu’un homme avare se met en frais ,quand il fait quelque petite dépense pour régalerfes amis, & lorfqu’il la fait fort rarement.

FRAISE, f. f. Petit fruit rouge ou blanc, qui croît dansles jardins & dans les bois. Fragum. Il ressemble ailbout des mamelles des nourrices. Les premiers fruitsqu’on voir mûrs à Paris,font les fraises. f ft C est leplus hâtif & undes plus délicieux fruits du Printemps.U y en a de plusieurs espèces, soit rouges, soit blan-ches. La fraise des bois ou des montagnes est laplus petite, mais la plus estimée pour ion parfum. Lafraise d’Angleterre est recherchée pour fa grosseur.On mange les fraises avec du sucre, arrosées d’eattou de vin. Elles se dissolvent plus facilement dansl’eau. Ce fruit est émollient, rafraîchissant, propreà corriger l’acrimonic bilieuse des humeurs. On doiten faire un usage modéré.

Pendant l’Eté on fait avec le suc des fraises , deseaux très-propres pour étancher la soif. Voye% Frai-sier.

Eau de Fraise. Voye\ Eau.

Fraise, en termes de Botanique, est un cordon defeuilles fort menues 8c fort courtes , qui le trouveentre la peluche 8c les grandes feuilles des fleurs desanémones doubles. On estime une anémone doublequi a la fraise.

Fraise , dans l’histoire des modes, étoit anciennementune partie de l’habillement, une espèce de collet detoile , cçmpé en rond, qui avoir trois ou quatrerangs, pliílé, empesé 8c godronné. Les Espagnolsont encore retenu la mode des /mi/èr. Les Magistrats8c les Ecclésiastiques Luthériens portent des fraifi Sen divers lieux d’Allcmagne , comme Hambourg *G ' C . Godronner des fraises. Porter un fraise. ,

Ce mot vient du Grec <fg«<r<ntt , à ce que l’on p r<; 'tend, parcequ’il défend le col du froid. Il peut ve-nir aussi de fa ressemblance avec la fraise dc veau.

Fraise. On trouve dans la basse Lariniré fresa p ol!lune bande d’étossc, telle peut être celle qu’on nonpme aujourd’hui falbala. Voyez dans les Acia Sa nct ’J un. T. II. p. j j j>. E.

Fraise de veau, est la peau ou membrane qui f° u 'tient & enveloppe les boyaux d’un veau : ce q u 0! *appelle dans le corps humain le mésentère. On conlprend auslî fous ce nom de fraise de veau > tolltc