Band 
Tome quatrieme. [F - JAM.]
Seite
291
JPEG-Download
 

F R À

un peu moindre qu’un vrai quartier d’écartelagc. Cny mec d’ordinaire quelques autres armes que cellesdu reste de Técu, & on l'appelle autrement, levurede quartier. Potier porte d’azur à deux mains dor,au franc quartier , échiqucté d’argent & d’azur.

Franc-réal, est une grollé poire d’hiver, ronde, jau-nâtre , tiquetée de petits points de rousseurs ; ellese mange cuite 8c crue. Le sranc-réal íe garde allezavant dans l’hiver. La Quint. I, p. 2 j4. Le sranc-réal, que quelques-uns nomment finot d’hiver, 8cfin or d'hiver, est une poire de grand rapport ; ellea la queue courte, le bois de l’arbre farineux. Id.

r.P-343- , , r

Franc-réal d’été. Nom qu’on donne a une lorte de

poire d'été; on l’appclle autrement groffe mouille-bouche elle est ronde, verdâtre, fondante 8c d’assezbon goût.

Franc-salè, est un privilège que le Roi accorde àquelques Officiers, Communautés & Provinces, deprendre du sel íans payer d'impôts, 8c d’être exemp-tes de la Gabelle.

fJCP O11 appelle encore sranc-salé, ou droit de franc-salé, une certaine provision de sel, qui est accordéegratis à quelques Officiers Royaux , pour leurs pro-visions, ou à quelques Compagnies, par un privi-lège particulier.

Franc-taupin, étoit autrefois un soldat qu’on levoitdans un village. On a appelé au Palais l’Edic desFrancs-taupins, une Ordonnance de Charles IX,de Tannée 1566, quidonnoit une exemption à deuxou trois personnes des Paroist'cs 8c Villages, de tou-tes commiffions publiques, dépôts & gardes de biensde justice, de guet 8c gardes des portes, de loge-ment de gens de guerre, de corvées Sc fournituresde chevaux d’artillerie, &c. Mais cet-Edit n’a euaucune vérification, ni exécution. Les Frttncs-taupinscroient mauvais íoldats, ils n’étoient bons qu’à creu-ser la terre, à faire des tranchées, des folles, desmines, &c.

Ménage tient que ce mot vient de talpinus , quisignifie un mineur qui creuíe comme une taupe, àcauíe que ce nom a été donné à quelques gens de l’é-quipage militaire. Naudé & Grégorius Tolosanus ledérivent du Grec, à caute que ces gens étoient demisérables paysans & bouviers. Borel croit que Fran-taupins vient de François des Alpes , pareeque lesFrantaupins étoient des François qui habitoient lesAlpes, qui travaillaient íur les Alpes. '

03 " Franc tenant, est celui qui posiède noblement& librement.

IJCF Franc tenement, est un héritage possédé ainsi,fans aucune charge roturière.

Franc-tillac, est le pont le plus proche de Teau, ouà fleur d’eau, celui qui est élevé fur le fond de cale. jC’est comme Tétage du rez de chaussée dans les bâ-timens de terre, puifqu’il est à fleur d’eau.Tout au-tour font placés les plus gros canons, 8c Ton nom-me cet endroit-là la grande batterie, C’est celui oùse retirent & couchent les soldats & les matelots.Vers la poupe est la gardiennerie, ou chambre desCanonniers, qu’on nomme Sainte-Barbe.

Franche vérité. Terme de Coutumes, qui sc ditlorsque le Seigneur Justicier fait informer d’officcpar ses Juges, fans aucune partie civile, des délitscommis fur ses terres; 8c on disoit autrefois, com-paroir à la franche vérité, pour dire, à l’audience;& tenir vérité , pour dire , tenir les assises.

'FRANCS. Nom propre de peuple. Francus, a. Ancienspeuples de la Germanie, qui occupoient toute cettepartie de l’Allemagne qui est entre le Rhin,l’Elbe& TOcéan. Ce pays porta le nom de France dès letemps de Constantin le Grand, comme on le recon-noît par une médaille faite de son temps, où Tontrouve le nom de Francia, 8c par la table itinérairequi met en Tan 430 Francia le long du bord du Rhin,du côté de la Germanie. On a beaucoup écrit furTotigine des Francs. F,toit-ce un peuple particulier?Lc quel étoit ce peuple? 011 habitoit-il ? Etoit-ce plu-sieurs peuples auxquels on donna le nom commun

F R A 291

de Francs? 8c quels étoient ces peuples? Nous nenous amuserons peint à rapporter ici les fables, quifont venir le nom de Franc de Francus ou Fran-cion , fils d’Heélor, ou, selon d’autres, du Roi Priam,ni même toutes les opinions qu’on a débitées fur, ce-la, & qu’on peut voir dans les Auteurs qui font ve-nus immédiatement après Grégoire de Tours, com-me l’Auteur anonyme des Gestes des Rois de France,Frédégaire, dans ion Histoire abrégée,Paul Diacre,Hincmar, & ensuite presque tous les autres jufqu’audernier siècle, dont on trouvera les opinions ramas-sées dans Limnams, Not. Gall. L. I, C. r .

Il est certain qu’on n’a point oui parler de Francsavant le milieu du troisième siècle, vers Tan 260;que ce qu’on nomtnoit alors les Francs , étoient despeuples de Germanie, qui demeuroient à TOrient duRhin, & que depuis qu’ils commencèrent à faire par-ler d eux, ils firent toujours la guerre aux Romains,tant en deçà, qu’en delà le Rhin.. De ces trois cho-ies, on peut conjecturer que dans le troisième siècle,il y eut une ligue de plusieurs peuples de Germaniequi s’allièrent pour maintenir leur liberté contre lesRomains, & que c’est cette ligue & les peuples quiy entrèrent, qu’on appela les Francs, nom Germa-nique ou Teutonique, qui signifie libre; ou, que,fans qu’il y eût de ligue, on appela Francs, tous lespeuples de Germanie qui ne íe soumirent point auxRomains, & conservèrent leur liberté 8c leur fran-chise. Les Francs ne furent donc point d’abord unseul peuple, mais un nom commun à plusieurs peu-ples, comme celui de Germains, celui de Celtes &de Gaulois. Mais quels étoient ces peuples ? En gé-néral c’étoicnt tous ceux qui habitoient aux environsdu Weser 8c du Rhin, 8c entre ces deux fleuves,jusques à la mer, selon quelques-uns, qui préten-dent que le nom de la ville de Franecker en est unepreuve; 8c du côté du midi jusqu’au Mein, ou mê-me jusqu’au Nècre. En particulier ces peuples étoientles Bruólères, les Chauques, les Chamaves, les Che-rufqucs, les Cattes, les Amsivariens, les Angriva-riens, les Dulgibines, les Chaííuariens, les Saliens,les Teuctères & les Usipiens, ou Usipètes. Voye \rCluvier dans fa Germania Antiqua , 8c Hadrien deValois, Notit. Gall. au mot Francus 8c Francia.

Grégoire de Tours, L. II, C. p, dit que ceroitdeson temns une tradition commune, que les Francsétoient iortis de la Pannonie, 8c qu ils croient ve-nus s’établir dans la Germanie aux environs du Rhin.Si cette tradition est vraie, il y avoir long temps quecette transmigration s’étoit faite, lorfqu’ils furentappelés Francs, 8c ce n est point fous ce nom qu’ilsla firent; car les peuples dont nous venons de par-ler , étoient dans la Germanie 8c aux lieux où nousles plaçons long-temps avant que le nom de Francfît du bruit dans le monde, ou même qu’il y fût

connu.

Les Francs commençoient alors à fe faire craindre(vers 274,) C etoit une ligue de peuples Germains,qui habitoient le long du Rhin. Leur nom montrequ’ils etoient unis par l’amour de la liberté. Auré-licn les avoir battus étant particulier, &les tint encrainte étant Empereur. Bossuet. Tout fléchit fousun si grand Capitaine, (TEmpereur Probus») Les Ger-mains 8c les Francs, qui vouloient entrer dans lesGaules, furent repoussés. Id. Vers 358, les Allemands8c les Francs tentèrent de toutes parts Tentree desGaules : Julien, parent de TEmpereur, les arrêta &les battit. Id. Les Francs ne s’oublièrent pas (en4x0) résolus de faire de nouveaux efforts pour s ou-vrir les Gaules, ils élevèrent à la Royauté Pharamond,fils de Marcomir, & la Monarchie de France, la plusancienne & la plus noble de toutes celles qui fontau monde, commença íous lui. Iu.

Des armées nombreuses de francs pallerent sou-vent le Rhin; non contens de ne point obéir, ils at-taquèrent les Romains, & dans les Gaules vers Tan260, 8c un peu âpres, ils livrèrent bataille à Auré-lien, qui en tua 30000. En 271, un Sénateur de Trê-ves, dont la femme avoit ete débauchée par le Gou-

L 1 z