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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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GABBARA, ou GABBARE- s. m. Nom que les Egyp-tiens donnoienr aux corps morts qu’ils conservoientchez eux au heu de les inhumer. Gabbara, cadaver.Les Egyptiens, par une coutume qu’ils avoicnt reçuede leurs ancêtres, & qui vcnoit en partie de la lìtua-tion du pays sujet aux débordemens du Nil, cnseve-liísoient 8c enveloppoient de quantité de linges lescorps des personnes qui meuroient dans la piété, par-ticulièrement ceux des Saints Martyrs. Mais au-licude les enterrer ensuite, ils les mettoient suc de petitslits, 8c les conservoient ainsi dans leurs maisons,cròyant leur rendre beaucoup plus d’honneur. C’estce que Saint Augustin dit qu’ils appeloient Gabba-ras. Tillem. T. VII de l’Hs. Eccl. p. 132, aprèsBollandus, /7 Janv. p. 240. Voyez S. Augustin,Sermon CXX, de Divers s , c. 12.

C’est ce Père qui nous apprend le nom de Gabba-res j qu’on donnoit à c«s corps morts embaumés. Onle trouve austi dans Pline, L. VII, c. 16, où il ditque fous Claude on apporta d’Arabie un gabbare quiavoit près de dix pieds de long. Le P. Hardouin acru que Pline avoit pris ce mot pour un nom pro-pre , il cherche dans Tacite un Abbare, Roi des Ara-bes ; cependant il croit que ce n’est point un nompropre, mais c’est le -,12a, ghibbor, des Hébreux, oule nîoa-, ghabbar des Arabes, qui signifie un géant.Mais le P. Roswey, Jésuite, a expliqué ce que c’est,dans ses savantes & excellentes Notes fur la vie deS. Antoine , c. /7 , & dans son Onomasicon , aumot Gabbara, où il montre qu’on trouve Gabbera,Gabbares j G ab aras , Gabbarus; que par-là on en-tend un corps d’homme embaumé, & où, par destémoignages de Cicéron, 1 Tuscul. Quasi, de Pom-pon. Mêla, Z. I, c. q de Sextus le Philosophe, oul’Empirique , Z. III, Pyrrhon. hypothes. c. 24. ; deLucien, DeLuclu; de Silius Italicus, Z. XIII; de Co-rippus, Z. III j De funere Jusiniani, Imp. de S. Au-gustin , à l’endroit que nous avons cité; d’Orientius,in Commonitorio ; deCaiîìen , Collât. XV, c. 3 , quidit que c’étoit l’inondation du Nil qui avoit été causede rétablissement de cette coutume; de S. Jean Da-maícène, Orat. 1 , de Imagin. de Baronius, à l’an35S; de David Hoeíchelius , dans les notes fur lavie de S. Antoine ; d’Hérodote , Z. II, & de Diodo-re , Z. I, il explique cet uíage des Egyptiens, 8c prou-ve que les gabbares n’étoicut autre chose que ce quenous avons dit, & qu’on n’en peut rien conclurecontre la conservation & la vénération des reliquesdes Saints; pareeque S. Antoine ne la blâmoit pas,mais seulement la coutume des Egyptiens de garder8c d’honorer toutes sortes de corps, de les embau-mer , &c. Voyez aulîì Gretser , De fun. t Chpijl. L.Z, c. 7 j 8c Apol. IIj contra Lithum Misenum 3 Z.II, c. II.

Ce mot est Arabe, Syriaque 8c Hébreu, Go-ber 3 un homme.

GABE. Ville de laTerre-Sainte, dont parle Zacharie,XIV, 10. Gabe. Elle étoit à 16 milles ste Célaréc ,proche de la grande campagne que l’on nommoitc le la Légion. On dit encore qu’elle étoit à 40 mil-les au midi d’Antioche, 8c à 40 au nord d’Antara-dus. S. Jérôme la place dans la demi-Tribu de Ma-nassès d’en-deçà du Jourdain, Eusèbe en parle aulïiau mot rasíaGa».

Il y a un autre Gabe dont Pline fait mention, Z.V 3 c. 18 3 âpres avoir parlé des villes de Décapolis,ou de la Syrie Decapoliraine. Le P. Hardouin croitque c’est celle que Josephe appelle Gabban, 1 . 11 , DeBello , c. 19 j Pline, Z. XII, Secl. 41, 8c Etiennede Byzance, Gabba. II rapporte aulîì à cette villeles médailles , dont nous avons parlé au mot Ga-bénien.

GABELAGE. f. m. Temps que demeure le sel dans legrenier avant que d’ctre mis en vente. Il y a souventbien du déchet pour le gabelage. Il signifie encorecertaine marque que les Commis des greniers met-tent dans le sel pour reconnoiu'e s il est sel de gre-nier ou de faux-saunage. Ils le fervent ordinaire-ment pour cela de paille ou autres herbes hachées,

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qu’ils ont coutume de changer très-souvent.

GABELER. v. a. C’est mettre égoutter 8 c repoíér le seldans les greniers, où il doit être deux ans pour lemoins, pour l’essuyer & sécher, avant que d’êtrcexposé en vente , suivant la dernière Ordonnancedes gabelles. Insolare , arefacere , siccare. Gabelesdu sel.

On appelle auilî du sel non gabelé , celui qui n’apoint passé par les greniers, oc qui n’a point payel’impôt.

Se Gabeler. Vieux mot qui signifie railler, se mo-quer. Gabeler eíí un diminutif àegaber, qui signifieb même chose. Ridere 3 irridere.

GABELÉ. part. Du (e\ gabelé.

GABELEUR. f. m. Qui se dit des menus Officiers quifont commis pour empêcher qu’on. ne fraude les im-pôts du sel. Salinarum manceps , cusos , accensus. Lepeuple en a frit un mot odieux, pour nommer tousceux qui lèvent les impôts, & prononce Gableux ,& Gablou.

GABELLA. Petite ville de l’Hertzegowine, en Dalma-tie. Gabella. Elle est fur le bord oriental de la rivièrede Narenza, au-destus de la ville de ce nom, & vis-à-vis de la forteresse de Ciclut.

GABELLE. 1 . f. Impôt íur le sel. Vecligal ex sale vena-li. U y a plusieurs Fermes des gabelles, la Ferme-ge-nérale, celle des gabelles de Languedoc, Provence,Dauphiné, Lyonnois. Il paroît que les Empereurs Ro-mains prenoient des impôts fur le sel, qu’on a de-puis nommés gabelles , par la Loi 11, au Cod. devecligalib. & commissis. On prétend que cette impo-sition commença en france lous le règne de Philip-pe le Bel en 1286. Le Roi Philippe le Long prit u»double pour livre de sel, par un Edit de l’an 1331»qu'il promit doter dès qu’il seroit délivré dc ses en-nemis, par un Edit du 15 Février 134/. Il fut réta-bli par le Roi Jean en l’an 135s, & à Paris il fut ac-cordé au Dauphin en l’an 1358, pour être levé pen-dant un an, pour la rançon du Roi Jean. Charles Vordonna que ce droit seroit levé à perpétuité. Char-les VII imposa six deniers ; Louis XI douze deniers jFrançois I, 24 liv. par muid de sel. On a encore de-puis augmenté ce droit, enserre que c’est à'présentla seconde source des Finances du Roi, qui vend I esel au minot; & c’est Philippe de Valois qui a ins-titué les greniers 8 c gabelles, 8c qui a interdit le tra-fic du sel au peuple. On appelle les Officiers de lagabelle, les Officiers des greniers à sel. Il y a uneOrdonnance particulière pour les gabelles. Les Pro-vinces de Poitou, Saintonge, pays d’Aunis, le Perl-gord, l’Angoumois, le haut 8 c bas Limousin, se ,1 Jexemptes de la gabelle. Elles ont acheté de Henri Ucette exemption. On les appelle Provinces de fraissalé. Il y a trois fermes de la gabelle. La prense 1 ' 2comprend la plus grande partie du Royaume, 8 c s’ap"pelle le grand parti. La seconde est celle du Lyonn 01 *8 c du Languedoc. La troisième est celle du Dauphin e& de la Provence. Le Boulonnois 8 c la ville de Ca-lais jouissent aussi du droit d’exemption des gabellesles pays reconquis jouissent du même privilège. Ceu^qui demeurent dans l’étenduc des greniers d’impss 5 'sont obligés dc prendre tous les ans une certai* 1 ^quantité de sel proportionnée à leur famille : , Ccas la gabelle est personnelle. Ceux qui sont fous ^greniers volontaires, ne prennent du sel qu’au 1 ^qu’il leur plaît; & en ce cas la gabelle est réelle. Scuters a donné en 1714 un Tçpittí Latin de la gab eí /à Leipsick.

On appelle frauder la gabelle , quand on f 11 '■fri-ser du sel fans payer l’impôt. O11 le dit auffi desdes qu’on fait pour s’exempter de payer toutestes d’impositions ; 8 c quelquefois on le dit figut^ ^& familièrement des fraudes qui se font gsmarchés 8 c conventions, fCT 8 c pour dire , f r> jcpenser par adresse d une chose qu’on estfaire , 8 c que les autres font. . Ju

On a auffi appelé d,ans les Coutumes, g a svin, gabelle de draps, gabelle de tonlicu, o lV