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infinie. Il vau r mieux dire que la grandeur est tout cequi est composé de parties.
§3* La grandeur est concrète ou abstraite. L ’ abstraiteest celle dont la notion ne désigne aucun sujet par-ticulier , comme les nombres, qu on appelle auísigrandeurs numériques. Le nombre ; ne designe nitrois pieds, ni trois heures, &c. Voyez Abstrait.La grandeur concrete est celle dont la notion designeun íujet particulier. Elle est compoiée de partiescoexistantes, comme l’étendue, ou de parties luc-ceffives, comme le temps. Grandeur Sc quantité fontsynonymes. Il y a des grandeurs positives Sc acs gran-deurs négatives. Dans le commerce , par exemple,le bien qu a un Marchand, est une grandeur posi-tive , les dettes qu’il a font des grandeurs néga-tives.
Z3° Une grandeur linéaire est une grandeur dunefeule dimension, comme la ligne en Geometiie.fP* Une arandeur incomplexe est une grandeur sim-ple , Lc^qui n’est point composée de différentes par-ties! Une grandeur complexe est une grandeur com-posée , qui a plusieurs parties différentes, ab 3 abc ,ab' , abc' sont des grandeurs incomplexes. ab — c_j_ c d -t- c' — 1 d est une grandeur complexe. Grandeurincommensurable. Voye\ ce mot.
§3“ En physique & en Géométrie le mot de grandeurest souvent absolu, & ne suppose aucune comparai-son. Grandeur , étendue Sc quantité sont regardéscomme synonymes.
A3 Grandeur apparente. Voye\ Apparent.
§3° Grandeur , en Morale. Terme équivoque , quis’applique à des choses tout-à-fait différentes. Excel-sitas j amplitudo 3 majestas 3 potentia 3 dignita-tes.
§3“ Il est quelquefois synonyme de puissance, auto-torité. O Dieu ! tout l’univers annonce ta grandeur.God. La Grandeur est une participation de la puis-sance de Dieu sur les hommes.
On ne partage point la grandeur souveraine ,
Et 'ce n est pas un bien qu’on quitte & qu’on reprenne.
Racine,
$3 Le terme de grandeur présente l’idée de préémi-nence, d’un haut dégré d’élévation au-dessus desautres hommes. Elle est réelle & personnelle , si elleporte sur les qualirés de l’ame & de l’elprit : fac-tice & absolument étrangère à l’homme, si elle neporte que sur les honneurs & les dignités, dont ilest revêtu ; car il y a des grands qui ne font remar-quables que pst \cut grandeur 3 Sc leur grandeur esttoute au dehors, Sc toute séparée de leur personne.Il travailloit à humilier sa propre grandeur pardesabaissemens volontaires. Fl. La grandeur a besoind’être quittée pour être sentie. Pasc. La véritablegrandeur est facile & familière : elle se laisse apper-cevoir , parcequ’elle ne perd rien à être vue de près.La fausse grandeur est farouche & inaccessible : ellese cache , parcequ’elle sent son foible. La Bru y.Le mépris de la grandeur n’est d’ordinaire qu’un or-gueil déguisé sous le nom de Philosophie. Puisquenous ne pouvons parvenir à la grandeur , disoitMontagne, vengeons-nous à en médité.
§3* Grandeur , quand il s’agit de l’extérieur, seditquelquefois cn bonne part, pour dignité , noblesse.Le Prince avoir un air de grandeur Sc de majesté quilui attiroit tous les respects. S. Evr.
H3 Quelquefois il se prend en mauvaise part, commesynonyme de hauteur. Etaler la grandeur , c’est mon-trer de la vanité. Les grands s’abaissent plus qu’ilsne s’élèvent, en affectant une grandeur que personnene songe à leur disputer.
§3” On dit aussi la grandeur d’un Etat. Il est de lagrandeur d’un Etat de soutenir ses alliés.
§3“ On appelle grandeurs humaines , les honneurs,les dignités, les richesses qui nous élèvent au-dessusde la multitude. Nous admirons de vaines grandeursSc de trompeuses richesses, au-lieu d’en rire commeon devroit.
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K3° Toutes les choses qui nous donnent une certaineélévation au-dessus des autres, en nous rendant plusparfaits, comme la science & la vertu , qu bien quinous donnent une certaine autorité fur eux, en houSrendant plus puissans , comme les dignités oc les -chestes , semblent nous rendre en quelque forte iu-dépendans. Voilà pourquoi les hommes tachent depostéder ces avantages , ou de paroître au moins lesposséder. Car nous nous contentons souvent des ap-parences.
§3” Grandeur d’Âme. C’est la plus belle partie de lagrandeur personnelle. C’est un sentiment noble quinous montrant le vrai beau , nous y fait tendre avecempressement. Il y a de la grandeur d’ame à mépri-ser les injures. Maîtriser la fortune, se maîtriser soi-meme, arriver à des fins élevées par des moyenspuistans, s’élèver au-deílus des autres hommes parson activité, sa fermeté, fa constance, par ses ver-tus Sc ses talens ; voilà ce qu’on appelle grandeurd’ame.
A3° Grandeur appliquée aux choses, signifie quelque-fois excellence, importance. La qualité d’une choseportée au dernier point, au souverain dégré. Vousvoyez la grandeur Sc la difficulté de l’entreprise.L’incarnation montre à l’homme la grandeur de samisère par la grandeur du remède qu’il a fallu.Pasc.
K3 Grandeur d’un crime , énormité.
Grandeur, titre d’honneur. On dit, Votre Graii-lorsqu’on parle, ou qu’on écrit à un grandSeigneur, qu’on ne traite point d’Altesse, d Excel-lence, ou qui n’a pas caractère pour cela. Quel-ques uns donnent le titre de Grandeurs, un Duc ScPair en lui écrivant. On donne ordinairement ce ti-tre aux Evêques, du moins en France; car en Alle-magne Sc en Angleterre, on dit Votre Grâce auxEvêques , &c. Un Evêque étant à table, laisia tomberquelque chose sur sa barbe, qu’il portoit longue,suivant l’ancicn usage, son Maître-d’hôtel lui dit,Monseigneur, il y a quelque chose de mal-propresur la barbe de votre Grandeur ; mais voyant quel’Evêque le regardoit de travers, il crut s’ctre mé-pris , & lui dit, Monseigneur , il y a quelquechose sur la grandeur de votre barbe. Nouv. Rec.de Bons Mots. On donne en France le titre deGrandeur aux Ministres , Sc au Chancelier duRoyaume.
Grandeur, en matière de Médailles» On divise lesmédailles de bronze en troi s grandeurs , qui formentles trois différentes suites qui remplissent les cabi-nets : le grand bronze , le moyen bronze & Je petitbronze. On juge du rang de chacune par son volu-me , qui comprend l’épaisseur , & l’étendue de lamédaille , la grosseur, Sc le relief de la tête : desorte que telle médaille qui auralepaisseur du grandbronze pour n’avoir que la tête du moyen , ne seraque de la seconde grandeur. Chacune de ces gran-deurs s son mérite. Le grand bronze excelle pourla dclicatelle & la force du relief, & par les beauxmonumens historiques qui y parodient dans touteleur beaute. Le moyen bronze est considérable parla multitude , & par la rareté des revers. Le petitbronze est recherché, à cause de la nécessité que l’onen a pour lc bas empire, où le grand Sc le moyenbronze abandonnent les curieux. Le volume des mé-daillés , soit or , argent ou cuivre , n’est que depuistrois pouces de diamètre , jusqu’à un quart de pouce.P. JOBERT.
GRANDIR, v. n. Croître, devenir plus grand en hau-teur par un principe naturel. Crescere > augescere. Lesarbres, les plantes grandissent à chaque moment ;mais cela est insensible. Cet enfant a beaucoup grandien peu de temps, il est en âge de grandir. Les cn-fans qui grandissent toujours jusqu au terme proscritpar la nature, ëc. Lemery. Ce mot n est pas de grand
usage. r , ,
GRANDISSIME, adj. Terme superlatif ác grand. Ma-ximus. Vous me ferez un grandisiime plaisir de ....Ces superlatifs, qui font contre le genie de la lan-