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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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perceptiblement par un petit trou dans un autre vais-seau , dans lequel, en s’élevant peu à peu, elle ele-voit un morceau de liège qui marquoitles heures endifférentes manières. D’autres l’ont fait avec du mer-cure. La meilleure manière est de la faire avec des co-ques d’œuf bien léchées & bien pilées , ou avec duplomb en poudre très-délié.

Le temps se mesure sur la mer par des horlogesde demi-heuresj & pour dire, il y a deux heures,on dit quatre horloges. Ces horloges font des imagesde notre vie, qui s’écoule insensiblement. Bouh. Lu-cien parle d une horloge d eau qui íonnoit, & quimarquoit les heures par l’eau & par le ton. HierômeMagius l’a décrite, 8 c l’a fait graver dans son TraiteDe Tintinnabulis > c. 6 . ,

Aujourd’hui on fait des horloges d’eau d’une struc-ture particulière. Ces horloges consistent en une bou-le d’étain aplatie de deux côtés qui se répondent; cequi forme une espèce de roue creuse, partagée enplusieurs cloisons, en partie pleines d’eau, laquellepasse de Tune dans l’autre, au moyen d’un petit trou:cette roue est traversée par un estieu entouré d’unecorde qui le soutient : cette boule 'descend par sonpoids imperceptiblement le long d’une platine, surlaquelle les heures font • marquées , & elle marquepar son estieu quelle heure il est. Ces horloges sontsujettes à se détraquer l’hiver à cause de la gelée.Quelquefois ces horloges d’eau ont la figure d unependule ; dans celle-ci la boule aplatie est dans lecoffre de la pendule; les heures font marquées fur latablette de devant par une aiguille que le mouvementde la boule fait tourner. On y ajoute quelquefois unréveille-matin au haut.

Horloge s’est dit ausii chez les Anciens, des cadranssciatériques, ou au soleil, qui marquent l’heure parsombre d’un style élevé sur des surfaces différentes,en tombant fur des lignes disposées par fart de laGnomonique, Horologïumsolare,scïotherïcon ou scia-thericon. Ainsi on dit une horloge , ou un cadran ver-tical , horizontal, déclinant, réclinant, Babylonien,bilnnbare , &c. Voyez ces mots.

Les horloges solaires ne furent inventées chez lesGrecs que peu d’années avant le régné d’Alexandre leGrand. Le premier qui en ait fait mention est Bâton,un des Auteurs de la Nouvelle Comédie. Quelques-uns disent que l’Auteur de Yhorloge solaire fut leCaldéen Bérose; d’autres, que ce fut Aristarque dcSamos, celui qui inventa l’hémisphère.

Les Hébreux en avoient avant tous ces temps-là.Il est sûr qu'Achaz, qui regnoit vers la douzième an-née de la fondation de Rome, & plus de 400 ansavant Alexandre , fit faire une horloge solaire à Jéru-salem. Isaïe , XXXVIII y 8 . Les Romains n’curentd 'horloge que 477 ans après la fondation de leur ville.Plaute , qui mourut environ l’an 569 de la fonda-tion de Rome , fait dire à un Parasite, que quand ilétoit jeune, il n’y avoit point d’autre horloge que leventre; mais qu’alors toute la ville étoit pleine á’hor-loges. Côtoient des horloges solaires. Solaria. Le pre-mier qui en fit faire une dans le Marché, fut M. Va-lérius, au rapport de Pline. Ce fut en 468 de la fon-dation de Rome, qu’on fit en cette ville pour la pre-mière fois une horloge au soleil sur la muraille dutemple de Romulus. Censorin dit pourtant qu’il étoitfort difficile de savoir quelle étoit la première hor-loge qui eût paru à Rome ; mais comme ces horlo-ges ne pouvoient servir que le jour, ils inventèrentles horloges d’eau pour la nuit.

L’Invcnteur des horloges à roues a été un nomméPacificus, Archidiacre de Vérone,quivivoit du tempsde Lothairc , fils de Louis le Débonnaire, si on doitajouter foi à son épitaphe, que rapporte Ughellidans ton Italie Sainte, 8 c qui l’a tirée de Pavinius :on l’a appelée horloge nocturne , pour la distinguerdes cadrans qui marquoient l’heure par l’ombre dusoleil.

Quelques-uns disent qu il paroit presque certainque le premier Inventeur de nos horloges à roues estGerbcrt, q u i f ut depuis Pape sous le nom de Sylvef-

Tome IV.

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rre II. Il construisit la première à Magdebourg, versl’an 999... ’

L ’horloge du Palais est la°première grosse horlogequi ait été faite à Paris. Charles VI fit venir d’Alle-magne Henri de Vie pour la faire ; car il n’y avoitpoint à Paris d’ouvrier qui en fût capable. 11 avoitsix fous parisis par jour & son logement dans la -tourdu Palais, où cette horloge fut placée. 11 y a pour-tant quelques Annales de France qui disent que dèsl’an 807 les Ambassadeurs d’un Roi de Perse, nom-mé Aaron, envoyèrent à Charlemagne une horloged’airain , qui marquoit les heures par la chute dequelques balles de métal fur son timbre, 8c par descavaliers qui ouvraient & fermoient douze portéssuivant le nombre des heures. Du Cange. Eginatddit que les Ambassadeurs d’Aaron, Roi de Perse, fi-rent présent à Charlemagne d’une horloge d’eau, quimarquoit les heures par douze petites balles qui tom-boient à la fin de chaque heure, & qui en tombant ,frappoient un timbre & le faìsoient sonner. Il y avoitaussi douze figures de cavaliers, qui à la fin de cha-que heure lortoient par des ouvertures ou fenêtrespratiquées á cette horloge y qui étoit d’airain, & ensortant fermoient ces fenêtres. D’autres horloges fai-soient tomber à la fin de chaque heure de petites pier-res dans un bassin de métal.

Il y a de célèbres horloges par la diversité de leursmouvemens, de leurs figures 8c de leurs carillons.Celle de Strasbourg & de Saint Jean de Lyon sontdes plus renommées. Un coq bat les ailes & annoncel’heure qui va sonner en chantant, l’Ange ouvre uneporte & salue la Vierge, le S. Esprit descend surelle, 8c le Père Eternel la bénit. Celle de la Sama-ritaine de Paris, & plusieurs en Flandres & en Alle-magne, sont remarquables par leurs carillons.

On fait des horloges-í ables qui tournent d’èlles-mêmes quand l’heure a passé.

Horloge ^ répétition. Cette admirable invention estdue a 1 Angleterre, où elle prit naissance en 1676.Trompion fut le premier qui la pratiqua à Londres.Quare, averti que Trompion y travailloit, l’inventaaussi, & eut même le premier fini son ouvrage, qu’ilprésenta au Roi, 8c qui fut trouvé plus simple & plusparfait que celui de Trompion.

Horloge est un terme générique, qui signifie toute ma-chine qui sonne les heures. Mais ordinairement parce mot on entend les groíles horloges à poids, faitesgrossièrement, pour les distinguer des pendules & desmontres de poche.

Horloge à mouvement apparent. On donne ce nomà des horloges, d’une nouvelle invention , qui suiventles irrégularités apparentes du mouvement du soleil& qui se conforment à l’iriégulariré des jours & desheures. Au-heu que les horloges ordinaires s’appel-lent horloges a mouvement moyen ou à équation.Les sieurs le Bon & le Roi, habiles Horlogers dePans ont cru erre les premiers Artistes de cette nou-velle forte d horloges; mais le P. Kresa, Jésuite, citéparie sieur Sully ,& le P. Alexandre, Bénédictin, par-j 1 ne P eiKÍu ^ e à mouvement apparent, trouvéedans le cabinet de Charles II, Roi d’Espagne, aprèsfa mort en 1699. De plus le P- Alexandre justifiepar un certificat, daté de 1698, qu’il avoir présentéà l’Académie des Sciences un projet qu’clle avoit ap-prouvé pour la construction d’une pendule à mou-vement vrai ou apparent. Or les ouvrages des sieursle Bon & le R 0 j „ e font datés que de 1717.

On appelle figurément horloge 3 certaines obser-vations de choses qui viennent en certain temps,qui apprennent à-peu-près l’heure à ceux qui sontloin de Yhorlogey comme le chant du coq est Vhor-loge qui fait lever les paysans. Horologium naturale.Un vieillard, qui a des cors au pied qui lui fontmal quand le temps veut changer, dit que c’est sonhorloge.

Sur les horloges y voyez Saumaise fur Solin, p,641 & fuiv. Masius , de Tintinnabulis , & l e p"KirKER , dans son Muséum Romanum , 8c dans son(Edip. &gypt. T. II, P. II y Claj]'. VII , c, y J

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