Band 
Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
Seite
80
JPEG-Download
 

8o I M B

sans lumière. Vimbécille manque par les organes, &va par le mouvement d’autrui.

Les fous ont 1 imagination sorte : les extravagansont les idées singulières: les insensés les ont bornées:les imbecilles n’en ont point de leur propre fond.

IMBÉCILLITÉ, f. f. Foibletse, en parlant de l’espritImbecillitas. U imbécillité de 1 âge & du sexe attire lacompassion des plus bers Tyrans. Dieu a égard à

Y imbécillité de notre nature. J’aime une dévotionéloignée de cette imbécillité qui se forge des miraclesfur tout. S. Evr. U imbécillité d’esprit est un principefort ordinaire de malice. Ab. de S. R. Mener une vieobscure avec une espèce d 'imbécillité. Bussi R ab.Voyei Imbecille.

A? L’ImbÉcillitÉ est: l’opposé de ^entendement.

IMBIBER.-v. a. Abeuver une chose de quelque li-queur, en forte qu elle en ion pénétrée. La pluie im-bibe les terres. On imbibe une compresse d'eau-de-vieou d autre chose. On imbibe une mèche d’huiíe.

s’Imbiber. v. récip. Devenir imbibé , abreuvé par lesparties de quelque liqueur qui pénétrent, qui s'iníì-

. nuent. Imbui. I.’épongc s 'imbibe de toutes les li-queurs. La terre s’imbibe d eau.

On le dit aussi des choies liquides lorfqu’elles s’in-sinuent dans les corps. L 1 huile s imbibe dans les toilesdes tableaux, dans le drap.

Imbiber. 1 Terme de Philosophie hermétique, signifiefaire les imbibitions. Voye | ce mot. Il veut dire aussicuire la nature jusqu à ce qu elle soit parfaite.

Imbibé, ée, se dit aussi figurément. Plenus. Cet hom-me paroit tout pénétré, Sc si on Pose dire, tout imbi-bé de la bonne opinion de lui même. S. Évr. ífH Cecorrectif étoit nécessaire, & Ptxpression auroit encorebien de la peine à palier.

IMBIBITION. s. f. Terme du Grand Art. Il signifie ,i°. Les mubiplications qui se font avec le mercurehermétique propre pour ôter la noirceur en cuisant. Ilfaut du mercure rouge ou citrin, qu on appelle baindu soleil, pour Yimbibition qui fait la multiplicationau rouge, & du mercure blanc au bain de la lune,pour Yimbibition qui sait la multiplication au blanc.i°. Ce mot signifie une opération par laquelle l’humi-de qui est monté au haut du vaisseau, retombe douce-ment sur la matière qui est dans le bas du vaisseau.Cette seconde imbibition est une espèce de circulation ;la première est une espèce de multiplication.

IjfJ Imbibition , en Botanique , est la faculté de s’imbi-ber ou de se charger de P humidité qui environne. Lesplantes se nourrissent en partie par Yimbibition de leursfeuilles.

Il est prouvé par les expériences de M rs Mariette,Hales, Miller, Bonnet Duhamel, 6c. que les feuillesdes plantes sont garnies d’organes absorbans ou de su-çoirs qui pompent shtimidité des pluies, des rosées,ôc même dc celle qui est répandue dans Pair d une fa-çon moins sensible. Ainsi elles concourent avec lesracines pour fournir de la nourriture aux plantes, &ce secours leur est très utile en bien des occasions.Dans le cas, par exemple, où les racines se trouventdans une terre fort seche, les plantes ne laissent pasquelquefois d'être vigoureuses quand les rosées fontabondantes.

Si l’on voit, dit M. Duhamel, les arbres pousserbeaucoup en bois & en feuilles à l’exposirion du nordôc du couchant, fans doute cette vigueur des plantespeut être attribuée à ce qu’elles y transpirent moinsqu’à l’exposition du midi : mais il paroît aussi que

Y imbibition des feuilles peut y avoir bonne part, dou-tant qu’il est d’expérience qu’à ces expositions la roséesubsiste jusqu a dix heures du matin, pendant quellese dissipe dc bonne heure aux autres expositions.

Si les arrosemens en forme de pluie font plus utilesau plantes, que ceux où l’on ne répand Peau que fur-ies racines : 8c si cn été les arrosemens du soir sontplus avantageux que ceux que l’on fait pendant lejour, il paroít qu’on en peut aussi légitimement attri-buer la causé à Yimbibition des feuilles, qu’à la dimi-nution que les arrosemens opèrent fur la transpiration.

Si l’on remarque qu’il est avantageux de garantir

I M B

du soleil les jeunes plantes & les boutures, c’est parcequ’en même tems qil’on diminue la transpiration, onarrête aussi la prompte dissipation des vapeurs, qui,en s’infinuant dans les plantes, leur fournit une nour-riture qui ne peut leur venir des racines, puiíqu’eìlesen sont mal pourvues dans les arbres qu’on trans-plante , 8c qu’elles en sont entièrement privées lors-que ce sont des boutures.

Cette imbibition peut agir de concert avec l’inter-ception de la transpiration, pour maintenir en bonétat les plantes que Pon tient dans la. moufle humide,loríqu’on les transporte au printems ou en été d unlieu dans un autre.

Il est aisé de voir par ce qu’on vient de dire, que leretranchement des feuilles doit être nuisible aux plan-tes qui font pourvues de racines, nonTeulement par-ce qu on les prive d’un organe qui sert à la transpira-tion, mais encore parce qu’on retranche des suçoirsqui contribuent à leur fournir de la nourriture.

Cependant dans certaines circonstances, cette itn-bibuiori peut être nuisible aux plantes : par exemple,quand les années sont fraîches 8c pluvieuses , les plan-tes qui sont à l’abri du soleil & du vent, souffrent plusque les autres, parce que leurs vaisseaux sont, pourainsi dire, gorgés d’une humidité qui se corrompt, 6calors certaines plantes tombent en pourriture.

Par la meme raison, certaines plantes qu’on élèvefous des cloches ou fous des châssis de verre , fe trou-vant toujours dans une athmosphère humide, peuventtomber en pourriture, si on n’a pas le soin de leurdonner de l’air de teins en tems , pour dissiper les va-peurs.

On voit encore qu’on peut, suivant la remarquede M. Bonnet, affoiblir un arbre trop vigoureux, enlui retranchant une partie de ses feuilles. Par ce mê-me moyen , on peut empêcher les branches gourman-des d épuiser un arbre, Sc prévenir que les fleurs necoulent par une trop grande abondance de fève.

Enfin, l’on voit qu’òn doit au contraire ménager lesfeuilles des arbres fossiles; car, comme la transpira-tion est le principal agent de la seve, les feuilles con-tribuent à la faire mouvoir ; & il y a apparence quecette cause prédomine dans certaines circonstances furYimbibition , qui, dans d’autres cas subvient à leursbesoins, en leur fournissant de la nourriture.ICFIMBLOCATION. f. f. Du mot bloc. Amas. Ceterme exprime la manière d’enterrer les corps mortsdes excommuniés, en élevant un monceau de terreou de pierres fur leurs cadavres, dans un champ,parce qu’il étoit défendu de les enterrer en terresainte.

IMBRIAQUE. adj. de t. g. Mot tout à-fait bas, & quine peut trouver place qu’ mx halles. Il signifie , quia perdu fa raison à force de boire. Quem vinum desanitate mentis dejecit. Il est tout imbriaque.

IMBRICÉE, ÉE. adj. Tuiles imbricées. C’est l’épithètequ on donne aux tuiles concaves , pour les distinguerdes tuiles plates. Dans plusieurs Provinces on se sertde tuiles imbricées pour couvrir les maisons. On envoit en Provence, dans le Forez, en Auvergne, enPoitou, &c. La couverture faite avec des tuiles im-bricées , dure plus long temps qu’avec des tuiles droi-tes , mais par fa trop grande pesanteur elle écrase Iccomble où elle est posée. Si la couverture d’un toitavec des tuiles droites, pèse mille livres, celle quisera faite avec des tuiles imbricées engpésera plusdu double. Le paille solitaire ou serin de Canariese retire sous des toits de maisons, couvertes de tui-les concaves que l’on nomme imbricées , dont oncouvre les Châteaux situés dans les Montagnes. Cemot vient d’ imbricatus , qui est fait en gouttière.

YfJ' IMBROILLE, f. m. Mot tiré de lTtalien. Imbro-glis. Embrouillement. Il y a de Yimbroille dans cetteaffaire, dans cette piéce de Théâtre. Acad. Fr.IMBROORBASSI. f. m. Nom d’Ossice à la Cour duGrand-Seigneur. Grand Ecuyer. Magnus Jlabuli pro-fectus , ou magijler. Il y a dans la maison du Grand-Seignèur un Chef Sc Surintendant fur tout ce quidépend des écuries, qppellç Imbroorbajfi , ou Grand-

Écuyer