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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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J O N

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sont la Peinture Sc la Poésie. On ne dit pas un jolipoëme , ni un joli tableau. Ces sortes d’ouvragesfont beaux , ou s’ils ne le font pas, ils font mau-vais.

Lorsque les épithètes de beau Sc de joli font don-nées à l’homme, leurs significations n’ont alors riende commun. Un bel homme est tout autre choiequ'un joli homme. Le sens du premier tombe furla figure du corps & du visage ; & le sens du fe--cond tombe fur l’humeur & fur les manières d’agir.Ceci ne s’accorde pas avec ce que dit le P. Bouhoursd’un joli homme.

IjfT Quelqu’un a dit que l’agrémentest comme un ventléger & à. fleur de surface , qui donne aux facultésintérieures une certaine mobilité , de la fouplejje &de la vivacité. Mais cette définition precieuíe &pénible , donne- 1 -elle de son objet une idee satis-faisante ? Le /oli lie se définit point ; c est le secretde la nature riante. Littérature de M. B.

fCF Les oraçlesde la langue ont dit que le joli eroitun diminutif du beau. Mais ou est le rapport duterme primitif avec son dérivé ? Ne font - ils pasl’un 8c l’autre exactement distincts ? Leur espèce,leurs loix & leurs esters ne sont-ifs pas entièrementdifferens ? On nous présente une tempête sortie desmains d’un Peintre médiocre. A quel degré de di-minution ce tableau , qui n a pas atteint le beauqu'i! cherchoitj pourroit-il descendre au joli ? Est ilde son essence de pouvoir y arriver ì Qu on se rap-pelle le sot qui trouvoit la mer jolie , Sc le fat quitraitoit le grand Turenne de joli homme.

if 3 ’ Le joli a donc son empire séparé de celui dubeau. L’un étonne, éblouit, subjugue ; l’autre oc-cupe , amuse & se borne à plaire. C’est à l’ame quele beau s’addrelle ; c’est aux sens que parle le joli.Ils n’ont qu’une règle commune , c’est celle duvrai. Si le joli s’cn écarte , il se détruit , & de-vient maniéré, petit , mesquin ou grotesque. Nosarts , nos usages & nos modes fur tout, font au-jourd’hui pleines de fa fauste image.

JOLICOURT. f. m. Terme de fleuriste. Nom duneTulipe, couleur de tuile & jaune. Morin.

JOUER. v. n. Vieux mot. Être de bonne humeur,rire, fe divertir,

JOLIET , ETTE. adj. diminutif de joli. Venustulus. Ilr/a guère d usage qu’au féminin Sc dans le discoursfamilier.

Mon Dieu, quelle est jolktre]dit une vieille chanson.

JOLIETTE ou JOLIVETE des quatre couleurs, f. f.Terme de Fleuriste. Nom d’un Œillet. Quadricolorocellus. Il est panaché d’un beau pourpre fort brun ,d’un beau rouge Sc dc couleur de rose, fur un finblanc; toutes ses couleurs font très-bien Sc égale-ment distinctes & détachées. Morin.

JOLIMENT, adv. D’une manière jolie. Non invenusti.Ce cavalier fait joliment des vers, chante joliment.Cette fille danse joliment, joue du luth fort joliment,fort proprement Achille faisoit la cuisine sort joli-ment. Mademoiselle l’Héritier.

Celui qui pour bouquet ne fait qu’un compliment ,

Doit le faire au moins joliment. Rec de Vers.

JOLIVETÉ. f. f. Gentillesses que font. les enfans. Festi-vitas. Les peres ne fe lassent point de faire admireraux autres les jolivetés de leurs enfans, leurs gentil-lesses. Il est vieux & ne fe dit qu’au pluriel.

Jolivetés , signifie aussi des bijoux, de certains petitsouvrages artistement travaillés, mais qui ne font pasd’un grand service. On fait en Orient un grand tra-fic des jolivetés d’Europe.

JOLIVETTE. s. f. Terme de Fleuriste. Anémone ,• quiest de couleur de chair mêlée dc rouge, sa péluchecouleur de brique Morin.

J O M.

JOMADA. s. m. Terme de Calendrier. Nom du cin-quième mois des Agaréniens Sc des Turcs, qui ré-pond à peu près au mois de Janvier. On l’appelleaussi suivant les disterentes manières de prononcer ,Giumad, Gumedi, Giumada , Giamadi, Giumadi ,Giumediu , Giamadia.

Ce nom vient du verbe Giamada , qui signifieconcrevit , Sc exprime la concrétion de l’eau qui de-vient glace.

JOMBARBE. Voye% Joubarbe.

ION.

ION. A la fin du nom ne fait qu’uve syllabe en prose,mais en fait deux en vers. V ers ion , dévotion, pas-sion. Mais ions à la première personne du pluriel del’imparíait de l’Indicatif, & la première du présent,Sc du premier imparfait du Subjonébif, ne fait qu’unesyllabe. Nous devions, nous attendions. Nous au-rions , &c. Remarquez encore qu il ne faut point em-ployer en vers des mots terminés en ion qui aientplus de quatre syllabes ; autrement cela est trop traî-

' nant, Sc le mot abomination ; par exemple , oc-cupe trop languissamment la moitié d’un vers. Mén.

Rajstneurs de locutions,

Entrepreneurs de versions. MÉn.

Non, je ne hais rien tant que les contorsions

De tous ces grands faiseurs de protestations.

Mol.

Cette fière raison dont on fait tant de bruit ,

Contre les passions est un foible remède. Des-H.

Mon cœur exempt destin, libre de passion,

Sait donner une borne à son ambition. Desp.

Nous devions fuir Vamour , & c eût été le mieux .

Font.

Nous attendions un fort plus heureux que le nôtre .

Rac.

ION. si m. Nom d’homme. Ion. C’est Ion, selon le?Grecs, qui donna ion nom aux Ioniens. Il étoit filsde Xistus, ou d’Apollon Sc Creuse, fille d’Érechtée.U acquit tant de gloire dans la guerre qu’il fit à Eu-molpe , Roi de Thrace, que les Athéniens Sc toutesles Colonies d’Athènes prirent son nom. C’est-làtout ce que la tradition obscurcie , & mêlée de fa-bles Sc de mensonges, avoir appris aux Grecs del’origine de ce nom ; mais le vrai Ion étoir Javan ,-fils de Javec, dont il est parlé dans la Genèse, X. 2.4. C’est ce Javan qui peupla la Grèce, & c’est delui que les Grecs prirent le nom d 'Ioniens. Homère,Iliade, XXj.II. v. 68 g. les appelle Jaones, nompms ancien, Sc qui approche plus d u Javan ou Jaouandes Hébreux. Voyer/ Bochart dans son Phaleg, Z-III. c. 3 .

JONA í. m. Jona. Voyez Jonas. a

JONA , ou Chilca, Nom d’une île d’Écolse, qu’onnomme autrement Cholmkil ou Cholumbkil , c’est-à-dire, Ile de Saint Columban; Sc encore Chilca ,Jona, Chilca, Rona, Iliona , Hii, Infula fancli Co-lumbani. C’est une des Westernes. Elle est située àla pointe de la presqu’île de l’île de Mul, qui s’avancele plus au midi. Cette île est très petite, Sc n’est re*.masquable que par le bourg de Sodore, résidenceordinaire de l’Evêquc de Westernes, Sc parl’Abbayede S. Columban , où font les tombeaux des anciensRois d’Écoíif. M-aty.

JONAS, si m. Nom d’homme, dans lequel il faut tou-jours faire for s 1 1. Jonas. Quoique Jonas & Jonasoient la même chose , & ie même 110m en Hébreu,nous y mettons cependant dc la différence dans no-tre langue, comme en ont mis les Grecs Sc les La-