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celui de jour, parce que c’est par les jouées q^te vientle jour.
JOUELLE. f. f. Ce mot fe trouve dans Pomey, pourlignifier une forte de joug., composé de trois pièces,de deux droites , ôc d dîne qui traverse, lequel jougsert à arranger, à disposer les seps, les sarmens devigne , d une certaine manière. Jugum. Drelíer unevigne en jouelle. Relever la vigne íur la jouelle. Ju-
gere vineam.
JOVENTE. f. f. Vieux mot. Jeunesse. On a dit auíîìJouvante ôc Jouvance. On a dit encor tjouette , pourlignifier la même chose.
JOUER. v. a. ôc n. Ludere. S’amuser, badiner, faire unechose agréable,qui donne du plaisir, du divertissement,folâtrer , se divertir. Dans ce sens on l’emploiesouvent avec le pronom personnel. Lesenfans jouentensemble, ils jouent l'un avec l’autre. Les enfânsjouent, le jouent avcc leurs hochets , avec leurs poupees. Les mères se jouent avec leurs enfans. Ceuxdu moyen âge jouent à de petits jeux, au íàbor,aux o liciers, &c. Elle tenoit un évantail dont ellejouoìt. Bu s si. Les jeunes chiens ôc les petits chatsjouent avec leurs petits, avec une balle, &c.
On dit auffi se jouer de quelque chose, faire quel-que choie en se jouant, lans application, sans pei-ne, en s’amusant. Vous croyez cela fort difficile; jel ai fait en me jouant.
Jouer, se dit auffi en parlant des jeux qui ont des rè-gles. Jouer à la Paume, au Billard, aux Echecs, auxDames , aux Cartes , au Hoc , à la Bassette , au Bre-lan , &c. Jouer gros jeu. Jouer jeu de garnison , jouerde son reste, à quitte ou à double, c’est à-dire , met-tre tcut au hasard, se piquer au jeu. Jouer de mal-heur , c’est, perdre continuellement. Donner à jouer;c’est tenir Brelan, Académie, ôc tirer pour cela tri-but des joueurs.
Jouer s’emploie auíîì à de certains jeux de cartes , avecle nom de la couleur dans laquelle on joue. Joueren carreau, en cœur. Je joue en trèfle, ô'c. Et Fairejouer signifie, Nommer la couleur dans laquelle lecoup doit être joué » C’est lui qui a fait jouer enpique.
Jo uer & Faire jouer , signifient à de certains jeux decartes, jouer fans prendre , & Faire jouer fans pren-dre , c’est à-dirc , fans écarter, ôc fans prendre denouvelles cartes au talon.
Jouer un jeu , signifie, le savoir bien jouer, le jouerpar préférence , être dans Lissage , dans l’habitude dele jouer.
§3“ Jouer le jeu , jouer selon les règles du jeu. Jouerbien les cartes au Piquet, tirer tout le parti possiblede ses cartes pour faire plus de mains.
Jouer quelqu’un par dessous la jambe, signifie figuré-ment dans le style familier , déranger avec facilité lesprojets de quelqu’un, Ôc par supériorité d’eíprit ou deconduite , l’amener à nos vues.
, Ce mot vient du Latin Jocari.
•'°Uer , s e dit figurément en morale d’un bon nombred actions de notre vie , à cause des métaphores tiréesdu plusieurs fortes de jeux. Ainsi on dit jouer auRoidépouillé, pour dire , qu’on vole, qu on pille , qu’onruine quelqu’un, qu’on emporte jusqu’à ses meubles,|5 S habits. On dit, jouer aux barres , quand deux per-sonnes se cherchent réciproquement , & en méme-jumps 5 A- ne f e rencontrent point. On dit, qu unbomvne j eue des gobelets, non feulement au propre,“iais auffi quand il use de quantité de souplesses 6cartifices pour tromper , ôc déguiser une arfaire. Onrt auffi , qu 1 q j oue d’adresse , de sinesse , qu’il joue auP us fin j^qu’il joue à jeu fur, quand il vient à boute défichas par quelque voie que ce soit. On dit\ s ° n Va í ouer d es couteaux , quand on est prêt• C battre, à avoir la guerre. On dir qu’un homme^ / 0/ ss piece à un autre , qu’il lui a joué quelque tourP°ur dire qu il lui a fait quelque affront, quelque ni -Che , quelque supercherie. Voyc-j Pièce. On dit en-c °re d’un Capitaine , d’un homme d’títat, qu’ils ont{° u fi à tout perdre ; pour dire , qu’ils ont mis i’ar-uiee ôc 1 état en grand danger. Et on dit d’un par-
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ticuîier , qu’il joue à lé couper, à fe blesser, à fe fairependre , quand il se met en danger de ces accidens.On dit dune coquette, qu’elle joue de la prunelle ,pour dire qu’elle conduit ses yeux avec affectation ,à dessein de donner de l’amour. On dit auffi. qu’un homme fe joue de Largeur d’autrui , lorí-qu’il fait profiter Largeur qssil doit, ôc qu’il paie 1cplus tard qu il peut. On dit , jouer du pouce , pourdire, compter de l’argent pour payer. Il est bas. Acad.Fr. Toutes ces façons de parler approchent fore desproverbiales j 8c par conséquent on ne s’en peut ser-vir que dans le style familier & comique.
On dit auffi figurément : Jouer de son reste , pourdire , Prendre un moyen extrême , après lequel iln’y en a plus d’autre à prendre. 11 signifie auffi, Ache-ver de consumer son bien. Il a joué de son reste avantque de retourner dans fa Province.
Jouer , se dit auffi en matière de discours ôc d’ouvra-ges , ôc signifie , S’égayer, badiner. Cet Auteur jouefur les mots, fait des allusions, des équivoques , desantithèses , il íe joue fur toutes sortes de sujets. S.Augustin, ôc les Pères , jouent souvent sur les nom-bres. C’est dans une Lettre de galanterie que l’ima-gination a toute la liberté de fe jouer. M. Sc u d. Ilfe joue en description agréables pour charmer le lec-teur. Abl.
Ce ri est pas cependant pi une Muse un peu fine ,Sur un mot quelquefois ne joue, & ne badine.
Boil,
Jouer, signifie encore, Railler, plaisanter-, rendreridicule. Ludificari. Molière a joué les faux dévots.Les Satyriques jouent toutes fortes de gens; ils jouentles vices de leur temps. C’est un tel qu’ils ont jouéfous le nom de Licidas. On dit auffi, qu’on jouequelqu’un , loríqu’on le fait courir inutilement,ou qu’on le trompe , qu’on Parnasse de belles paroles,ôc de vaines promesses. Les libertins se jouent de l’É-criture ôc des choses les plus saintes , ils s’en mo-quent , ils en font des profanations, &c. Se joueríur le luxe des habits. Abl. Pour dire , s’en railler ,s’en moquer , s’en divertir. Il ne faut point se jouerde l’amour. FI. S. de M. Elle joue la dévote , la ca-pable , la peureuse , la petite poitrine, la meilleurefille du monde. Mad. de SÉv.
On dit se jouer à quelqu’un ; pour dire l’attaquermal à-propos. Ne vous joue\ pas à lui. Ne vousjouets point aux dévots , une querelle avec eux n’estpoint un sujet de risée. H. S. de M. Ces canailless’osent jouer à moi. Mol. On dit auffi, ne vous yjoue\ pas, ne vous jouets pas à cela ; pour dire ,prenez garde à ce que vous allez faire, ne soyezpas assez fou , assez téméraire pour faire cela, vousvous en repentiriez.
En jouer à quelqu’un, c’est lui faire un affaire ,le jetter dans quelque embarras, le traverser enquelque chose. Cette expression est basse. On ditau même sens , en jouer d’ixne , en jouer d’unebonne.
Sire Appollon dépité contre moi,
De ce quavois fait écorne à fa gloire ,
En le quittant pour suivre une autre loi,
M’en joua d’une , & par malice noire ,
Durant la nuit, de l’un a l autre bout ,
Gâta l’ ouvrage , <S ’ le bousilla tout. P, Du Cerc»
|IJT Jouer , ou se Jouer de son fief, en Jurispru-dence féodale , c est en aliener une partie , qui n ex-cède pas les deux tiers, íuivant la coutume de Pa-ris , ou autre partie du fief, suivant la disposition dela coutume du lieu; de manière que l’on retienne]a foi entière avec quelque droit Seigneurial Sc Do-manial sur la partie du fief que l’on aliéné. Aliénerainsi partie de son sses , sans le consentement deson Seigneur , s’appelle Se jouer de son fief, parceque ces fortes d aliénations faites par le vaílal, avecréserve de porter toujours la foi & hommage pour