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Merces , salarium . Gagner sa journée. Payer la jour-née aax ouvriers.
On appelle des gens de journée, des ouvriers quonloue pour travailler le long d’un jour. Operarii mer-cenarii. 11 y a des Artisans qui travaillent à la ta-che , & d autres à la journée , il lui faut rabattreune demi -journée. íl laut avoir des chaise - avansou piqueurs dans les ateliers, ahn de faire bien em-ployer la journée des ouvriers & des manœuvres.
En parlant du travail des ouvriers , on distinguetrois fortes de journée ; la journée de l’Entrepreneur,qui ne regarde que la peine & la fatigue des ou-vriers qu il emploie ; la journée bourgeoise , quis’entend de l’ouvrage exécuté fous la conduite d’unepersonne de la part du bourgeois fans l’Entrepre-neur-, la journée du Roi, qui est pour des ouvragesqui ne le peuvent guère apprécier justement & pré-cisément, parce qu’il les faut changer & réfuté,comme des modelés, des aeíleins d’Architecture ,de Sculpture , &c.
fgjs Journée , terme de Pratique, signifie en matièrede dépens , le droit qu’a un Procureur pour avoirassisté fa partie de son ministère & de sa présence lejour que la cause a été plaidée, ou qu’il y a eu quel-que instruction , à laquelle le Procureur est réputéavoir été présent.
On dit proverbialement & ironiquement, qu'u nhomme a bien gagné fi journée ; pour dire , qu'il acaste ou brisé quelque choie qui lui a causé quel-que perte. On le dit aussi de tous les accidens quifont arrivés par fa faute. On dit aussi, qu’il a tantfait par ses journées , c’est-à dire , par son travail,par ses foins , par son industrie, &c. qu’ií a obtenuce qu’il souhaitoit , qu’il est venu à bout de sonentreprise. On le dit aussi souvent en mauvaise part,£c en raillant. Il fera tant par ses journées qu’il sefera chaisier de la Cour. On dit aussi qu’un hommevit au jour la journée , lorsque le salaire de sa jour-née ne íusstt que pour le nourrir, & qu’il ne peutrien épargner.
Toutesfois je fuis dc ces gensDe toutes choses négligèns , .
Oui vivant au jour la journée ,
Ne controllcnt leur dejltnée. Régnier.
On donnoit autrefois le nom de journée à ce quenous appelions aujourdhui une scène dans unepièce de théâtre. Quelquefois la journée conteneurplusieurs scènes , & dans ce cas la journée leroitce que nous nommons un Acte.
C’est un terme de Poésie Espagnole. On donne cenom en Espagne à ce que nous appelons Actedans nos pièces dramatiques. Les Espagnols divi-sent communément leurs pièces en trois journées.La première journée contient ^exposition du íujet,la seconde forme le nœud de l’intrigue , & la troi-sième le dénouement. Ils ont des pièces qui sebornent à deux journées , d’autres qui vont juf-qu’à quatre , plusieurs n’en ont qu’une. Goujet.
gCF Journée , s’est dit autrefois pour Congrès, asiem-blée. Mais particulièrement vouloient la treuve gé-nérale , & qu’une journée fe tint en Picdmont , oùchacun pourroit envoyer Ambastadeurs. Commines.
On appelle à Mets en Lorraine les Journées Feudales , la Justice temporelle de l’Évêché de Mets,qui juge de toutes les terres vassales de l’Evêché.Dans un jugement rendu aux Journées feudales deMets de l’an 13/6, on voit que les Comtes deDcux-Pons , & de Blammont , y présidoient enqualité de Pairs & de Hauts-Hommes de l’Évêché.
Dans les Mémoires du dernier siècle , on ap-pelle la journée des Dupes, le jour où le Cardinal de Richelieu découvrit les intrigues de quelquesSeigneurs , & rompit les mesures qu’ils prenoientcontre lui.
JOURNEL, f. m. Jornale , dans la balle Latinité, &dans les titres. Quelques Auteurs appellent jour-
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nel, ce que d’autres nomment journal , ou journau .Foycq ces mots.
JOURNELLEMENT, adv. Tous les jours. Quotidie.Cette fortilication ícra bientôt achevée , 011 y tra-vaille journellement. On lui fait journellement dessacrifices. Bens. Cicéron s’exerçoit journellement àfaire des Harangues. Taleman.
JOUSANT. f. m. Terme de Marine. C’est le refluxde la mer , son mouvement loríqu’elle íe retire , ®& s’éloigne des côtes. uUJias maris , ou maritimirecedentes.
JOÛTE. f. f. Combat à cheval d’homme à hommeavec des lances. Purs hafla certamen. Les fetes &réjouissances des Grands autrefois lé faiíoient pardes joutes & tournois. Il y avoir des prix , & desJuges pour les joutes. Les joutes íe font avec lalance , on jette le dard au tournoi. Les Espagnolsont pris ces exercices des Maures, & les nommentle Jeu de .cannes , parce qu’ils ferirent en tour-noyant des cannes les unes contre les autres, & fecouvrent de leurs boucliers pour les recevoir. (Testle vrai jeu de Troye que la jeunesse Romaine pra-riquoit autrefois. Les Turcs s’y exercent encore àprésent , & e est ce qisils appellent lancer le Gé-rid. Foy. Tournois. La diíïérence des joutes &des tournois consiste en ce que les joutes font desespèces de tournois. On appeloit tournois toutesfortes dc courses & combats militaires qui íe fu-ioient par divertissement & galanterie ; & les joutes
. étoient des combats qui íe faiíoient de près avec lalance & l’épée. Le tournoi fe ífitoit entre plusieursChevaliers qui combattoient en troupe , & la jouteétoit un combat singulier d’homme à homme. Quoi-que les joûtes íe fissent ordinairement dans ies tour-nois après les combats de tous les champions, ií /en avoir cependant qui fe faiíoient feules , indé-pendamment d’aucun tournoi , on les noramoitjoûtes à tous venans , grandes & plénières. Celuiqui paroistoit pour la première fois aux joûtes ,donnoit son heaume , ou casque , aux héros , amoins qu’il ne l’eut déja donné dans un tournoi.
Ce mot vient de juxta , à caufc que les com-battant fe joignoient de près pour fe battre. Sa U-niaise dit qu’il vient du Grec moderne youjlra , ouplutôt AM p *, qui se trouve en ce sens dans Nicé-phore Grégoras , L. X. 3. D’autres le dérivent dcjufia , qui est le nom qu’on a donné dans la basse La-tinité à ces exercices, parce que le combat est plusjuste & plus égal dans la joûte que dans le tournoi-Foyeq le Glossaire de M. Du Gange, au mot jujla.
Les Bateliers, en tirant foison, font aussi des jou-tes avec des lances plates par le bout, pour fe ren-verser dans l’eau.
Joute , fe dit aussi du combat de certains animaux qu’onfait combattre l’un contre l’autre, comme des caiEles , des coqs & des béliers. Boileau a employé ccmot au figuré.
Quand la première fois un athlète nouveau ,
Vint combattre en champ clos aux joûtes du barre# 1 '
JOUTER, v. n. S’exercer à la joûte, combattre ave edes lances , soit à outrance, loir par divertissement-Equeftibus hafiis ludere. Le Concile d’Albi de l’ an12.34, défend aux Clercs de jouter dans les tournoisavec l’écu & la lance.
O11 le dit aussi des animaux. Que dirois-tu, si tUvoyois jouter publiquement des coqs ì Abean.
On 1 emploie au figuré comme synonyme de difp u 'ter j mais dans le style familier feulement. Je crain'drois de joûter contre un íi habile homme.
JOUTEUR, f m. Cavalier qui combat avec la lanc e -Qui certat lanceâ. Il y avoir de rudes jouteurs en ccttcoccasion. Pierre Arrias, surnommé le Jouteur ,des Colonels que le Cardinal Ximenès avoir fait p a ^fer en Afrique, rendit de grands services dans cet»guerre. Flech. Fie de Ximenès , L. III3 P- 3 2 0 \
On le dit aussi figurément des champions qui