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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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sieurs fois précipitamment, & avec volubilité.fiCTL angue, signifie auisi l’aísemblage, ia suite, ouplutôt la totalité des termes & des expressions qui íònten usege, & propres à une nation pour exprimer lespensées par la voix. Le mot d 'idiome est relatif auxvariétés de cette langue dansr les différentes contrées.Le mot de langage , que l’on confond souvent avec, langue, a plus de rapport au caractère de celui quiparle. Langue , ensemble des termes, des expreíiìonspropres à une nation. Idiome , variétés de cette lan-gue générale, ou manière de s'exprimer propre àchaque contrée. Langage , manière de s’exprimerpropre à chaque particulier, selon son caractère, se-lon les intérêts, les paillons qui lc font agir. Lin-gua , sermo. Le caractère de la langue Françoise con-liste dans la clarté, la pureté, la flnelse & la force. Lebut de l’Académie a été de porter la langue Françoise> à sa dernière perfection. Pel. On a infiniment enri-chi la langue dans ce siècle. Bouh. Quelque richeque soit notre langue , elle est encore pauvre & stérileíur bien des choses. Bail.

Outre la connoìiíance qu’il a des langues Greque& Latine, il parle celle de nos voisins, prelque aussi'facilement & auisi poliment que la sienne. Entr.d’Ar. Sc- d’Eug. Vaugelas dans ses Remarques avecles Notes de Thomas Corneille, blâme cette façonde parler, il fait les langues Latine & Greque, & pré-tend qu’il faut dire la langue Latine & la langue Gre-que , ou la Lingue Latine & la Greque. Messieurs del’Académie Françoise, en confirmant la Remarquede Vaugelas, approuvent fur tout la répétition dumot langue. Il fait h langue Latine & la langue Gre-que.

Bayle savoir mieux les langues mortes Sc les étran-gères, que la Françoise, qui étoit pourtant sa languenaturelle. Notre langue est redevable au célèbre LaFontaine, de quantité de mots qu’il a heureusementinventés ou renouvelles. Personne n’a mieux connules richesses & l’énergie de la langue Françoise , &n’en a si bien su tirer parti que Rabelais. Cette obser-vation que je tiens d’un des meilleurs Poètes de cesiècle (M. Rousseau) me paroît fort importante. Ellea été connue, fans doute du célèbre La Fontaine qui enfait un très-bon usage. Nos jeunes Écrivains n’ont qu’àimiter cet exemple, chacun selon son génie, & legenre d’écrire qu’il a dessein de cultiver, Sc ils ver-ront que notre langue n’est pauvre que par la négli-gence de ceux qui ne s’étudicnt point à en découvrirles véritables richesses. M. Côte, Notes fur Mon-tagne.

Quand Segrais affranchi des terres res liens ,Descendit plein de gloire aux champs Elyfens ,Virgile en beau François lui fit une harangue ,

Et comme à ce discours Segrais parut surpris ,

Si je fais , lui dit-il , le fin de votre langue,

C’est vous qui me Vave\ appris. De la Monn.

La multitude des langues est venue de la confusiondont Dieu punit l’orgueil de ceux qui bâtissoient latour de Babel. Les Mahométans font d’accorcl avec lesJuifs & les Chrétiens touchant la confusion & la di-vision des langues arrivées pendant le tems de la cons-truction de Babel. D’Herbelot.

On dispute si Dieu effaça seulement le souvenir dela signification des termes de la mémoire de ceux quiélevoient la tour de Babel, ou s’il leur inspira directe-ment des langues différentes. Scaliger tenoit que lesouvriers oubliant tout d’un coup la lignification desmots, Sc ne convenant plus du nom qu’ils donnoientaux choses, ils nommoienr l’une pour l’autre, quoi-qu’ils parlaífent tous la langue Hébraïque. Casaubonne convenoit point non plus qu’ils cuisent parlé subi-tement divers langages, & selon lui la confusion deslangues n’emporte point du tout l’introductjon d’unemultiplicité de langages differens. Voya? fur la divi-sion des langues, la Dissertation de M. G. David Ziégra,de Confusione Linguarum Bahylonicâ ad Gen. XI. Elle

L A N

se trouve dans le Thesaurus Theologico-Philologicus ,

p.i.pfiâp.' ; *

La Langiie Hébraïque est la plus ancienne des Lan-gues :eì\e est appelée la Langue jainte, parce que c’etoitia langue que parloir le peuple de Dieu, & que la loique Dieu donna à son peuple étoit écrite en cettelangue, aussi bien que la plus grande partie de l’afl-cien Testament.

Hérodote raconte que dans la contestation entre se sEgyptiens & les Phrygiens, pour 1 antiquité de leurlangue, Psamméricus, Roid'Egypte, fir élever deuxenfans, avec défense de prononcer aucune paroledevant eux, afin de huiler parler la nature. Le pre-mier mot qu’ils prononcèrent fut beccos , qui signifiedu pain en langue Phrygienne. Les Égyptiens nevoulurent point déférer à certe preuve. Les Arabescontestent aux Hébreux le droit d’ancienneté ; maisles Juifs jaloux juíqu’à l’excès de l’honneur de leurnation, le vantent que la langue Hébraïque, telle quenous Lavons dans les saints Livres, est la langueprimitive, & celle du premier homme. D’autres pré-tendent que la langue que parloir Adam s’est perdue,& quel’Hébreu, le Chaldaïque & l’Arabe ne fourque des dialectes de cette langue primitive. Bien loinde donner la préséance d’antiquité à la langue Hé-braïque , ils disent qn’Abraham parloir Chaldéenavant qu’il passât l’Euphrate, & qu’il n’apprit la lan-gue Hébraïque que dans le pays de Chanaan. Ainsicette langue n’étoit point une langue spéciale & con-sacrée au peuple de Dieu. C’étoit originairement selangage des Chananéens. Le Cl. La langue Hébraï-que est fort au-délions de la langue Greque, soit pourla fécondité , íoit pour l’élégance, loir pour la clarté :elle est lèche & destituée d’ornemens, & li peu riche >que manquant d’expressions pour varier la phrase, sesmêmes périodes reviennent à tous momens. Leslouanges excessives que les Juifs donnent à leisilangue, font de fausses louanges. Id. Les Rabbins di-sent que c’est à cause qu’elle est si pure & íì chaste,qu’on n’y trouve point le nom propre des partieshonteuses, ni de celles par où on se décharge le ven-tre. L’Arabe est la plus abondante de toutes les lan-gues. Les Grecs appeloient barbares toutes les autreslangues. La langue Laune a été autrefois la langue do-minante.

La langue Françoise a en quelque façon succédé àla langue Latine, & est devenue la langue commune& universelle. V ryey le mot François oc Gaulois ,sur les divers accroiílemens de la langue Françoise'Ce fur fous le régné de Charles le Chauve, quimoit les bcilcs-lettres, où il excella lui-même, Sc 1remplit la France de Savans qu’il fit venir de Gréce &d’Alie : ce fut, dis-je, lotis ce Prince que la lanff 1Françoise commença à se former de la Romance otíde la Latine corrompue , à laquelle elle doit se 11origine. Malherbe avoir long-tems étudié notre l a fgue. Il est le premier qui l’a purgée de cette rounySc de cette cralle de l’antiquité. Huet, Orïg-Caen, c. 2 p.

La. langue Françoise est simple sans baílelse, lsefffans indecence, élégante & fleurie fans fard, wfrtueuse sens faste, harmonieuse sens enflure, déh cí sisens mollesse, & énergique sens rudelse. Gill. É 11 ya point de langue qui soit plus ennemie des éqi llV °ques Sc de toute obscurité, plus grave & plus d 01 . 1 __tout ensemble, plus chaste Sc plus retenue en se s rsecurions, plus judicieuse en ses figures, qui ai m c P ^

1 élégance & l’ornement, mais qui craigne plus *sectacion. Vaug. Non e langue fuit les façons c |5 ffoler baffes, & les proverbes jusques dans lefamilier : elle abhorre les termes ampoulés Sc I e P j abus jusques dans le style sublime. Le bon ( cí l sbienséance, l’accompagnent toujours. Avec * a n .jesté elle est gaie & enjouée en de certaines tfiftres ; mais il y a toujours de l’honnêteté Sc m elTKla segeíse dans se gaieté & dans ion enjouem est j aplaisanteries Sc ses débauches, si j’ose parler __forte , font comme celles de ces personnes °]^\ c sblés, qui ne s’oublient jamais, quelque liberte q u ^