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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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ie donnent. Elle y est en quelque façon plus admira-. e stue dans les grands ouvrages où la matière la fou-jf■ nt > 6c où les choses donnent de la force &c de laignire aux paroles. Elle hait les orneraens excelíïfs,& pour s’exprimer plus simplement, elle voudroitpresque que íes paroles fuifent routes nues. Elle ne separe qu autant que la nécessité 6c la bienséance le de-mandent.

II semble que les Espagnols font dépendre la no-Elelle & la gravité de leur langue du nombre des syl-labes 6c de l’enflure des paroles , 5e qu’ils parlentmoins pour fe faire entendre, que pour fe faire ad-mirer. Ils ont des termes vastes 6e reí'onnans, des ex-pressions hautaines & fanfaronnes, de la pompe 6ede Postentation par-tout. Leur langue n est point pro-pre à peindre les pensées au naturel - , elle fait pourl’ordinaire les objets plus grands qu’ils ne font, 6e vaplus loin que la nature. La langue Italienne n’enflePeut-être pas tant les choses, mais elle les orne 6e lesembellit davantage , 6e ces enrichissiemens 6e ces - or-ueuiens ne font pas de véritables beautés. Les expref-ùons Italiennes si fleuries 6c si brillantes, font com-me ces visages fleuris 6e lardés qui ont beaucoup d’é-c ^rr, & qui n ’ont rien de naturel. Bouh.

Enfin la langue Espagnole relfemble à ces fleuvesdont les eaux font toujours grossies 6e toujours agi-s qui ne demeurent guère renfermées dans leur“t > qui fe débordent souvent, 6e dont les déborde-mens font un grand bruit 6e un &rand fracas. L’Ita-len , est semblable à ces ruiíïeaux qui gazouillentagréablement parmi les cailloux, qui serpentent dansest S ^ lau ' 1£s pleines de fleurs : mais la langue Françoisec °mme ces belles rivières qui, fans être ni lentes,rapides, roulent majestueusement leurs eaux, 6ctoujours un cours égal. Puisque la langue Latine" mur mère commune , ne pouvons-nous pas direencore que ce font trois sœurs qui ont des inclinationsj° r t contraires ; La langue Espagnole est une orgueil-Euíe qui le porte haut, qui se pique de grandeur,qui aime le faste 6c l’excès en toutes choses. La langueItalienne est une coquette toujours parée 6c toujoursmrdée, qui ne cherche qu’à plaire, & qui lé plaîtEeaucoup à la bagatelle. La langue Françoise est uneprude , mais une prude agréable, qui, toute sage 6ctoute modeste qu’elle est, n’a rien de rude ni de fa-rouche. Bouh. Il faut prendre garde qu’on n’énerve,qu on ne rende la langue barbare, en la dépouillant' tout ornement, fous prétexte de la rendre plus na-turelle. S. Evr. Il est aussi impossible de fixer la lan-gue Françoise,, qu il est impossible de fixer l’humeurFrançoise. S. Evremont. Pasquier a fait des recher-ches de l’origine de la langue Françoise. Ménage,ouhours , Vaugelas , ont fait des remarques íur la\? n S Ue > pour enseigner la pureté, les finefles, les dé-tcateiles Sc les vices de la langue. Ce n’est pas uneouange de bien savoir fa propre langue , mais c’esttue honte de ne la savoir pas. Port-R. On emploiec Apprendre les langues le tems même destiné à enmte usage. La Br. Le nécessaire d’une langue nep u te guère, mais les délicatesses font difficiles. Lem De M. Nos vieux Poètes faisoient de la languej° Ut cc qu’il four plaifoit, Sc l’alfujétifloient à touseurs besoins 6c à tous leurs caprices. G. G.

S t f

s r to ut qu en vos écrits la langue révérée ,

ans v °s plus grands excès voussoit toujours sacrée.

Boileau.

II

- . y a dans le II Tome de l’Hist. de Btet. p■ S • &/fv. lme éclaircissement fur la langue Bretonne, ou101 T 1 Ptouve q ue c - e st 1 ancienne langue des Celtes.

La langue Chinoise n’a aucune analogie avec to -les ceiles qui ont cours dans le monde. Cette laylle contient que trois cens trente mots ou environ,t , 0Us dune syllabe , ou qu’on prononce au moinsû u ne manière si serrée, qu’on n en distingue prelqucJamais qu’une. Ce peu de mots ne fuffiroit pas, H,°'V 1>av oit trouvé l’art den multiplier le feus par lesàren8 accens csu’on leur donne. Ainsi la langue.

Tome V.

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Chinoise, quand on la parle exactement, est une es-pèce de Muiique, Sc renferme une véritable harmo-nie qui en fait l’elfence 6c le carectère particulier. Ify a cinq tons qui s’appliquent à chaque parole, selonle sens qu’on lui veut donner : le premier est uneprononciation uniforme , fans élever ou baisser , lavoix, comme lì l’on continuoit durant quelque temsla premiete note de notre musique. Le second élevela voix notablement plus haut; le troisième est très-aigu : dans le quatrième de ce ton aigu, on descendtouc d un coup a un ton grave. Dans le cinquième,on pafle encore à une note plus profonde, si l’onpeut s’exprimer ainsi, creusant Sc formant une espècede basse. Par cette différence de prononciation de333 mots, on en fait 166 s. Outre cela on peut pro-noncer uniment, ou aspirer chaque parole, ce quiest fort ordinaire, Sc qui augmente encore la languede la moitié. Quelquefois on joint ces monosyllabesensemble : souvent une phrase entière, selon qu’ellesuit, ou qu’elle en précède une autre, a un sens tout-à fait contraire ; de forte qu!il est aisé de voir que cettelangue si pauvre, si serrée en apparence, ne laisse pasd’êrre en ester fort riche 6c assez étendue pour s’expli-quer facilement. Voyeq le P. Le Comte , Nouv.Mém. de la Chine , T. I.p. j 6 p &suiy.

On divise les langues , en langues matrices Sc origi-nelles, comme font 1 Hébreu, l’Arabe en Orient; léTeuton, le Sclavon en Occident, 6c en langues déri-vées. Kirlcer dit que la langue Cophte est auffi unelangue mère, Sc indépendante de toutes les autres.Du Jon tient que la langue Gothique est la mère detoutes les langues Teutones; c’est-à-dire, de toutes leslangues qu’on parle dans le Septentrion. Le Basque 6cle Bas Breton font tenus auffi pour langues matrices ,qu’on croit être celles des anciens Celtes ou Gaulois.Les langues dérivées font celles qui font mêlées dulangage de plusieurs peuples voisins qui ont eu com-merce ensemble, comme le François, l’Italien , f Es-pagnol. Il y a une longue Franque qu’on entend partoute la Méditerranée. Voye\ Franque. Gcfmr àfait un Traité qu’il appelle Mithridate , de la diffé-rence des langues anciennes Sc modernes, mortes ouvivantes, pour faire voir en quoi elles s’accordent oudiffèrent, 6c pour les apprendre en particulier , ouformer une langue universelle de leur mélange. On aappelé langue Thyoife, ou langage Theut-Franc , ouFranc-Theut , un François mêlé d’Allemand, qui feforma quand les François entrerent dans la Gaule. Ondit que la langue des Goths fait le nom de Languedoc.D’autres disent que cela vient de langue de oc , quiveu dire oui, pour la distinguer de celle des peuplesvoisins, où l’on difoit ofo'ou oil. En effet, on trouvéplusieurs titres où font ces paroles, tant en langued’oc, quen langue d!oil, Sc il n’y a guère plus de 1 joans qu’on a ceflé de faire cette distinction : on -ditencore en Agenois hoc, pour dire ouï. Scaliger ditqu’en France il y a trois langues , Sc que ceux qui lesparlent ne 5'entendent point les uns les autres, leBasque, le Breton 6c le Romain ; que le Romain estdivisé en langue Tortue & langue Françoise ; qu’iln’y avoir autrefois en France que deux Gouverneurs,Princes du sang, l’un à Paris pour la langue Fran-çoise, l'autre à Montpellier pour 1a .langue Tortue.On appelle langues mortes, celles qu’aucun peuplene parle plus, qui ne subsistent que dans les Auteurs ,Sc qu’il faut apprendre par les réglés de la Gram-maire , comme l’Hébreu, le Syriaque, le Chaldeen,le Latin Sc le Grec. Les langues vivantes font cellesqu’on peut apprendre par la fréquentation des peuplesqui les parlent. L usage est le tyran des langues vivan-tes. Il y a des gens qui ont prétendu faire une langueuniverselle. La langue maternelle est celle du pays oùl’on est né.

Les langues savantes font celles qui ne subsistentplus que dans les livres, Sc qu’il fout apprendre si l’onveut devenir savant; le Latin, le Grec, l’Hébreu, seChaldéen, le Syriaque, le Samaritain , l’Arabe mê-me. Les langues vulgaires font celles qui fe parlentà présent. Les langues vivantes font les mêmes que