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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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Sc de combiner l’uri Sc l’autre en une infinité de sens,est pour les Chinois un mystère inconnu. P. L tComte. Au lieu d’Alphabeth, ils se sont servis aucommencement de hiéroglyphes. Ils ont peint aulieu d’écrire, & par les images naturelles des chosesqu’ils formoient íur le papier, ils tâchoient d’exprimerôc de communiquer aux autres leurs idées. Ainsi ,pour écrire un oiseau, ils en peignóient la figure; &pour signifier une forêt , ils représentoient plusieursarbres, un cercle vouloir dire le soleil, & un croissantla lune.

Cette manière d’écrire étoit non seulement imparfaite , mais encore très incommode. Outre qu’onn exprimoit qu’à demi ses pensées , ce peu mêmequ’on exprimoit, n’étoit jamais parfaitement conçu,Sc il étoit impossible de ne s’y pas méprendre. Deplus, il falloir des volumes entiers pour dire peu dechoses, parce que la peinture occmoit beaucoup deplace. Ainsi , les Chinois changèrent peu à peu leurécriture, 8c composèrent des figures plus simples,quoique moins naturelles : ils en inventèrent mêmeplusieurs, pour exprimer des choses que la peinturene pouvoir représenter, comme la voix, l’odeur, lessentimens , les passions & mille autres objets quin’ont ni corps , ni figures. De plusieurs traits impiesils en firent ensuite des composés, & de cette manièreils multiplièrent leurs caractères à l’infini, parce qu’ilsendeisinoient un., & même plusieurs, pour chaquemot particulier.

Cette abondance de lettres est , à mon íëns, lasource de l’ignorance des Chinois, parce qu’ils em-ploient toute leur vie à cette étude, & qu’ils n’ontpresque pas le tems de songer aux autres sciences,s’imaginant être allez savants quand ils savent lire.Cependant il s’en faut bien qu’ils ne connoissent tou-tes leurs lettres. Csost beaucoup quand, après plu-sieurs années d’un travail infatigable, ils en peuvententendre quinze ou vingt mille.

Le commun des Lettrés se contente encore demoins, & je ne crois pas que jamais aucun Docteuren ait su parfaitement la moitié; car on en compteplus de quatre-vingt mille. Pour ce qui est des étran-gers , on ne fauroit croire le dégoût que leur donnecette étude; c’est une croix bien pesante que d’êtreobligé pendant toute sa vie ( car ordinairement ellen’est pas trop longue pour cela ) de se mettre dans la Itête cette astreuse multitude de figures, Sc d’être ton- |jours occupé à déchiffrer des hiéroglyphes imparfaitsqui n’ont presque aucune analogie avec les chose

qu’ils signifient. On ne trouve ici aucun attrait commedans nos sciences d’Europe, qui, en fatiguant, ne1 aillent pas d’attacher agréablement Pesprir. P. le•Comte.

Parmi ces caractères, ou lettres Chinoises, il y ena qui ne font presque plus d’usage, 8c on ne les con-serve que pour faire honneur à Pantiquité. Les se-conds , beaucoup moins anciens, n’ont place que dan:les inscriptions publiques; les troisièmes, beaucoupplus réguliers & plus beaux, fervent dans 1 impres-sion Sc même dans Pectiture ordinaire ; néanmoins,comme les traits en font bien formes, il faut un temsconsidérable pour les écrire, c’est pour cela qu on aTrouvé une quatrième espèce d’écriture , dont lestraits plus liés & moins distingués les uns des autres,donnent la facilité d’écrire plus vite. On la nommepour cela lettre courante. P. Le Comte.

Les Américains n’avoient point de lettres avant ladécouverte de l’Amérique. Les Acaanibas gravent furdes pierres Sc des métaux leurs événemens extraordi-naires & leurs époques. Les chansons suppléent aureste. Au Chili, pour tenir compte de leurs trou-peaux , Sc conserver la mémoire de leurs affaires par-ticulières , les Indiens ont recours à certains nœudsde laine qui, par la variété des couleurs & des replis,leur tiennent lieu de caractères Sc d’écriture. La con-noistànce de ces nœuds qu’ils appellent Quipos , estune science & un íecret que les pères ne révèlent àleurs enfuis que lorlqu’ils se croient à la fin de leursjours; Sc comme il arrive souvent que faute d’esprit

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ils n’en comprennent pas le mystère, ces fortes denœuds leur deviennent un sujet d’erreur & de Pd’usage. Frézier, Voyage k la mer du Sud, f- ,CAu Pérou, ils se servoient aussi de nœuds qu’ih 2soient sur une corde. Mém. de Trév. 17op3 P a S'~1601. Cependant, les Espagnols trouvèrent au coinmencement, près'de la ville de Tiguamac, une statd’or chargée d’inscriptions en certaines marques, stpersonne ne put expliquer. Histoire de la Comp a B ní .de Jésus, T. IV, L. II , n. 14.3. Les Sauvages de »Virginie gravent certaines lignes Sc figures fur l eU _arcs dans leurs expéditions militaires & leurs v °^ges, & fur des bâtons qu’ils portent avec eux.mettent des monceaux de pierres aux lieux où le*données de grandes batailles, accumulant autantpierres qu’ily a eu de soldats tués íur la place. J° ur 'des Sav. 16S1 , p. 7/. ■

Lettres moulées, ou écrites à la main. Les Ir n P rmeurs les distinguent en lettres capitales, majuícUR 5 *initiales, pour servir aux titres Sc aux noms propí eS '& selon la grolïeur des caractères, en gros canon,petit canon, gros & petit parangon, gros romain»saint augustin, cicéro, jusqu’à la nompareille, q uJ sola plus petite. Ils appellent aussi lettres grises , ou Wtoriées, celles qui sont gravées fur dubois avec st^ ^que ornement, comme les vignettes dont ils fevent au commencement des livres ou des chap ltlqui ont été substituées aux lettres enluminées des n-nuferits. «p

Le Roi Chilpéric voulut transporter dans notre Aphabet François, toutes les lettres doubles des Gt cC ^’afin qu’on pût représenter, sous un seul caractère» ,.jth, ch. ,ph, cs, Sc ps, ce qui fut en usage tant st uregna , comme on apprend dans Grégoire de T° u __Les Auteurs qui ont écrit des lettres, sont Terensnus Maurus, Antoine de Nébriffe, Malinkrot, vsius Sc Dom Lancelot cn fa nouvelle Méthode. . ^recommande à ceux qui apprennent à écrite, de Psonner leurs lettres. Lettres bien nourries, sont cedont les traits Sc les jambages sont proportionnespleins. Lettres, pu jambages de lettres maigres,trop maigres, lont des lettres dont les jambagestrop menus, trop déliés par rapport à leur longue(Eil de lettre. Lettres finales des Hébreux, des A r

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les

Lettres , fe dir aussi des caractères inconnus st ucroit servir à signifier quelque chose. On dit qu e ‘Vchinois ont 80 mille sortes de lettres , ou de cas■res, qui font comme autant de hiéroglyphes. Chast glettre chez eux lignifie un mot Sc fe prononce ensyllabe. Ils écrivent avec des pinceaux, & ils ontlettres qu’on ne trace qu’après 20 & même 24 f ^de pinceau. On voir encore des lettres hiérogyP ^ques fur les obélisques venus d’Egypte, où l’on 11rend rien. j £S

Lettres Numérales. C’est ainsi qu’on appen^ff-lettres dont les Romains le servoient pour l cUssC /2tf -fres, & que nous avons prises d’eux. Cesméroles font sept. C, D, I, L, M, V, X.

de

ces lettres numérales des Romains fe trouvent

mees si vous faites un cercle Sc le diviíez parlignes, une tranlverlale, Sc l’autre perpendiculi® 11 ' »st^i viennent à fe croiser en droiture par le centre.ìfa Les lettres uniques Sc capitales. Les Romains sservoient pour exprimer un mot entier. Par exefiipces quatre lettres S. P. Q. R, signifioient Senatu ’Populusque Romanus. Les huit lettres suivantes »

. 1 ; Q* M. E. A , contiennent la formule de ^

tion reelle, Hanc ego rem jure Quíritumaio.

$ 3 “ Dans les alíèmblées du peuple , lorsqu un ^ ^

gistrat proposoit une loi qu’il avoir cnV3£ \J c i-

faire palier, chacun en rentrant recevoit deux ta

- R, oe

tes

íur l’une defquelies étoit un V Sc un j e nG1 autre la lettre A. Les deux lettres V & R [el-

uti rogas , soit fait ainsi que vous le désirez, cA signifioit antiquo, je rejette

tre

ndinai.es.

■ETTRES Nulttre Dominicale , est la lettre rouge

Voyez NundinAX.es.

11-, Ht-ri-p ì-ouae dei-o*

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