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tirer eux mêmes , par de fausses interprétations , danstoutes leurs idées particulières. Ils parlèrent de laDivinité , connue si cen’eût été que la Nature mème ;c’est-à dire , cette force ou cette vertu naturelle quiproduit, qui arrange, qui conserve toutes les partiesde 1’Univers. C’est, disent - ils, un principe très-pur , très-parfait, qui n’a ni commencement ni fin ;c’est la source de toutes choses, l’eísence de chaqueÊtre, 8c ce qui en fait la véritable différence. Ils seservent de ces magnifiques expressions , pour ne pasabandonner en apparence les Anciens ; mais au fondsils se font une nouvelle Doctrine, parce qu'ils lesentendent de je ne sais quelle ame insensible dumonde , qu’ils se figurent répandue dans la matière,où elle produit tous les changements. Ce n'eíl plusce Souverain Empereur du Ciel, Julie , Tout puii-sant, le premier des esprits , & 1 Arbitre de toutesles créatures : on ne volt dans leur Ouvrage qu unathéisme raffiné, & un éloignement de tout cultereligieux.
^ Cependant soit qu’ils ne voulussent pas se décla-rer entièrement, soit qu’ils se fullent expliqués enternies plus forts qu’ils ne pensoient, de temps entemps ils parlent]du ciel comme les Anciens,&: ils don-nent à la Nature presque toutes les qualités quenous reconnoilsons en Dieu. Ils souffrirent mêmevolontiers les Mohométans, parce qu’ils adoroientcomme eux , le maître & le Roi du Ciel. Pour lesautres Sectes, ils les persécutèrent à outrance , 8con prit à la Cour la résolution de les abolir dans toutel’étendue de l’Empire.
Mais plusieurs raisons en détournèrent ; les principa-les furent, que parmi les Savans mêmes, il y en avoir/plusieurs d’opinion différente , & imbus de l’an-cienne idolâtrie : déplus, que tout le peuple étoitdéclaré pour les idoles ; desorte qu’on ne pouvoirrenverser leurs Temples, fans exciter des troubles.Ainsi l’on se contenta de les condamner en généralcomme des hérésies, ce qu’on fait encore tous lesans à Péking , sans se mettre en devoir d’en arrêterefficacement le cours.
Ces nouveaux Livres composés par tant d’habilesgens , & approuvés par l’Empereur même, furentreçus avec applaudissement de tout le monde. Ilsplurent à quelques uns , parce qu’ils détruisoienttoutes fortes de Religions, & ce fut le plus grandnombre. D’autres les approuvèrent, parce que lepeu de Religion qu’ils y trouvoient , ne leur dorinoitaucune peine à pratiquer. Ainsi se forma la Sectedes Savans, ou comme on parle souvent, la Sectedes Lettrés , desquels on peut dire , qu’ils hono-rent Dieu de bouche & du bout des lèvres , parcequ’ils répéteur continuellement qu’il faut adorer leciel 6c lui obéir-, mais leui;, cœur en est fort éloigné,parce qu’ils donnent à ces paroles un sens impie,qui détruit la Divinité , & qui étouffe tout senti-ment de Religion. Voye\ encore le P. Couplet dansson Consocius ; Pro&mlali Declaratione , §. j.
Ce nom s’est donné aux Savans de la Chine,parce que les premiers qui ont écrit de cet Empire ,sont les Portugais & les Espagnols , qui appellentLetrado , un Docteur , un Savant, un homme deLettres ; & qui ont" appelé Letrados , les Savans de laChine.
LETTRIER. f. m. Vieux mot. Inscription.
LETTRIN. Voye\ Lutrin.
LETTRINE, s. f. Terme d’Imprimeur. Litterula. Leslettrines sont de petites IcttreS que l’on met au-deílus ou à côté fKF d’un mot pour renvoyer leLecteur à la marge ou au commentaire où il en doittrouver l’explication.
On appelle aussi lettrines dans un Dictionnaire ,les lettres majuscules qui sont au haut d’une pagepour indiquer les lettres initiales des mots qu’ellecontient.
LETTRISÉ , ÉE. adj. Poëme lettrifé , ou Ver s lettri-se's. Ce sont ceux dont tous les mots commencentpar une même lettre. On appelle autrement ceslortes d’ouvrages Tautogrammes. Voy. ce mot.
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LEU. f. m. Vieux mot qui se disoic autrefois P°j irloup. Lupus. Cc mot Leu , se dit encore e» D~cardie , & en d’autres lieux , au même sens. v -' ndit encore populairement ; c’est un vieux Af 3pour signifier un maître homme , un homme D 1 ’rusé. c’est encore de-íà qu’on surnomma autrefmP d de leu , un noble nommé Raoul ; parce si u 1portoit une veste de peau de loup. Voy. Du Cang e >dans ses Notes fur l’Alexiade, p. 240.
Leu. 1 . m. Nom d’homme. Lupus. Leu , que P IUsieurs prononcent auílî Saint Lou , 8 c que plusieU rsécrivent Loup , étoit fils de Letton, allié à kmille Royale. Il naquit dans le Diocèse d’Orleam»il fut élevé à l’Evcché dc Sens en 609 , & moU llli:en 623.
LEVADIA , ou BADIA. Nom d’une petite ville ?la Livadie , en Grèce. Lebadia , Lebadea. Elle c 1près de la rivière de Céphií'e , & du lac de Théc cSjou Stives, à quinze lieues de la ville de ce n° in ’vers le couchant. Maty.
LEVAGE, f. m. Terme de Coutumes, Dans l’Aifi 0 ^& dans le Maine , le levage est un Droit appartenusau Seigneur Justicier : il íe leve fur les denrées si lI lont séjourné huit jours en son ries, & y ont1 vendues & transportées ailleurs ; c’est Lachetem' si ^payé ce Droit au Seigneur. Exagogìcum. Levage Vaulìì dans les mêmes Provinces un Droit qui est Vau Seigneur Justicier , pour les biens de íés sujets sisvont demeurer hors de son fief. Ce Droit ne c '° ■pas excéder cinq sous. r ,
# 3 * LEVAIN, f. m. Fermentum. C’est la même efimque ferment , avec cette différence que levdest plus de Lufage ordinaire, & ferment du style didatique. De plus, le mot de levain se prend danssens figuré ; au lieu que le mot de ferment neprend que dans le sens propre. On entendtoute matière capable de causer un gonflement 0une fermentation dans un corps auquel on l’dffpore ; comme il arrive dans la pâte dont on veut if 1le pain , qu’on fait lever & fermenter en y m e * 3 ^un morceau de pâte aigrie de la fournée P íCCC £dente. L’huile de tartre est un levain qui faitprompte fermentation , quand on la mêle avec 1 cprit de vitriol-, cc qui arrive généralement à tonsacides mêlés avec les alkalis. j £
Ce mot vient de levanum à levando parce si uelevain fait lever la pâte. Voye\ Ferment. a ^Levain , de Boulanger. C’est un morceau de P 3te J r ,grie , ou imbibée de quelque acide , qui fait 1 £V * j ’enfler & fermenter l’autre pâte avec laquelle 0,1 1mêle; & en ce cas, il s’appelle Franc-levain • O" ..on y mêle cîe'l’écume de bière, il s’appelle ^ eVLe pain ordinaire est .fait avec du levain. L e ?‘ (tqui doit être consacré est sans levain. Panisnon fermentatus. Souvent ceux qui cuisent en ^°j £l iremprunter un levain citez leur voisin pour fa ,r y Jepâte. Voye^ sur le levain , le Traité de P rj }M. de la Mare , T. L, p. jdo & fàv., &p. S14 & 81 s. . ioe de
§3 Levain , se dit par extension d’un p 1 ' 111 Vj,. S àcorruption , d’une dispositiori des humquelque maladie prochaine , d’une mauvai e ^ £lìClité qu’elles contractent , & qu’elles c( J naprès les maladies. Il y a des maux qui ne I e f v , a in-sent jamais si bien, qu’il n’en reste'qtielqU e ^
On ne peut guérir la fièvre qu’engéant le levain qui entretient la mauvarqui la cause. a 0 n^ c 3
Le v ain , se dit ffsp encore du dissolvant de f ^pinenS-par le moyen duquel se fait la digestion d £S ‘ llt kDe mauvais levains dans l’cstomac coir0 ^. va ise di'masse des alimens , & procurent une magestion. e lle etl
ifF Ce mot s’cmploie aussi au figure. On f? s } s cThéologie le levain du péché. Peccati j
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