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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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Lingua , tropus , ratio , numerus , tonus , angu-lus , astra.

Et les Arts mécaniques dans ce vers :

Rus, Nemus t, Arma 3 Faber 3 Vulnera , Lana,Rates.

fjCTOn a dit autrefois, & le peuple dit encore, libéralpour libre , dans cette phrase, libéral arbitre, pourlibre arbitre . Voy. Libre Sc Liberté.

LIBÉRALEMENT, adv. D’une manière libérale. Libe-raliter , prolixe, munificè. Dieu récompense libérale-ment les bonnes œuvres. Il faut savoir donner libé-ralement Sc prudemment

LIBÉRALES, s. f. Terme de Mythologie. Nom d’unefête que les anciens Romains celebroient a 1 honneurde Bacchus. Liberalia. Les Libérales sont les mêmesfêtes que celles que les Grecs appeloient Dionysia-ques , ou Dionysis. Voye £ ces mots. On lesnommoitauffi Agonies. Elles se célèbroient le dix-septième deMars.

Ces fêtes prenoient leur nom de celui de Liber,c'est-à-dire,libre, que l’on donnoit à Bacchus , ouen mémoire de ce qu’il avoir donné la liberté auxvilles de Béotie, Sc les avoir fait villes libres j oùparcè que le vin dont il étoit le dieu, délivre defoins , Sc met l’esprit en liberté. Saint Augustin en ap-porte une autre raison, au sixième Livre de la Citéde Dieu, C. p. M. de Cériziers dit Liber, dans faTraduéfíon de ce Livre de Saint Augustin , retenantce mot Latin. Voye\ fur ce nom Voíîius, de Ldol.L. LL. c. 7 p. Varron dérive le nom de cette fête dumême mot liber considéré comme un nom adjectif,qui veut dire libre , parce que les Prêtres étoientlibres de leurs fonctions , dégagés de tous soins,au temps des Libérales ; en effet, c’étoit de vieillesfemmes qui faifoient les cérémonies Sc les sacrificesdes Libérales.

LIBÉRALITÉ, f. f. Vertu morale qui tient le milieuentre la prodigalité & L avarice ; vertu de celui quifait donner quand il faut , & fans intérêt ; qui nedonne ni trop , ni trop peu. Libéralitas. $éT La libéra-lité , dit la Bruyere, consiste moins à donner beau-coup , qu’à donner à propos. C’est une vertu impra-ticable à ceux que la fortune ne favorise point : elledeviendroit imprudence à leur égard. C’est la vertudes âmes nobles Sc généreuses : elle a je ne fais quoid’héroïque : mais avec tous ces beaux mouvemens,elle devient ruineuse , elle dégénéré en prodigalité,dès qu’elle est excessive Sc peu judicieuse. Il est difficilede définir jusqu’où peut s 'étendre une juste libéralitéíâns être prodigue. La libéralité est une des vertusqui brillent le plus , Sc une des plus estimables,quand ellen’est pas le fruit de la vanité, de l'ostenta-tion , de la politique, Sc de ce qu’on appelle décenced’étaf. Les gens vains ne font point de libéralités obs-cures : ils n’en font que d éclatantes. Ce qu on donneainsi ne peut s’appcler libéralité. Malheureusementce qu’on nomme libéralité 3 n’est le plus souvent quela vanité de donner. La Roc».

$GTLa libéralité est précisément l’oppose de ce qu’onappelle communément avarice , Sc pour mieux esti-mer cette vertu , il faut considérer la laideur Sc lesbalsestès de l’avarice. Nous avons déja dit qu’il nefalloit pas confondre la libéralité avec la prodigalité ,qui paroît avoir quelque rapport avec elle. La pre-mière donne avec choix , avec discernement, toutce qu’il faut, ni trop , ni trop peu. L’autre répandavec profusion , fans jugement, fans égard aux cir-constances. Elle devient ruineuse , parce qu’elle est■«excessive Sc mal conduite. Il ne faut pas non plusconfondre la libéralité avec la générosité qui est unevertu encore plus admirable. Elle comprend l’huma-nité & la bienfaisance : elle nous fait sacrifier nos pro-pres intérêts Sc accorder aux autresau de-1 à même dece qu’ils pourroient attendre de nous. Ce ne feroitqu’autant que la générosité se. trouyeroit restreinte -à

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ndre le

un objet pécuniaire , qu’elle pourroit prêtnom de libéralité. Voye\ Générosité.

03” Nous avons dit que la libéralité étoit gratuite : & 0!1Lavoir cru telle julqu’à Epicure. Cette venu qui P a 'roît si désintéressée dans son nom, ne l’est poinGselon lui, dans ton principe. Elle a un intérêt com-me toutes nos autres affections , un intérêt peut êtreun peu plus fin , mais elle en a un. Elle donne, llUlSpar le seul motif de sa propre satisfaction : elle ouvreses trésors, mais pour acheter des amis, ou des cour-tisans : elle fait du bien, mais plutôt pour se i‘ uieplaisir à elle-même , que pour en faire aux autres»Peut-on raisonnablement lui rien demander de pl llS?Il n’y a que le plaisir qui puistela déterminer à répon-dre ses bienfaits. L’amour de l’honnête, la confiss 11 "tion de l’humaniré, le désir de réparer par ses lar-gesses la distribution inégale des biens de la fortune,la loi de l’équité naturelle sont par eux-memes ss smotifs trop foibles pour obtenir ses faveurs.fCí Ce principe fait tomber les inclinations de lam eles plus nécessaires dans la société pour cimenternotre union. Que par une révolution d’humeurs,qui n est que trop ordinaire dans tous les homines , ' splaisir que nous trouvions a faire du bien, vienn eà cesser tout à coup : que l’objet le plus digne de n» sdons par son mérite, ou par ses besoins , ait le mal-heur de nous déplaire, adieu notre libéralité. Pb |Sde bienfaits, plus de grâces, plus de secours à esperÇ 1d’elle. La source en est tarie avec le plaisir qui stfaisoit naître : & il faudra que par un second caprj cede l’humeur, le plaisir renaisse pour lui rendre so?premier cours. Il n’y a point d’avare qui ne pum edevenir libéral de cette manière. On en a mêstj efait un elpèce de proverbe. Il n’y a, dit-on, qu’à ' esavoir prendre dans ses belles humeurs : il donnesauffi volontiers, il donnerad’aussi bonne grâce qu ’ 1 ” 1Titus, pendant qu’il aura plus de plaisir à donner q u 3garder ion argent. Alors ce n’est pas un fleuve q ” 1coule ; c’est un torrent qui déborde : mais aussi à j?manière des torrens , qui n’ont qu’une source po-tagère, sa libéralité, qui n’a point d’autre soute?que le plaisir , te trouvera bientôt à sec. Ainsi le íyterne de l’amour intérelïè peut bien faire des avares 0 ”des prodigues, mais jamais ce qu’on appelle un honim 6libéral qui doit avoir des principes stables, fermes Sc h 1 "dépendans d’un motif auffi variable que le sentiment’|C?Ce même principe tend encore à justifier l'ingrati-tude , le plus odieux de rous les vices. Vous m’avç 2fait du bien, diroit un ingrat à son bienfaiteur Épi-curien, je l’avoue: mais vous n’avez rien fait p 01iímoi dont vous n’ayez été vous même le premier objet*c’est votre plaisir seul qui vous y a déterminé, cornrssle motif nécessaire de toutes vos actions. Ce plaiss 7dont je vous ai fourni la matière, vous a donc pfí 6par avance une partie de vos bienfaits. J’en ai porté a 1 *fond du cœur une reconnoiffance très-sensible P cl1dant que le plaisir m’en a donné : il ne m’en donssplus. Qu’avez-vous à me demander ? J’ai suivi,me vous, la loi de la nature. Si vous m’avez faitbien avec plaisir , je l’ai reçu avec plaisir ; Sc si so P 1 ^sir que vous aviez à m’en faire est un bienfait’.cplaisir que j’avois à le recevoir est auffi une recoin 101lance. Me voilà donc parfaitement quitte à voUégard : Sc si, comme vous me Lavez tant de 10protesté, vous aviez plus de plaisir à me faire c ^grâces, que je n’en avois à les recevoir, vous udevez même du reste. ,

Libéralité , se dit quelquefois de la chose dor> 0 e ^Largitio. Les Epitres Dédjcatoires attirent peu 0vent des libéralités. Les libéralités des Amans 0 ,autant de séductions. M. Esp. On dit que la libeWen amour accourcit bien le chemin. Ces ° rn ‘j!?/...de 1 Eglise sont des libéralités de nos Rois. Les h e ^lites de Céíar étoient des corruptions pour ac eles suffrages du peuple ; ou des récompen-es E .payer ceux qui l’avoient fervi. S. EvR- Ç’ e ^, une fnaesme fausse dans toutes ses vertus, Sc intéresse fi 1 ^ crdans ses libéralités. Id. On dit que Rhodope t p oNT .une pyramide des libéralités de sos Amans. LA