Band 
Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
Seite
510
JPEG-Download
 

Jio L I B

lernent vaincre. L’ame raisonnable est feule née avecla liberté. Les brutes n’agistênt point avec liberté ,avec connoiffance Sc par élection. Cicéron définit laliberté en Payen : la puilîânce de vivre à fa fantaisie,Sc fans aucune cause ou empêchement qui nous con-traigne à faire une chose plutôt qu’une autre. La Doc-trine de Pelage sur la liberté , étoit appuyée par laPhilosophie, qui ne peut íouíhrir que la liberté de fairele bien soit atténuée & affaiblie en nous; & elleétoit fortifiée par l’orgueil de Pesprit humain, quiveut qu’on soit maître de son salut. Comment croireque Dieu soit tout puissant sur la volonté de f hom-me comme sur tous les autres êtres ; Sc que la libertéde l’homme soit inviolable? Saint Augustin avouequ’il ne fait point expliquer l’accord de ccs deuxvérités ; mais qu’on ne doit pas moins les croire.JÎCJ'Non feulement la volonté agit toujours avec spon-tanéité, c’est-à-dire de son propre mouvement, deson bon gré , Sc par un principe interne ; mais en-core ses déterminations sont pour l’ordinaire accom-pagnées de liberté.

SpTLa liberté est cette force de l’ame par laquelle ellepeut íe déterminer & agir avec choix, félon cequ’elle juge le plus convenable. Burlam.

La volonté Sc la liberté étant des facultés de l’ame,ne peuvent être aveugles, ni destituées de connois-sances ; elles supposent toujours l’opération de l’en-rendemept. Quel moyen en esset de fe déterminer,ou de suspendre ses déterminations, & de se tournerd’un côté plutôt que d’un autre, li l’on ne connoîtpas ce que l’on doit choisir ? II est contraire à la na-ture d’un être intelligent, d’agir fans intelligence Scfans raison. Cette raison peut être légère & mauvaise;mais elle a du moins quelque apparence , quelquelueur, qui nous la fait trouver bonne pour le mo-ment. Des qu’il y a du choix , il y a comparaison d’unparti à un autre ; Sc qui dit comparaison, dit toujoursune réflexion, du moins confuse, Sc une sorte dedélibération, quoique prompte & imperceptible , surle sujet dont il s’agit.

ffcF Le but de nos délibérations c’est de nous procurerquelque avantage. Car la volonté tend en général aubien , c’est-à dire , à tout ce qui est propre à nous ren-dre heureux , ou du moins qui nous paroît tel. Desorte que toutes les actions qui dépendent de l’hommeSc qui ont quelque rapport à son but, sont par celamême soumises à la volonté.

La liberté a pour objet le bien, comme la volonté;mais elle a moins d’étendue par rapport aux actions ;car elle ne s’exerce pas dans tous les actes de la vo-lonté , mais seulement dans ceux que l’ame peut sus-pendre ou tourner comme il lui plaît.

T Nous ne saurions douter que nous ne soyons libresdans nos déterminations par rapport au bien Sc aumal. Pour nous en convaincre , il ne faut pas sortirde nous mêmes. Il est fur qu’à l’égard du bien 6c dumal, en général Sc considérés comme tels, nous nepouvons proprement faire usage de la liberté, puisque Inous sommes entraînés vers l’un par un penchant in-vincible , Sc détournés de l’autre par une aversion na-turelle & insurmontable. Nous sommes faits de ma-nière que le bien nous attire nécessairement, au lieuque le mal, par un esset opposé, nous repousse, pourainsi dire, & nous écarte. Mais cette tendance vers lebien, & cette aversion naturelle pour le mal en géné-ral, n’empêchent pas que nous ne demeurions libresà l’égard des biens Sc des maux particuliers ; Sc quoi-qu’on ne puisse s’empêcher d’être sensibles aux pre-mières impressions que les objets font fur nous , l’on. íi’est pas pour cela invinciblement porté à recher-cher ou à fuir ces objets. On peut toujours examinersi le bien qu’on fe procurera , en faisant une chose ,ne sora pas suivi d’un mal : on peut délibérer Sc cal-culer , pour prendre le parti le plus lûr. Er non feu-lement l’on peut, par un effort de raison, se priverd’une choso dont l’idée nous flatte agréablement;mais l’on peut même s’exposer à une douleur ou àun chagrin que l’on appréhende, & que l’on voudroitbien pouvoir éviter, si des considérations particulières

L I B

ne noús faisoiem résoudre à le supporter.fjjCF L’exercice de la liberté ne paroit jamais plus que dansles choses indistérentes. Je sens, par exemple , q u 1dépend tout à fait de moi de tendre ou dc retirer ^main, de rester alsis ou de me promener, de dMger mes pas à droite, ou à gauche. &c. Dans ces occasions ou l’ame est entièrement laiflée à elle-menr-,soit par le défaut de motifs extérieurs , soit par 1 °Pposition , Sc pour ainsi dire, l’équilibre de ces moti» *on peut dire que si elle fe détermine à quelque p artl »c’est par un pur ester de ion bon plaisir, ou de 1pire qu’elle a íur fes propres actions. La preuve de aliberté qui fe tire du sentiment intérieur, est fupetieU^à tout, Sc produit la conviction la plus ïnu íriC 'Chacun sent qu’il est bien le maître de marcher ° ade s’asseoir , de parler ou de se taire, & nous ép coUvons à toute heure qu’il ne tient qu’à nous de sotP £1 \dre notre jugement, pour en venir à un nouveexamen. Peut-on nier, de bonne soi, que danschoix des biens & des maux , c’est fans aucune c°ftrainte que nous nous déterminons : que, maigrespremières impressions , nous pouvons nous arrêtstout court, balancer le pour & le contre, Sc sure,en un mot, ce que l’on peut attendre de l'homm e ícplus libre. Si j’étois entraîné invinciblement versbien particulier, plutôt que vers un autre, jest’ nrl "rois en moi la même impression qui me porte ve £le bien en général, c’est-à dire une impression fl 11

m’entraîneroit nécelíairement.

laquelle

sine

soroit pas possible de résister. Or l’expérience ne 0)6fair rien sentir de si fort par rapport à un tel b* e11en particulier. Je puis m’en abstenir; je puis différs"de men servir; je puis lui en préférer un autre; I epuis hésiter dans le choix ; en un mot je fuis maí trede choisir, ou ce qui est la même choie, je fuis l lbre. 1 ,

§3“ L’homme destiné à être heureux doit être P 0 ^nécesiàirement vers le bien en général, parce fl llíl’indifférence soroit directement contraire au but q u ^s’est proposé l’Auteur de la nature : mais ce desit' u aturel du bonheur ne nous entraîne inyinciblem^vers aucun bien particulier , parce qu’aucun bien p %tticulier ne renferme ce bonheur où nous tend 0)1nécesiàirement. .

fssTTout le système de l’humanité, soit en géné s3 j ’soit dans les cas particuliers, roule sor le princip ela liberté. Réflexions, délibérations, recherché’actions, jugemensi les idées du bien Sc da ’du vice Sc de la vertu, & ce qui en est une soúOle blâme ou la louange , l’approbation ou la c °.'sdamnation de notre propre conduite, ou de ced’autrui ; les affections , les scntimens naturelshommes les uns envers les autres; tout sopp° £eliberté • l’ôter à l’homme , c’est tout bouleversatout confondre. Voyr{ encore Libre. út

Liberté se prend aussi dans l’usage ordinaire P° (un état d indépendance, dans lequel on n’est P° •loumis aux ordres, aux commandemens daUtssi,On dit, en ce sens , qu’un homme aime fa ff e f fqu’il ne veut point engager fa liberté. Liberté P £e& entière. Sui Juris effe. aC

Liberté. Pouvoir légitime de faire Sc de penses ° e f }l’on veut , sans contrainte Sc sanssorvitude. ^ e s ^jus ; arbitrium. La véritable liberté consiste à n ,° r(£ ya aucune passion. Dac. On peut jouir de la ^ fsi 1 on ne fe met pas en peine de la faveur des Ç ra1 ^ou des biens de la fortune. S. Evr. On S ’ in ff. s lííne jouir de soi-même, Sc de ses désirs, que da r>liberte qu’on sc donne de penser tout ce qu ° n ^Boss. Rien ne releve plus l’ame , que la 1^oiE. Les hommes ne lavent que faire de le ur £lJ rste j ils la íàcrifienr tous les jours aux vains hqnattaches à des emplois pénibles & laborieux-

Qu’heureux ejl le mortel ■

Qui de fa liberté forme toutson pluf r > lofa-

Et ne rend qfa lui fui compte d pori*