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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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MABOUJA. s. f. C’est ie nom dune racine de l’Amé-dont les Sauvages font les mailiies, qui font»euts armes pour attaquer ou pour se défendre, Scdont parle Biron dans fes curiosités de fart & denature , apportées des Indes. Cette racine estextrêmement compacte , Sc cil plus dure & pluspesante que le bois de fer. Elle est noire & touteBarnie de nœuds gros comme des châtaignes ; cequi la rend fort propre pour l’ulage qu’íls en sont.

L’Arbre qui produit cette racine n’est pas commun.On en trouve fur le haut de la montagne de laSoufrière en la Guadeloupe. Les Américains ontdonné le nom de Mabouja à cette ìnalîue, parceque ce mot signifie chez eux le diable, Sc qu’ilsdisent que c’est une racine de diable, ou qu’ils ontla force du diable lorfqu’ils en sont armés.MaBOUYA. f. m. Chez les Caraïbes Sauvages desdes Antilles j c’est le diable ou l’eíprit malin dontils redoutent le pouvoir. C’est pourquoi on lui rendUue espèce de culte , en le représentant sous de, P e tues figures de bois auílì bizarres que hideuses.ABOUYAS. s. m. Sorte de lézard, qui se trouvedans les îles de l’Amérique, Sc que les Sauvages ontuonimé ainsi , à cause qu’ils sont les plus laids &lcâ plus hideux de tous ceux que l’on y yoit, Scque Mabouyas est un nom qu’ils donnent commu-pement à tout ce qui leur fait horreur. Ces lézardsi°nt médiocrement grands , Sc ont rarement unPied de long , Sc quand on leur a coupé la queue," s paroissent être de véritables crapaux. Ils ont lesI °igts des pattes plats , larges & arrondis par lesb °uts, Sc à l’extrémité de chacun , il y a une pe-L ,te griffe semblable à l’aiguillon d’unc guêpe. Ilslo nt de disterente couleur , Sc ont tous la peau?®me frottée d’huile. Ils íe retirent ordinairementar des branches d’arbres , íur le faîte Sc íur les^hevrons des cases. Sc descendent rarement en bas.

N'ont d’ordinaire qu’un peu plus d’un pouce de8 r oíTeur. Pendant la nuit ils jettent de temps enJpmps un cri effroyable, qui est un infaillible pré-àge st e changement de temps. Ils se jettent sur ceuxhui les agacent ; on n’a pourtant jamais remarqué■ y.quïls aient mordu ou fait mourir personne.

ABRA. Ville du Royaume d’Alger, en Barbarie ,■Wab r a , anciennement Aphrodìstum. Elle est danse Royaume de Constantine , fur le golfe de Bonne ,juchant de la ville de ce nom. Maty.

. R w. Breuvage dont on se sert dans les îles, Scqut n’y est guère moins en usage que le Ouycou.Cette boiston se fait dans un Canaris où l’on metà trente pots d’eau, avec deux pots de sirope eannes clarifié , une douzaine de patates, Sc au-j^ nc d’oranges aigres, coupées par quartiers. Certestueut fermente en moins de trente heures, & laithj 16 e ^pèce de vin clairet assez- bon, Sc plus agréa-e j: q ue l’ouycou , mais plus malfaisant ; car le MabyPeu le ^ US bellement, & donne la colique , pour

qu’on en faste d’excès. Foye\ le P. Labat.

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^CABÉE , MACCABÉE , ou MACHABÉE. f. m.Ca J, e ° a qui écrivent Machabée , Sc d’autres Mac-tho^ ’ mais on prononce suivant la première or-1 0 > Sc on peut la retenir. Mackabaus , se-

ap j 1 . Colgate, Maccabaus , selon les Septante. Onl has C nom A c Machabées les fils du Prêtre Ma-s Uet . las 5 ùu nom de Judas Macabée , Sec. M. Boí-f Ute 1 article, & dit Judas le Macabée. CeS lcc j Ut donné à ces illustres guerriers de la racety la okale , q u i délivrèrent le peuple Juif de laPortés ^ es Rois Grecs de Syrie. Le premier qui aittia s n e aom de Machabée est Judas fils de Matha-d ails a m ême que lui qui soit appelé Machabéel'écrir . xte de l’Ecriture; mais les deux Livres dese s p r v, l e Rui comprennent les actions de Judas Sc ded es J/ eS / ^ouathan Sc Simon, font intitulés Livrestrois ç a y a ^ ees , Sc donnent ainsi ce nom à tous cesr eres, qu'on nomme autrement Asinonéens.

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il n’en'est pas de même des Auteurs Ecclésiastiques »ils donnent le nom de Machabées à tous les Aímo-néens. Les Machabées n’eurent d’abord que le titrade grand Prêtre, de Commandant des armées, Sc.de Chef. Enduite le peuple donna à Simon celui deGrand Prêtre Sc de Prince du peuple. Enfin j Arií-tobule son petit-fils prit la qualité de Roi , que luiSc fes luccestèurs gardèrent juíqu’à Hérodes, quiles dépoííéda.

Ce nom François de Macabée vient du LatinMachab&us , Sc du Grec - mais d’où vien-

nent ces noms là eux-mêmess Sixte de Sienne rap-porte fur cela le sentiment d’un Rabbin, qui pré-tend que Judas ayant fait mettre dans fes drapeauxccs lettres , >3. 3. >2 mi. ca. ba. i. on en a sonne lesurnom de Macabée. Ce íont les lettres initialesdes premiers mots du verset onzième du chap. quin-zième de í’Exode : mri’ D’nSfcO 13Î23 >13. Ces mots en-tiers veulent dire, Quis jìmìlis tuï in j 'ortibus , Do-mine ? Qui efl semblable à vous parmi les fores ( ou,entre les dieux, ) Seigneur ? D’autres prétendentque c’est-là une fausse opinion , inventée par lesanciens Rabbins; que Judas porta le nom de Ma-chabée dès la jeunesse ; que d’ailleurs on fait pard anciens monumens des Juifs qu’il avoit fait met-tre un lion fur ses étendards. Joseph Ben Gordon,dont on a une histoire en langue Hébraïque, ditque le courage de Judas fils de Mathatias lui fit don-ner le surnom de Machabée , ce qui a fait croireà quelques Savans que ce mot étoir sonné desmots Hébreux >3 N3!3 Maccah bï , en Latin plagaper me , à me , ex me , c’est-à-dire , C’ejl de moique vient la défaite des ennemis. Le P. Pierre Re-deau, Jésuite Irlandois, croît que le nom de Ma-chabée vient du verbe Grec , pugno , Sc qu’il

fut donné à Judas, à cause de sa valeur , puis àd’autres qui se distinguerent par leur courage. Onle dérive encore du verbe ,133 cabah ., qui veut direéteindre , assoupir , lequel au participe de la con-jugaison piel a 1332 , mecabbeh , extìnguens , sur-nom qui convient sort bien à Judas Maccabée ,pour avoir éteint les dissensions domestiques de fanation. Il y a encore d’autres étymologies sembla-bles de ce mot qu’il est inutile de rapporter.

Isidore de Pélufe , L. III. Ep. q. dit que Macca-bée en Langue Perlìque , signifioit Seigneur ; ainsiil faudroit que ce fulíent les ennemis, des Machabées ;qui leur eussent donné ce nom.

Ceux que nous appelons communément Macha-bées , ne sont point ces Chefs du peuple , mais lesíept frères qui souffrirent si généreusement les suppli-ces les plus cruels , & la mort, plutôt que de violerla loi de Dieu ; comme il est décrit au Chapitre VII.du I. Livre des Machabées. La mère des Machabéesles animoit elle-même au supplice.

Les Livres des Machabées sont deux Livres Cano-niques de l’Écriture, qui contiennent l'histoire deJudas , de Jonathas, Sc de Simon Machabee. Luther& Calvin ont ôté les Livres des Machabees du Ca-non ; mais le Concile de Laodicee, un Concile deCarthage, le Concile de TrenteInnocent I. dansfa Lettre à Exupere , le Pape Gélafe, S. Augustin ,Liv. II. de Dúcl. Chrijl. c. S. Isidore, Etym. L,FI. c. i. Caiíìodore, I. I. Divinar. Instit. Sc Ra-ban, de Institut. Clericor. L. U. les y mettent, Scleur donnent le titre Sc l’autorire de Livres divins.Foye £ Bellarmin > de verbo Dei. L. I. c . r o. ScTéna, Difficalt. XFII. Secl. q. Les Pères Grecs ,Sc Latins Origène , Euscbe de Césarée, Eustathed’Antiocbe , Théophile d’Alexandrie, S. Grégoirede Nazianze j Clément Alexandrin , L. I. Strom.c . ii. S. Jean Chrysostôme, S. Jean de Damas,Tertullien, S. Cyprien,S. Ambroise, S. Augustin,Alcuin , Raban , Isidore, Sulpice Sévère , L. II.Junilius , de Partibus Divins, legis , L. I- Callidiore,de Divinis lect. c. 6. S. Prosper, Bède_, Lucifer deCagliari, S. Bernard , l’Abbé Rupert, &c. citent cesdeux Livres comme partie de l’Ecritare Sainte. Foy.Bellarmin, de FerboDel , Liv. A c. io. Médina, di