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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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MOT

inconnus» Qui vous a donné le droit, difent-ìls, dccréer les expressions suivantes ? Un fait inéclairci uneproportion indémontrable une autorité tradíúónelle 3une fréquence d’événemcns, une provision érudite 3un déclàrateur } une aggrejston , se déprévenìr } iriac-commodable y négligemment de pinceau, déplorablereducliony pour dire, état déplorable où l’on est réduit,& tant d autres termes semblables, qui vous attirentla censure des puristes. Ils font étonnés que vous ayiezentrepris de dominer fur l’ufagé,

Quem penès arbitrium ejl & jus <$' norma loquendi ‘

Hor. de Arte Poct. v.-ji.

Que vous ayiez osé fabriquer des mots à limitationdu Poëte Ronsard, dont la hardielle si bien punie de-vroit vous contenir dans le respect dû à notre L a u-guc. Tous vos termes nouveaux , disent les plaiíàns,font inrecus & irrecevables júíqu’ici. Ces expressionsneuves lont commodes ; à la bonne heure, c'est-à-dire , qu il seroit à íouhaiter quelles devinssent'Fran-çaises ; mais ce n’est pas à un particulier à les risqueríur son compte , & à donner atteinte à l’autorité dupublic , qui seul a droit de créer des termes , encorene sont-ils reçus qu’inscnlìblcment, & à laide de laprescription.

La belle sœur de M. Deípréaux , femme dc JérômeBoileau, son frété aîné, avoir un talent tout particu-lier pour inventer des noms ridicules, & des injurespopulaires : comme un grand Frelampier un Épé-tier y pour un homme d’épée ; une grande Bacoule ;une Pinbefche ; une grande orbefche , &c. C’est cequi donna occasion au Poëte de dire , Sat. i o .

II faut voir de quels mots elle enrichit la Langue.

Ma plume ici traçant ces mots par Alphabet ,

Pourroit d’un nouveau Tome augmenter liichélet.

M. Brossette.

En matière des mots nouveaux quand on fait tantque de vouloir en inventer, il faut qu ils ayCnt quel-que rapport à la chose qu’ils expriment. Mots à lamode. Quand je prens la liberté ( dit M. l’Abbe de S.Pierre ) d’user de 'quelques termes qui ne font pas enusage , j’oblerve trois conditions : la première, que lemot nouveau loit très-facile à entendre par lui-meme :la seconde, qu’il soit dans l’analogie de la langue , soitpour la formation, toit pour la terminaison : la troi-sième , que dans l’écriture il soit soussigné, & dansl'impression en caractère italique, afin d’avertir le Le-cteur , que je reconnois moi-même què ce terme n’estpas reçu dans l’usage, mais que l’on pourroit l’y rece-voir. Que seroi»ce que notre Langue, si nous n’avionsque les termes qui croient usités il y a trois cens ans îComparez seulement le pauvre Dictionnaire de Nicot,avec le riche Dictionnaire de l’Académic , uni avec leDictionnaire des Arts & des Sciences, on trouvera laLaugue trois ou quatre fois plus riche en mots quinous manquoient, & dont nous avions besoin. Mé-moires de Trév. Février 1724.

M. le Duc de Nevers étoit un grand forge u r de mots.Pour s’en convaincre il ne faut que lire la réponse envers , imprimée dans le premier Tome des Œuvres dcM. l’Abbé Chaulieu, on y trouve,

II ri est plus surfin teint de phlegmoneuse phime.

Pour dire qu’il n’y a plus d’inflammation ni de bou-tons furie visage de M. le Duc dc Vendôme ; Seigneuropime y pour riche Seigneur ; faim gloutonìfme, pourfaim canine ■ puissance optime , pour domination douce;MimallonsyÇíowr enfans de Bacchus j la veine du Baronpérime pour dire qu elle tarit ;

Agréeq le file & Vestime-De votre Valet le plus ime.

C est-a-dire, de votre très-humble serviteur. Quelquegêne qu aient pu donner au Poëte les deux feules rimes

MOT 7!

fur lesquelles fa pièce roule , ce sont-là des licencesplus que poëtiques, & tout-à-fait contraires au géniedc notre Langue.

Mot. Espèce d’interjêction dont on se sert dans le dií-cours familier, pour dire, ne parlez pas de cela. Je n’aipas de secret avec vous, mais mot. On s’en sert aussiquelquefois d’Un ton absolu pour faire taire tout courtun enfant ou un domestique , ou pour arrêter la con-versation qui roule sur quelqu’un qui va paraître : mot,le voilà qui arrive. On dit aussi motus *

MOTACILLE, s. f. Motacilla. Petit oiseau qui remueincelïamment la queue, d’où il a emprunté son nom. Ily en a de deux espèces, l’un blanc & l’autre jaune. Ilshabitent aux environs des rivières , & se nourriilcntde mouches & de vers. On fait sécher cet oiseau, & onle prend en poudre, pour la pierre, & pour exciter Bu-rine. Il a quantité d autres noms, comme Hochequeue yBcrgeronette > Lavandière , Battemarc , Battequeue y&c.

§TMOTALA. Foyeq Motula.

MOTAYES. Nom d’un peuple sauvage de l’Améri-que , au Brésil.

fíCF MOTAZALITES. Nom d’une secte de Mahométansqui prétendoient que l’Alcoran n’étoit pas éternel,mais qu’il avoit été créé : erreur anathemati fée dansl’Ajcoran même. Je ne sai quel Docteur Musulmanpour appaiíer les esprits que cette dispute aigriíloit,imagina un meqgo termine qui conlìstoit à dire quel’idée du Koran etoit en Dieu ; & que conléquemmentelle étoit co-éternelle à Dieu ; mais que les copies quien avoient été faites, croient l’ouvrage des hommes.

MOTE. f. f. Foyeq Motte. Dans les Coutumes ce motest souvent écrit mote.

CCT MOTELLE, ou MOTEILLE. s. f. Petit poisson d’eaudouce, & principalement de lac. C’est une cípècc deloche. Elle a la peau visqueuse, sans écailles, le corps

, tortueux, la tête large & un peu applatie, avec deuxbarbillons de chaque coté de la bouche, comme lebarbeau. Il y a beaucoup dc motelles dans le lac deNeufchatel en Suisse. Elles font aussi communes enBourgogne. La motelle est bonne à manger en friture.

MOTET. í. m. Composition de Musique fur une périodefort courte ; elle est figurée & enrichie de routes lesbeautés & de toutes les finesses dc l’art. Canticum mu-steum y carmen modulatum.

AT Voilà ce qu’on appeloit autrefois motet , & ce nomlui avoit été donné à caule de la brièveté, comme si cen etoit qu’un mot. Ménage le fait venir de modus.

ftCP Aujourd’hui on entend par motet , une pièce de Mu-sique faite fur des paroles latines à l’usage de l Egsile ;un Pseaume , ou autres paroles de dévotion miles enmusique pour être chantées à l’Eglisc , & qui ne fontpoint partie de l’Office Divin. Les motets de Lalande& de Mondonville font ce qu’il y a de mieux en cegenre.

MOTEUR, f. m. MOTRICE. Qùi meut, qui fait mou-voir. Motor y motus effeclor. Dieu est le premier mo-teur 3 parce qu’il a donné aux causes secondes la vertudc mouvoir. Sylvius publia en 1609 à Douai un livreintitulé : La Motion du premier Moteur. L’orgueilphilosophique; en s’arrêtant aux causes secondes, nes’élève point juíqu’au premier moteur , qui soutient& conserve ce monde par des influences continuelles.Maieb. M. Descartes en raisonnant en simple Physi-cien , a reconnu la nécessité du premier moteur. S. Evr »Aristote l’avoit aussi connu de même. Dieu est le leu!moteur des corps par Ion cours immédiat. ^Maleb»Dieu est le sage moteur dc l’univcis. God. La vitelle dumouvement dépend de 1 impression que lui a donnele moteur , ou la cause motrice. Les Sectateurs d’A-ristote admettent dans les animaux une faculté tnotrice,

ou loco-motrice. ,

ffj- Dans les Mcchaniques le mot de moteur s’applique à lapuissance qui fut agir une machine. Dans un moulinà vent, c’est le vent, ct 1 eau dans un moulin à eau ;dans une pompe ordinaire, c’est un homme ou uncheval, &c.

|fT Au féminin ce terme est adjectif, ou s’cmploie ad-jectivement. O11 dit cause motrice , faculté motrice ,