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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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MÓU

MOUFLE, s. f. Mitaine , gros gant dont les doigts nefont point divisés , à la réíerve du pouce. Hibernamanica. Ce mot est vieux. On dit au figuré des' en-treprises dangereuses, où il ne faut pas s’engagerfans avoir des forces suffisantes pour en venir à bout,qu U ne faut pas y aller fans moufles. Expression fa-milière.

Ce mot vient de l’Allemand moffel , qui lignifiela rncme chose. Ménage. Ou de muflula , qui letrouve en Latin pour signifier la même chose. Ouplutôt du Celtique ou Bas-Brcton , moufles.

Moufle, sedit en Méchanique, de plusieurs pouliesqui íe meuvent dans une pièce de bois, pour mul-tiplier les forces mouvantes. Poliflpaflos. Elles íontenchâssées séparément, Sc retenues avec un boulondans une main dc bois, de fer ou de bronze, qu’onappelle écharpe , ou chape. Autant de fois on redou-ble la force mouvante, qu’on redouble le nombredes poulies. Un enfant, avec de la ficelle Sc desmoufles , peut élever le plus gros canon. La moufle dela grande vergue du grand Armand, pesoit 1400 li-vres.

Moufle ferrée. C’est celle qui est garnie dc pouliesde cuivre , de boulons & de cordages, pour mon-ter les pièces d’artillcrie. Rechamus armatus , inftru-clus. Daviler.

Moufle , est aullì un terme populaire, qui signifie ungros visage , gras & rebondi. En ce sens il vientdc musse. Voye\ Mufle.

Moufle , en termes de Chimie , est une tuile ou cou-verture ronde, qu’on met pour couvrir une coupelle ,pour empêcher que les charbons qui font allumésfur la moufle, ne tombent dans la coupelle , pen-dant qu’on y entretient le métal en fonte. Operculumflcìile.

0 CT C’est, dit VAcad. un vaisseau de terre donton se sert pour exposer des corps à faction du feu,fans que la flamme y touche immédiatement.

Moufle , est austi un terme d Émailleur, qui signifieun petit arc ou coupelle de terre dont les Orfèvres deles Émail leurs se fervent pour parfondre les émaux.Operculum encaufticum. . ,

Moufle , en termes de Monnoyage, est une clpecedc vaisseau de terre, plus long que large, tout-à-raitsemblable à une pantoufle dont on auroit coupe le ta-lon Sc la semelle au niveau du dessus.

ífT Moufle , en Serrurerie. C’est une barre de fer, auxbouts de laquelle on a pratiqué des yeux pour y fairepalier des clavettes. On met des moufles aux cuvesd: aux murs, lorsqu’ils tendent à s’écarter.

MOUFLER. v. a. C’est prendre le nez Sc les joues en-semble à quelqu’un , cníorte qu’on lui frise boursou-fler les joues. Nasum & genas ftringere. On l’a mou-fle. Terme populaire.

ísL Moufler un mur. C’est y appliquer une barre defer, à l’cxtrémité dc laquelle on a pratiqué des yeux.Poye\ Moufle en serrurerie.

MOUFLETTES, f. f. Espèces de manches dc boisdont sc servent les Vitriers pour tenir un fer à sou-der. Mobile manubrium. Ce font deux morceaux dcbois creusés en dedans, Sc qu’on réunit fur la queuedu fer à souder quand 011 le retire trop chaud du feupour s’cn servir à appliquer Sc à étendre la sou-dure.

MOUFLON, s. m. Mouton sauvage qui se trouve enRussie, dans la Sibérie méridionale, dans la Grèce,eu Sardaigne, en Corse. Il ressemble à nos brebisdomestiques; mais il est plus vif & plus léger. Il ala tete , le front , les yeux Sc toute la face d u bé-lier, Sc lui ressemble par toute l’habitude du corps.Enfin, il multiplie avec nos brebis , ce qui fustì-jj° l t, dit M. de Buffon, pour démontrer qu’il est dea ntême espèce, & qu’il en est la souche. Il ests lai Rue le Mouflon est couvert de poil, 6e non de" ur |f’ ^omrne nos brebis ; mais on ne doit pas rc-gaidei la laine comme un caractère essentiel, puis-qu elle n est occasionnée que par un climat tempéré ;car ces memes brebis transportées dans les Payschauds, y perdent leur laine , 6c se couvrent de

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poils ; Sc transportées dans des Pays très-froids, leurlaine y devient austi • grossière Sc aussi rude que dupoil.

MOUFTI. Voye% Munm.

MOUGRIN. 1. m. La plupart des maisons des richesIndiens ont, au lieu de cour, un parterre, à l’entourduquel on ménage un chemin pavé Sc couvert detreilles ou de quclqu’autre feuillage. On ne voir guèred’arbres fruitiers dans ces parterres ; mais feulementquantité de Heurs de toutes espèces. Une des plusagréables est celle qu’on appelle Mougrir ., qui enfigure Sc en odeur, ressemble allez au jasmin d’Es-pagne. Voyages de Mellon , T. I. c. 14. p . p9.100.

MOVIETTE. s. f. Voye 7 MAUVIETTE.

MOUILLAGE, s. m. Rade de mer , ou lieu proprepour l’ancragc. Il faudra mouiller l’ancre en tel lieu,il y a là bon mouillage. Locus jaciendis anchoris ac-commodatus , idoneus , flatio navium. Un mauvaismouillage,c, est un lieu rempli de roches qui coupent lescables Sc où les ancres ne peuvent tenir bien au fond.

ífT Les Corroyeurs appellent aussi mouillage , unefaçon qu’ils donnent aux cuirs , en les mouillantsimplement avec de seau , ou en les faisant tremperdans un tonneau d’eau claire, pour les disposer àdivers apprêts qu’ils doivent leur donner.

MOUILLEBOUCHE, est une espèce de poire ronde ,qui a beaucoup d’eau, ou d’humidité. Pirum vinosum.Elle mûrit en Juillet Sc Août.

MOUILLER, v. act. Tremper quelque chose dans seau,l’abreuver , l’arroser dc quelque liqueur. Humectare ,irrorare , liquore aspergere. La petite pluie mouille.Sc pénètre les habits. Le brouillard mouille les che-veux. La rosée mouille Sc brûle les souliers. Onmouille les cuirs pour les corroyer, le papier pourle coller. 11 n’a fait que mouiller ses lèvres, le borddes lèvres. On dit aullì d’un homme qui pleure, qu’ila les yeux, les joues mouillées.

AèP On dit que la Méditerranée mouille la côte d’Afrique,qu’elle baigne la côte ; que le Pénée mouille, abreuveles plaines de Thelíalie.

Ce mot vient du Latin mollìare Sc mollire. MÉn.M. Huct le dérive du Latin madiculare.

Mouiller , fe dit absolument en termes de Marine,pour jeter l’ancre en quelque endroit de la mer, poury fixer le vaisseau, auquel sens il est neutre. Anchoramjacere , mittere . Il faut mouiller en telle rade pourattendre le vent. Mouiller en croupière, c’est jeterune ancre du coté dc la poupe, pour maintenir les an-cres de l’avant, Sc empêcher que le vaisseau ne letourmente. Mouiller en patte d’oie, c’est jeter troisancres en triangle, en patte d’oie , l’un à Lavant, Scles deux autres à droite Sc à gauche : ce qui fe fait degrostems. On dit aussi , mouiller l’ancre, Sc alors ilest actif. On dit autrement , donner fonds , être fur

fer, rendre le bord.

Mouiller, signifie aussi parmi les buveurs , boire. Po-tare , bibere. Il y a long-rcms que je file, il faut mouil-ler. Expression populaire.

iflT Mouiller , en termes de Grammaire , fe dit d’uncprononciation gralle Sc douce , comme celle desdeux LL quand elles suivent un I. Mouiller la dou-ble LL , c’est la prononcer non pas selon ía valeurnaturelle, comme dans le mot ville , mais avec uneforte dc mollesse, comme dans les mots fille j bataille.Ainsi le mot mouiller fe prononce presque comme s’ily avoir mouillier. Alors la double LL est toujours pré-cédée d’un L. Quand cette voyelle est feule , clic s’yfait sentir à l’ordinaire, comme dans file. Quand ils’y trouve d’autres voyelles, cu quelque diphtongue,1’/ est presque muet, Sc ne íc trouve-là que pour fairemouiller la double LL, comme dans bataille , bou-teille , mouille j &c. Maurice de la Porte , Antoine lePois, Louis Savor, &c. ecrivoient toujours Me dalles ■mais je crois qu’ils mouilloient les ll, Sc qu’ils pro-nonçoient Médaillés. La Monnoie.

££7'On ledit aullì de gn , loríqu’il fe prononce commedans agneau.

Mouiller , en termes dc Jardinage, est arroser les plan-