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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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f.-a public, devroit être à jamais prohibé dans toute

société bien réglée. On devroit remettre la levée des■deniers du Fisc dans chaque partie à la municipalitégénérale de chaque canton , taillant à celle-ci le foina affermer ou de régir ses revenus.

|CF La finance peut & doit être confiée 3 quant à la re-cette , à Tordre citoyen , à la municipalité.

MUNICIPE, f. m. Terme d’Histoire Romaine, quia eu des significations différentes dans les différerasâges du peuple Romain. On appeloit Municipes descitoyens Romains habitans de quelque lieu qualifiémunicipium 3 qui suivoient les Loix, la Jurisprudence

S articulière de ce lieu, Sc pouvoient parvenir avec, t peuple Romain à des Offices honorables, fans êtreassujettis d’ailleurs aux Loix Romaines, à moins quece peuple ne s’y fut soumis lui-même.

I3" Le lieu, ou la communauté, s’appeloit municipe 3municipium 3 Sc ceux qui la compofoient, municipes 3( municeps , municipis ) peut-être , parce qu’ils étoientcapables d’ctre admis à des Offices honorables, ai mu-nera capejfenda.

Í£T Le municipe 3 municipium 3 étoit bien différent dela Colonie. La Colonie étoit composée de Romainsqu on envoyoit pour peupler une ville, ou pour ré-compenser des troupes qui avoient mérité par leursservices un établissement tranquille. Ces Romainsportoient avec eux les Loix Romaines , Sc étoientgouvernées selon ces loix par des Magistrats que Romeleur envoyoit. Le municipe , au contraire, étoit com-posé de citoyens étrangers au peuple Romain, quiconservoient la liberté de vivre selon leurs coutumesSc leurs propres loix, Sc de choisir eux-mêmes entreeux leurs Magistrats. Ils étoient pourtant citoyens Ro-mains ; mais les prérogatives attachées à cette qualité,étoient plus resserrées à leur égard, qu a Tégard desvrais citoyens Romains.

fO" Il y en avoir qui étoient citoyens Romains , à con-dition de faire toujours un état à part. Tels étoientceux de Cumes, d’Acerra, &c. qui fervoient dansune légion, mais qui ne polfédoient point les di-gnités.

Les Romains appeloient municipalia sacra le culteReligieux que chaque lieu municipal avoir lorsqu ilrecevoir le droit de bourgeoisie, Sc qu’il conservoitencore après. Nous appelons de même droit munici-pal , les coutumes particulières dont les Provincesjouissent, Sc dont la plupart jouilfoient avant qued’être réunies à la Couronne. , A

ffT Le droit municipal n’a pas toujours été le memeAnciennement, le droit de bourgeoise Romaine s’ac-cordoit aux uns avec le droit de suffrage ; aux autresavec Texclusion de ce droit. Ceux qui avoient droitde suffrage, étoient gouvernés par les Loix Romaines,Sc pouvoient aspirer aux Magistratures de Rome.Ceux qui n’avoient pas ce droit., se gouvernoientpar leurs loix particulières ; mais à Rome, ils étoientexclus des dignités. Avec le temá, tous les municipesfurent égaux, Sc on leur accorda à tous le droit de suf-frage ; mais cela changea encore ; Sc les municipes ,jaloux de leur liberté, aimèrent mieux se gouvernerpar leurs propres Loix, que par celles des Romains.Ainsi , Thabitant d’un lieu municipal n’étoit pointsoumis aux Loix Romaines, à moins que tour le peu-ple de ce lieu n eut renoncé de lui-même à ses pro-pres loix, en demandant les loix Romaines. Voye\ leDict.oe la Mart.

MUNIER. Voyei Mjecnier. ,

MUNIFICENCE, f. f. Libéralité Royale, ou de grandSeigneur. Munificentia 3 largitas. Les octrois, les pri-vilèges de cette ville , viennent de la munificenceRoyale. Les grandes Églises ont des fondations, desornemens qui viennent de la munificence des Seigneursqui leur ont fait de riches présens.

Ce terme est propre pour le style soutenu, & convient en parlant des écabliíîèmens utiles. Les Roismontrent de la bienfaisance, quand ils soulagent; de labonté , quand ils accordent des grâces; de la libéralité 3quand iìs donnent ce qu’il faut, avec choix Sc avecíliscernemcnt ; de la générosité 3 quand ils donnent au-

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delà même de ce qu’on pourroit attendre ; de la pro-digalité , quand ils donnent avec profusion, sans égardaux circonstances ; de la magnificence , quand ils fontdes dépenses extraordinaires , mais bien entendues,pour de grandes Sc belles choses ; mais leur munifi-cence éclate dans leurs bienfaits publics.

MUNIR, v. a. en termes de Guerre signifie, fortifierune place, pourvoir à fa défense, soit par des cons-tructions , soir par des provisions. Munire 3 munitio-nibus firmare , obvallare présidas , commeatu ornare.Cette place est bien munie 3 il y a de bons bastions, debons dehors, qui la défendent ; elle est munie de ca-non , d’hommes, de poudre, de vivres pour deuxans. On dit aussi, munir une armée navale, munirdes vaisseaux de guerre ; pour dire, mettre dans cha-que navire des armes pour fa défense, des vivres pournourrir les soldats Sc î’équipage, & des agrès, voilesou pièces de rechange, dont on a besoin pour la navi-gation.

Munir , fe dit aussi des choses dont on fe pourvois pourfe défendre contre les autres sortes d’attaques. Parare 3comparare fibi. Je me fuis muni de bons titres, de beau-coup d’argent, de recommandation, avant que d’en-treprendie ce procès. Il a pris des habits fourrés, il zfait mettre des challis dans fa chambre, pour fe munircontre le froid. Se munir d’argent, de chevaux, pourun voyage.

Munir , fe dit figurément en choses morales. S epire ,armare. Un Chrétien se doit munir àn bouclier de lafoi, pour repousser les dards enflammés du malin es-prit. U faut le munir de constance contre les assauts dela fortune, c’est-à-dire, fe préparer à soutenir aveccourage tout ce qui peut arriver. Se munir de résolu-tion dans les grandes entreprises. Dans les maux vio-lens la nature se recueille, Sc le cœur se munit detoute la constance. Fl. Il faut fe munir contre les sur-prises de l’amour propre. La Pl. Le Sénat de Romeétoit le cœur de l’Empire , mais un cœuiAiinpénétra-ble, Sc muni de tous côtés du silence. Bouh. C’est-à-dire , fortifié. On dit un acte ou instrument muni d’unou de plusieurs sceaux. Il s’est muni de bons argu-mens, de puissantes autorités, pour soutenir cette pro-position.

Muni , ie. part. Munitus , instrucíus.

MUNITION, s. f. Provisions qu’on met dans une placepour fe défendre, ou dans des vaisseaux pour courirles mers ; ou qui suivent un camp pour le faire sub-sister. Les provisions de guerre qui concernent les ar-mes , Rappellent munitions de guerre ; &: celles quiconcernent les vivres , munitions de bouche. Cetteplace est en sûreté , elle a des munitions de guerre Scde bouche pour long-tems. Commeatus 3 Sc\nfirumentíbellici copia.

On appelle, le pain de munition 3 le pain qu’on distribuechaque jour aux soldats d’une armée, ou d une gar-nison , pour leur subsistance. Panis cafirenfis. Ondonne à chaque Officier tant de rations de pain de mu-nition.

On dit en proverbe, qu’on a bien des munitions degueule, quand on a de quoi faire bonne chère.MUNITIONNAIRE. f. m. Celui qui est chargé du foinde fournir les munitions nécessaires à une armée, à uneplace. Cafirenfis annona, redemptor. U y a auffi desMunitionnaires fur les vaisseaux , qui fournissent Té-quipage de vivres, il y a un Munitionnaire généralpour les vaisseaux du Roi.

MUNSTER. Ville d’Allemagne, capitale de TÉvêché deMunfter 3 Sc située fur la rivière d’Aa, près de sonconfluent avec l’Embs. Monafterium , anciennementMmitigrola, Minimigardum 3 Mediolanum.

| MUNYCHIE. Nom d’un des trois ports de Tan-cienne Athènes.

IJCF On donna à Diane le surnom de Munychie ou Mu -nychienne , à cause d’un temple quelle avoir 'zMuny-chie. Ce temple étoit le refuge ordinaire de ceux quiétoient poursuivis pour derres.

|JCF On appela Munychics 3 Munychia , les Fêtes queTon çélébroit dans le temple de Diane.MUNYCHION. f. ra. Mois creux Sc dc LA