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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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i io MUS

mots Grecs qui signifient, soin, mémoire Sc chant.Mais un Sculpteur de Sicyone ayant eu ordre de fairetrois statues des trois Muses, il conçut qu il en falloittrois de chacune, & fit trois fois les statues des troisMuses j on les trouva si belles, qu on les mit toutesdans le temple d’Apollon ; & c’est de-là qu’on com-mença à compter neuf Muses, auxquclles ensuite Hé-siode donna des noms.

Selon Diostore, Osiris qui aimoit passionnément lamusique, avoit toujours à fa cour , une troupe de Mu-siciens , parmi lesquels fe distinguoient neuf filles , quiavoient un Apollon pour Président ; 3c c est de-là, dit-il, que les Postes ont pris leurs neuf Muses.

Les Poètes disent que les Muses habitoient le montHélicon dans la Béotie, & le Parnasse, montagne de laPhocide. Leurs noms font Calliope, Clio , Erato, Tha-lie, Melpomene, Therpficore , Euterpe , Polhymnie 3cUranie , chacune deíquelles présidoit à quelque artparticulier. Elles fe nomment de même en Latin, ex-cepté Thalie , Polhymnie Sc Uranie , qu on nommeen Latin Thalia, Polhymnia, 3c Urania. On les peintjeunes, belles Sc modestes; vêtues agréablement, &couronnées de fleurs. Leurs occupations íont de cele-brer par des vers, les victoires des Dieux, 3c Rensei-gner la Poésie aux personnes qui ont un heureux genie.Foye-ç i’Iconologie de Ripa. Quand on invoque lesMuses, on souhaite fous ce nom, le génie de la Poésie,3c tous les secours néceílàires pour exécuter un dessein.Aussi les Muses font-elles de tous pays, & de touteReligion. Il y a des Muses Latines, Françoifes, Chré-tiennes. Virgile a invoqué les Muses Siciliennes. Le P.le B. On nomme les Muses , Caménes , Heliconiades,Parnajsides, Aonides, Piérides, Pégafides,Aganip-pides , Thespiades , Libéthrìdes , Castalides. On don-ne aux Muses des couronnes de palmier , de roses,Scc. Sc des diadèmes, comme Paschalius le montreen dissérens endroits de son Ouvrage , de Coronis.Voye £ fur les Muses, Voss. de Idol. L. I. c. 2 p. L.FUI. c. i 2 .

Ce nom , selon quelques-uns , signifie Recherche jcar Phornutus De nat. Deorum, le tire de /uditrèui,qui, à ce qu’il dit, est la même chose que , cher-cher , rechercher. D autres diíent qu’il est fait d’o/n«-tra.,semblable , parce que toutes les sciences font liées3c unies entr elles. Euíebe dans fa Prépar. Evang. letire de /Dia,initier, enseigner. Platon Sc Scaliger, Poèt.L. I. c. 2. de /icuùvrèxi, qui signifie obstetricare , parcequ’on leur attribue l’invention des arts, c’est elles quiles ont fait naître , qui les ont produits au monde.Daniel Hcinsius dans son Aristarque sacré, Sc Vof-sius, de Idol. L. FUI • c. / 2 . le dérivent de l’Hébreu*rano , Musar , science , disciplina.

IfCT Les Muses fe prennent figurément pour les Belles-Lettres. C’est dans ce sens qu’on dit qu’un hom-me cultive les Muses ; pour dire qu’il aime les Belles-Lettres , 3c fur-tout la Poésie. Le Cardinal de Riche-lieu pouvoir bien mériter l’immortalité par fes actions:mais elles ne pouvoient pas la lui donner fans l’aisif-tance des Musts.V aug. J’aime les Muses, moins parcequ elles font savantes, que parce quelles font hon-nêtes Sc polies. S. Evr. On appelle les Poètes les nour-riçons des Muses , les favoris des Muses-, Sc le lieuoù ils habitent, le séjour des Muses, le cabinet desMuses.

Muse , fe prend quelquefois pour le Poète même , oupour le génie & 1 esprit du. Poète. Poèma, Poëta. UneMuse un peu sine joue & badine quelquefois. Boil.Une Muse astàmée ; une -.Muse déréglée. Id. Une Musebouffonne. S. Ev&* Musc j changeons de style. Boil.

Je hais ces vains Auteurs dont la Muse forcee,

M’entretient desesseux toujours froide & glacéeJo.

On dit d’un Poète qui ne fait plus de vers , ou quin’en fair plus avec le même feu, que fa Musc est bienrefroidie ; c’est-à-dire , fa verve , fa veine poétique.On appelle austì les ouvrages poétiques de quelqu un,les fruits de fa Muse.

Muse , en terme de Vénerie, fe dit .de la triste conte-

MUS

nance du cerf tandis qu’il est en amour. Cervi meeror ,meestior habitus per astum venereum. Foye-ç Muser.

Muse. Nom qu’on donne à certaines figues d’Egypte.Les muses font plus douces que les autres figues. FicusAEgyptia suavior.

MUSEAU, f. m. Partie de la tête de plusieurs animaux,qui comprend la gueule & le nez. Riclus , rostrum. Lemuseau d’un chien , d’un bléreau. Le saumon du lac deGarde a le museau plus long que celui de la truite.Rond. Le museau des grenouilles finit en pointe. Id.Museau de vers à foie. Isnard.

Ménage tient que ce mot vient du Latin muscellus,diminutif de muses , qu’on a fait du Grec /aimç, qui si-gnifie le ne-ç ou visage. ll dit auísi que de mussulus ona fait mufle ; ou de mustllaria , muselière. Quelques-uns croient qu’il vient de musdec , mot celtique onBas-Breton, lignifiant qui a de grandes lèvres.

Museaux. Les ouvriers appellent ainsi les accoudoirsdes hauts Sc bas stalles du chœur dune Eglise, parcequ’anciennement on y fculptoit des mustes , ou mu-íeaux d’animaux. Cellarum brachia.

Museau, fe dit ironiquement du visage des personnes.Fultus , os , faciès. On lui a donné fur le museau ;pour dire, on l’a frappé au visage. Les vieilles fe grais-sent, fe fardent le museau .Voiture n’a point fait diffi-culté d’employer le mot de museau , qui est bas : maisce n’est qu’en badinant :

J’ai reçu deux coups de ciseau ,

Dans un lieu bien loin du museau.

Saint Amand l’a auffi employé ;

Je m 1 enlumine le museau,

De ce trait que je bois fans eau.

£KF On dit en badinant dune jolie fille, qu’elle a un jolimuseau , que c’est un joli museau.

On appelle auísi odieusement un masque, un cache-museau.

Casfe-museau. Coup fur le nez. Talitrum. On lui adonné un terrible casse-museau. Il est tout-à-fait bas.

Les Pàtilsiers appellent auísi par antiphrase les petitschoux,dés casse-mujeaux. Lagana caseo mixta.

A regorge-museau. Façon de parler adverbiale, quisignifie, excelsivement, jufqu’à regorger. Superabundè.J’ai mangé à regorge-museau. Il est bas.

Le museau d une clef,c’est la partie du paneton où lesdents font entaillées. Clavis denticuli, pars denticulata.

IstT Parmi les gens de rivière museau est le devant dunez d’un grand bateau-foncet.

ífét MUSÉE. f. m. En Latin Muséum. Cabinet d’hommede Lettres. Lieu destiné à l’étude des beaux Arts, desSciences & des Lettres, du nom des Muscs protec-trices des beaux Arts.

V homme Savant dans son Musée,

Par un faux espoir agité,

Se flatte en son ame abusée ,

Qu il vasaifir la vérité.

Mais dans cette longue poursuite ,

Le préjugé marche àsa suite ,

Et Iéblouit par ses lueurs.

Séduit par i apparence vaine,

L’orgueil aveugle le promène,

Dans un labyrinthe d’erreurs.

Merc. de Mai 173 3 J

MUSÉE. Nom de lieu. Mustum. Il étoit autrefois dansle Palais d Alexandrie , Sc occupoit le quart ou même'le -tiers de la ville. Ce quartier s’appeloit le Musée ,parce qu’il étroit destiné pour les Mules & les Sciences.C étoit-la qu croient logés & entretenus les hommesde Lettres qui etoient partagés en plusieurs Compa-gnies ou Collèges, selon les sciences ou les sectes ,dont ils faifoient prolêlsion. Ils y étoient entretenusdes revenus alsignés à cette maison ; Sc ils y avoientmeme un Pontile , que les Empereurs avoient foin d’ymettre. On attribue cet établistemenjt à Ptolomec Phi.-