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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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' G. Les couronnes de myrte ne courent pas tant, &font plus charmantes que celles de laurier. Voit.

§CF On dit d’un homme heureux en amour & en guerre,qu’il est couvert de myrtes Ôc de lauriers.

Viens mêler le myrte d’amourA la palme de la victoire, Sar.

MYRTÉE. adj. f. Terme dc Mythologie. Surnom de Vé-nus. Myrtta. Ce nom lui venoit de myrtus , myrte ,parce que cet arbre lui étoit consacré , & qu’on îem-ployoit dans les cérémonies des mariages, auxquelsVénus préside. De myrtea , on fit dans la fuite Mûri ia,si Ion en croit Pline. Voyez Murcie.

MYRTIFORME. adj. m. ôc f. Terme d’Anatomie. Epi-thète que l’on donne à quatre petites éminences char-nues,qui environnent la petite fente. V. Caroncule.

Ce nom est formé dc myrtus , myrte , & de forma,forme , figure ,& on le donne à ces caroncules, parcequ’elles ont la forme d’une graine de myrte.

MYRTILE, f. m. Terme de Mythologie. Nom d’un demi-dieu. Myrtillus. Il étoit fils de Mercure & de Phaëture,

1 ou de l’Amazone Myrto, d où il tira son nom. Il étoitconducteur du char d’CEnomavis. Dans un combatd’GEnomaiis & de Pélops, celui-ci le gagna par pro-messe & obtint qu’il empêcheroitCEnomaiisdc vaincre;il le fit en ne mettant point l’S à lelfieu de son char ;ee qui fit tomber (Enomaiis, qui fe cassa la tête , ôcmourut, en priant Pélops de le vanger. Il le vangea eneffet ; car quand Myrtile vint lui demander la récom-pense qu il lui avoir promise, il le jeta dans la mer,qui de son nom fi.it appcllée Myrtoum mare.

MYRTILLE, f. m. Plante qu on appelle autrement Airel-les en Latin, Vitis Idea, ou Vaccinium , Voy. Airelle.

Myrtille , fe dit auffi des baies de myrte. Bacca myr-them. On les tire de plusieurs espèces de myrte, &òn les fait sécher au soleil ; ce qui les rend ridées ôcméconnaissables de ce quelles croient fiirl'arbrisseau:elles sont noires, ôc d’un goût astringent. Leur vertuest auffi astringente ôc détersive. Quelques Teinturiersemploient les myrtilles pour teindre en bleu.

Myrtille , Myrtillus, est auffi le nom d’un Berger dansles Egloges pastorales.

MYRTILLITE. f. f. Pierre figurée, cendrée, de formeronde & très-dure, qui imite les feuilles de myrte.

MY RUS. f. m. Serpent de mer dont il y a deux espèces,Tune noire, & l’autre rouge. Son corps est rond, fanstache, fans écailles, & fa chair est tendre. Il y a encoreune autre espèce de myrus fait comme un serpent ter-restre, de couleur rouge, traversé dc lignes obliques.Il a la gueule petite & les dents aiguës. ìl est tres-rare.L’un & l’autre font apéritifs, & leur graisse est réso-lutive.

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MYSIE. Mysta. Ancienne contrée de l’Asie propre.Elle s’ércndoir dans les terres vers la Propontide , laPhrygie, le fleuve Hermus , &la chaîne la plus orien-tale du mont Ida.

MYSIES. f. f. pi. Fêtes en l’honneur de Gérés, qui fe cé-lébraient durant trois jours. Au troisième, les femmeschassoienr du Temple de la Décile les hommes & leschiens, & s’y renfennoient pendant la journée, avecles chiennes.

’^MYSTAGOGUE. f. m. Du Grec /uvça.yoyoç , queGiceron a rendu en Latin par Mystagogus. On desi-gnoit pat ce mot, celui qui initioit aux mystères ducuire de quelque Divinité, & qui faisoit voir auxétrangers, les raretés d’un Temple & ion trésor. Dansce dernier sens, celui qui montre le Trésor de S. De-

^pfi a S°S ue -

W MYSL E. f. m. On donnoit le nom de myjlagogue if C l1 'siui initioit aux mystères , & le 110m de myste .) í* = « ) à celui qu’on initioit dans les mystères diDlvnm6 -

"" F J ^ Uì - Chose cachée ôc sécrète, impoffibhou difficile à comprendre. Mysterium. Il se dit piemièrement des vérités révélées aux Chrétiens, & dan1 intelligence defquelles la raison humaine ne peut pé

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nétrer. Les mystères de la Trinité, de l’Incarnation, dcla Rédemption, sont au-dessus de la compréhensiondes hommes. La foi consiste à croire ces mystères. Jeme fuis mille fois senti agité de mouvemens dange-reux à la vue de nos incompréhensibles mystères : leurprofondeur m’effrayoit, leur obscurité me laiiìssoit,Sc h mon cœur fe rendoit, ce n’étoit pas-jGsiis résistancede la part del’esprit. Mal. L’obfcurité ÔC l’incompré-hensibilité des mystères de la Religion Chrétienne ,reçus comme ils sont par tant de nations disterentes ,sont autant de preuves invincibles de leur vérité. Id. Ilfaut captiver son esprit, fans vouloir pénétrer le fonddes mystères. Fl. C’est une honte & une impiété d’é-riger les mystères du Christianisme en secret politique,qu’il faut cacher au peuple. Port-R. Il faut bien exa-miner si les difficultés que nous trouvons dans les my-stères de notre foi, ne viennent pas plutôt des ténè-bres qui enveloppent notre raison, que de íà lumièremême : mais il faut bien se garder auffi que sous pré-texte des mystères de la foi, elle veuille établir fes éga-remens. Cl. On ne fe contente pas de douter de nosmystères ; mais encore d’un ris moqueur ôc dédai-gneux , on fe joue de la simplicité de ceux qui lescroient. Fl. Pour la plupart des gens, nos mystères sonttrop sombres, ôc ne touchent pas allez ; ils vou-draient des miracles. Id. Tout grand mystère une foismis en doute, & pour ainsi dire , en délibérationparmi leá hommes, ne manque jamais de partager lesesprits. Arìus trouve des Sectateurs cn grand nombre,&c. PÉLISS.

De la foi d’un Chrétien les mystères terribles ,

D’ornemens égayés ne font point susceptibles. Boil.

De-là , l’homme a formé de funestes chimères jlé orgueil à la raison a soumis les mystères.

Ce mot vient du Grec (jwçèpiov , qu’on prétend êtreformé de au'«■, claudo , tacco, fermer, raire, & des-opa ., bouche , parce qu’il faut fermer la bouche, & fetaire sor les choses cachées ôc secrètes, fur les choiesimpossibles, ou difficiles à comprendre, telles que sontles vérités les plus sublimes de la foi, que nous de-vons croire avec simplicité, ôc adorer avec une pro-fonde humilité & un respectueux silence , parce queDieu qui les a révélées est la sagesse, la vérité ôc labonté ; il ne peut fe tromper, ni tromper personne.Il fçait les choses comme elles sont, il les dit commeil les fçait, ôc notre esprit est trop foible & imbécillepour les pouvoir pénétrer. Celui qui voudra appro-fondir les mystères de la majesté de Dieu , fera op-primé ôc confondu par la gloire. Prov. 2 f. r- 2 7. Necherchez pas à fçavoir ce qui est élevé au-deffiis devous, & ne veuillez pas approfondir & pénétrer leschoses qui surpassent les forces Sc la portée de votreesprit. Eccl. j. v. 22.

Cette étymologie Grequc ne vaut rien. D’où vientIV dans mystère ? Vcut-on que 1 ’m députa, fe soirchangée en r ? Ce mot est donc originairement Hé-breu. Il vient de "ino , fator , qui lignifie cacher, d’oùfe fair "inDS, miflar, ou nnDD , mìftor , une chose ca-chée ,secrète. D’autrcs le dériveur de yúu, je f er st e std’où mysterium étant dérivé , il signifiera une choie

fermée , secrete. __ / ,

Mystère , fe dit auffi desSacremens , des cérémonies deFEglife, Mysteria , Sacramenta. Il ne faut pas qu unprofane, qu’un excommunié participe a nos laetesmystères. Célébrer les saints mystères, c est célébrer,dire la Messe. Sacrum facere , mysteria peragere. Le se-cret des mystères ne s’obfervoit plus au VII 5 siécle.

Fleury. , ,

Mystère , s’est dit auffi cn parlant des cérémonies se-crètes du culte des faux Dieux ; les secrets de la Re-ligion. Arcana cultûs falsorum deorum. Les PrêtresEgyptiens cachoient leurs mystères au peuple sous descaractères hieroglifiques : personne n’en pouvoir pé-nétrer le sens, ni 1 obscurité. Les Païens cachoientsous le voile & le mystère de leur Fables, les secretsdc leur Religion ôc dc leur Morale. Ils punissoient fé-