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vèrement ceux qui avoient violé & révélé les mystèresdc la bonne Déesse, de Cérès. Qui Cereris sacrum vul-garie arcanum. On n’en confìoit le iecret qu a ceuxqui étoient initiés dans leurs mystères. Ces secrets dela Religion étoient appelles des mystères, non parcequ’ils étoient incompréhensibles, ni élevés au-dessusde la raison , mais seulement parce qu’ils étoient cou-verts Sc déguisés fous des types & des figures, afind’exciter la vénération des peuples par cette obscurité,& par des cérémonies. Les mystères du Paganismese célébroient dans des grottes plus propres à cacherdes crimes, qu a célébrer des mystères de Religion.Ablanc.
Mystères de Samothrace. Ils furent apportés àTroyepar Dardanus , 5 c de Troye en Italie par Enée. Les Ve-stales étoient chargées, dit Denys d’HalicarnaíTe, degarder ces mystères, dont elles seules , avec le Grand-Prêtre, avoient la connoissancc.
£fCT Mystère , se dit dans un sens figuré du secret dansles affaires importantes, dc ce qu'on tient secret &caché. C’est ainsi qu’on dit : les mystères de la Politi-que : mystère d’Etat ; mystère d’iniquité. C est un my-stère qu'on ne peut pénétrer, déveldpper. Secretum
arcanum. v
On le dit en ce sens des opérations secrètes de lanature. Natur a arcana. Etudier, approfondir les my-stères àz la nature. Presque tout est myfière dans lanature. Nous ne pénétrons point les causes internesdes effets. S. EvR.^
§ 0 * On le dit de même des intrigues amoureuses. Ilfaut du mystère en amitié aulsi-bien qu’en amour. M.Scud.
Qui veut aimer parfaitement y
Doit se faire sur-tout une loi du mystère.
fsT Ce mot s applique généralement à tout ce qui estdifficile à pénétrer. Abstrusum intricatum. Le cœurhumain est un grand mystère. M. Esp. Il faut un peude mystère dans une pensée délicate. Bouh. La gra-vité est un mystère du corps, pour cacher les dé-fauts dc l’esprit. La Roch. Quelques-uns n’cntendcntpas ce que c’est qu’un mystère du corps, & le trouventtrop mystérieux. Bouh. Le temséclaircira tout ce my-stère. Son Maître lui révéla les plus sacrés mystèresde l’éloquence. Tour. Le précepte qui donne pourrègle, de ne suivre quelquefois point de réglé, est unmystère de l art* Boil- Il faut de 1 adreííe & de 1 in-vention pour être heureux ; il y a plus de mystère qu onne pense. Le Ch. de M.
Mystère, se ditaulli des choses qui lont, ou faciles,ou peu importantes, Sc dont on fait pourtant grandcas. Arcana, secreta. U n’y a pas grand mystère a trou-ver le mot de cette énigme. Il y a des gens qui font my-stère de tout ; qui disent à l’oreille une bagatelle, pourfaire croire qu il y a bien du mystère ■ qui font mystèredune chose connue de tout le monde. Faut-il tant demystère pour si peu de chose ?
C’est de la tête aux pieds un homme tout mystère ,
Et jusques au bon jour , il dit tout à l’oreille. Mol.
IJCT Dans ces dernières phrases, mystère signifie façon ,difficulté qu’on fait touchant une chose ; air d’impor-tance qu’on donne à des choses fort ordinaires.
Ce mot mystère est souvent répété dans l’ancicn Scdans le nouveau Testament : celui qui découvre lesmystères , vous a fait connoitre les choses qui doiventarriver. Dan. 2. v. 2p. il y a Hui
découvre les mystères. Ibid. V- 2$ • Mystère en ce sens,c’est tout ce qu’on ne peut fçavoir que par révélationdivine. Un mystère qui avoit ete inconnu 5 c cache,que Dieu avoit résolu avant tous les siécles, de revelerpour notre gloire. I. Cor. 2. 7. On nous doit regar-der ( dit S. Paul ) comme les Ministres de Jems-Christ,& les dispensateurs des Mystères de Dieu. I. Cor. 4. /.Quand j’aurois la connoissance de tous les Mystères,Sc la science de toutes choses , si je n’ai point de cha-rité, je ne fuis rien. I. Cor. 13. 2. Jc vais vous dé-
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couvrir un mystère. I. Cor. v. //. Enserre que li-sant ma lettre, vous pouvez y apprendre quelle est1 intelligence que j’ai du mystère de Jésus-Christ. AdEphes. 3. 4. 5 c au verset 6. il ajoute : Ce mystère estque les Gentils sent héritiers, & font un même corpsavec les Juifs , oc qu’ils ont part avec eux aux promessesde Dieu, par í’Evangile de Jésus-Christ. Qu’ils conser-vent les Mystères de la foi avec une conscience pure.1 . Tim. 3. v. p. Mais auffi-tôt que le septième Angesenneroit la trompette, le Mystère de Dieu s’accom-pliroit, ainsi qu’il l’a annoncé par les Prophètes sesserviteurs. Apoc. 10. v. 7. Le mot de Mystère danstous ces endroits de 1 Ecriture, se prend pour les cho-ses secrètes Sc cachées que Dieu a révélées par les Pro-phètes , par Jésus-Christ, par les Apôtres, & les Pas-teurs aux Fidèles.
L’abrégé & le précis des Mystères de la foi, est con-tenu dans le Symbole des Apôtres , du Concile de Ni-cee, Sc dans celui qu’on attribue communément à S.Athanase. Dans ces trois Symboles il est parlé du Mys-tère de la Trinité, de ceux de l’Incarnation du Fils deDieu, de fa mort & paillon pour notre salut, de ladescente aux enfers, ou aux lymbes des Peres Sc Pa-triarches décédés avant fa mort, pour la rédemption dugenre humain ; de fa résurrection le troisième jour, dcIon ascension au Ciel, de sa séance à la droite de Dieule Pere tout-puiilànt, de sa venue à la fin du mondepour juger tous les hommes qui ont été, qui sont, &qui feront jufqu’à la fin du monde. De la divinité Scégalité du S. Esprit avec le Pere Sc le Fils. De l’unité,de la sainteté & perpétuité de l’Eglise Catholique, dela Communion des Saints, & de leur paticipationmutuelle dans la même Foi, dans les Sacremens, dansla même espérance & attente de la grâce & de la gloireéternelle ; dans les bonnes œuvres Sc dans les mérites5 c satisfactions de J. C. & de son corps mystique quiest l’Eglise. De la résurrection générale. Ce sont-là lesprincipaux Mystères de la Foi que chacun est obligé deícavoir, & de croire pour être sauvé. Mystère en cesens, signifie tout ce qui est proposé pour ctre l’objetde la foi des Fidèles.
L’Eglise a établi dès le tems des Apôtres, des fêtesparticulières pour honorer ces Mystères, pour remer-cier Dieu, lui rendre grâces de les avoir révélés, pourobliger les Pasteurs d’en instruire les Fidèles, & de seles rappeller en mémoire, de les adorer Sc révérer pardes actes de foi, d’amour Sc de religion. La fête duMystère de l’Incarnation se célébré le z y Mars, auqueljour le Fils de Dieu se fit homme dans le sein de la sain-te Vierge, par l’opération du S.JEÍprit. Celle de laNaissance de N. S. se célèbre le jour de Noël, le x 5Décembre. Celle de fa Circoncision, qui est le jour au-quel il commença par ce Mystère douloureux à répan-dre son sang pour notre salut, Sc auquel il sut appellejEsus, qui veut dire Sauveur, se célèbre, le premierjour de Janvier Sc de l an. La fête des Rois se célébréle 6 Janvier, qu’on appelle l ’Epiphanie ou Apparition,jour auquel l’Eglise fait mention de trois circonstancesconsidérables de la vie de Jésus-Christ, suivant cetteAntienne que l’Eglise chante au Magnificat des Vê-pres de ce jour. Nous célébrons ce saint jour orné & il-lustré de trois miracles. Aujourd’hui l’étoile conduitles Mages à la Crèche-, aujourdhui Jésus-Christ achangél’eau en vin pour les noces : aujourd’hui Jésus-Christ a voulu être baptisé par Jean pour nous sauver.Ce n’est pas que ces trois choses soient arrivées dansune même année, mais dans le même-tems & la mêmesaison dans les années suivantes de la vie de Jésus-Christ. La sete de la Purification de la sainte Vierge ,jour auquel elle présenta Notre-Seigneur au Temple, Scse purifia, quoiqu’elle n’eut point dc tache, pour obéirà la loi de Moïse, se célébré le x Février. Le Mys-tère de 1 Institution du très-faint Sacrement, de réta-blissement du sacrifice perpétuel de la Religion Chré-tienne , Sc du Sacerdoce Evangélique, se célébré leJeudi-Saint. Celui de la Mort Sc Passion de J. C. leVendredi-Saint. Celui de la Résurrection , le jour dePâques. Celui de l’Aseension, quarante jours après Pâ-ques. Celui de la deseente du S. Esprit sur les Apôtres,