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dix jours après l’Ascension , le jour de la Pentecôte ;
Sc la fête du Mystère adorable de la très-íainte Trinité,le Dimanche après la Pentecôte. Foye\ le mot Tri-nité. Dans FOffice du Bréviaire & de la Melse dechacun de ces jours, FEglise Catholique a proposétous les endroits principaux de l’ancien Sc du nouveauTestament, où il est parlé de chacun de ces Mystères.
Tel a été le loin de FEglise, conduite par le S. Eiprit,pour faire enseigner aux Fidèles les Mystères dc la Foi,
& les leur rappelles à la mémoire.
On a donné autrefois le mot de Mystère aux piècesde théâtre, parce qu on y représentoit les Mystères dela Religion. On en voit encore des recueils qu on ap-pelle bois-pilés.
ístT MYSTÉRIEUSEMENT, adv. D une manière cachéeSc mystérieuse. Mysticè , mystico ritu. Les Prophètesont parlé mystérieusement. Un homme se conduitmysérieusement.
MYSTÉRIEUX, EUSE. adj. Qui renferme , qui cachequelque mystère. Mysticus, arcanus,sacer ac mysticus.Toutes les figures de l’ancien Testament font mysté-rieuses. Les Peres se sont fort appliqués à découvrir cequ il y a dc mystérieux dans FEcriture. Toutes les cé-rémonies , les ornemens dc THgliíe renferment quel-que chose de mystérieux.
Mystérieux , se dit aussi en choses profanes, de ce quiest obícur, de ce qison tâche de tenir secret & caché.Obscurus , retectus , absconditus. Il y a des gens mysté-rieux , qui font mystère des choses communes. La plu-part des propositions de Spinosa sont mystérieuses Scénigmatiques. Bay. La délicatesse dune peniée con-siste en je ne sçais quoi de mystérieux , qui laisse quel-que chose à deviner. Bouh. Le Rapporteur ne veutpoint rapporter mon procès -, il y a quelque chose demystérieux là dellous. C este n mot mystérieux auquelon donne divers sens. Pásc. Une mine froide & mys-térieuse peut nous donner un air de capacité. Bell.Pour sc bien couvrir, il ne saut point avoir Pair mys-térieux. Un silence affecté nous trahit. Bouh. Un ma-riage mystérieux est une espèce de bonne fortune.
P. Com. La nature est moins obscure & moins mys-térieuse qu’Aristote. Roh. Cet homme affecte un airmystérieux , & parle d’un ton d oracle. Beli. Vos mé-disances mystérieuses en font entendre plus que vousn en dites. S. Evr.
§CF Mystérieux , en matière de Religion, qui contientquelque mystère, quelque sens caché. Les paroles mys-térieuses de l’Ecriture. Les anciens Egyptiens ontenveloppé les secrets de leur Religion Sc dc leurmorale fous des caractères mystérieux.
§CP Dans les affaires ce mot désigne quelque secret,quelque chose de caché. Un mariage mystérieux. Il ya quelque chose de mystérieux dans cette affaite.Appliqué aux personnes, il désigne un homme quifait mystère, qui fait finesse des choies les plus com-munes , qui cache ou dissimule celles qui nc valentpas la peine d’être tenues cachées. (Test un hommemystérieux en toutes choses.
MYSTICITÉ: f. f. Recherche profonde en fait de spi-ritualité. La vraie mysticité conduit à la perfection ,la fausse conduit à Fiílusion & à Ferreur. Ac. Fr.MYSTIQUE, adj. Allégorique, figuré, qui est mysté-rieux. Mysticus , allegoricus. Les Commentateurs deFEcriture, outre le sens littéral, y trouvent un sensmyftiq ue , allégorique , Sc un sens moral. Il n’appar-tient pas à tout le monde d’établir le sens mystique,lur-tout lorsqu’il s’agit d en tirer des preuves fur undogme contesté ; mais il ne faut pas rejettes les sensmystiques approuvés de l’Eglife , & fondés íur la pra-tique des Apôtres ,8c même de Notre-Seigneur, quia souvent expliqué les passages de l’ancicn Testamentan ? un Fens qu on ne peut regarder que comme allé-gorique Sc mystique , mais qui n’en est pas pour celamoms vrai, ni moins respectable.
a ainte Ecriture , outre le sens littéral, ,a aussi sou-vent un ens sublime, relevé & mystique ; elle est unlivre écrit au-dedans & au-dehors ; au-dedans, parrapport au sens mystiq Ue 3 intérieur , sublime Sc ca-che i Sc ail dehors , pat rapport au sens littéral imméTome FI,
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diat, exposé & exprimé immédiatement par les pa-roles. Dieu commanda à Ezéchiel d’ouvrir la bouche ,
<5' dc manger un livre qui étoit écrit au-dedans & au-dehors. Ezéch. 2 . v. y. Sc S. Jean rapporte dans sonApocalypse, qu il vit dans la main droite de celui quiétoit astis fur le trône , un livre écrit au-dedans & au-dehors. Apoc. j. v. /. Plusieurs saints Peres & Doc-teurs de FÉglise ont expliqué ces endroits de FÉcriturepar rapport au sens littéral Sc mystique. Le sens de FÉ-criture , difent-ils , est la signification des mots & ex-pressions qui y font contenus ou immédiatement Sc àla lettre qui exprime les choses ; ou la significationmédiate, sublime Sc mystique , par laquelle les chosesmêmes qui y font signifiées, en signifient encore d’au-tres , suivant Fintention Sc le dessein de Dieu qui estl’Auteur principal, & des Prophetes ou Apôtres ins-pirés de Dieu, qui Font écrit ou dicté.
Lc sens littéral fe divise en littéral propre, qui estcontenu dans les mots pris proprement & simplement*ou littéral métaphorique, quand les mots doivent êtrepris dans un sens figuré & métaphorique. Quand FÉ-criture dit : Si votre œil droit est un sujet de scandale,arrachcryle , &c. Matt. f. v. 2 g , notre Seigneur neveut pas par-là exprimer à la lettre , & selon le senspropre des mots, qu on arrache ses yeux réellement Scde fait, mais qu on évite avec loin les occasions du pé-ché. Quand FÉcriture dit, Luc. p. v. 62 . Celui quimet la main à la charrue , & regarde derrière soi, rí est. point propre pour le Royaume de Dieu. On voit allezque J. C. n’a pas voulu signifier à la lettre parces pa-roles , qu’un pauvre Laboureur qui, en conduisant facharrue , regarde quelquefois derrière foi, ne peutpas être propre pour le ciel, ne peut pas être sauvé ;mais il a voulu faire voir par cette comparaison, queceux qui veulent être ses Disciples, & prêcher l’Évan-gile , nc doivent pas réemployer à d’autres choses, ilfaut toujours prendre les paroles de FEcriture à la let-tre , quand elles ne contiennent pas un sens absurd.e ,contraire à la raison, ou à 1 honnêteté ; car en ce sensce n est pas Fintention de Dieu, mais ce font des com-P a ^ a ls°ns Sc des similitudes saintes pour nous instruire:u faut en ce cas, comme disent les saints Docteurs,avoir recours au sens littéral, métaphorique & figuré.Toute FÉcriture a un sens vrai , littéral , & elle n’apas toujours un sens mystique ; il faut l’entendre tou-jours dans un sens littéral, quand elle traite imédiatc-ment de la loi naturelle, de la charité, Sc de l’instruc-tion des mœurs ; & de la félicité éternelle, quand ellerapporte quelques faits ou histoires : & si quelquesPeres de FÉglise disent que certains endroits de l’Écri-ture n’onr pas un sens littéral, mais feulement un sensmystique , ils entendent par le sens littéral, le senspropre des mots ; Sc par le mystique , le sens littéralmétaphorique. Un même endroit de FÉcriture saintea quelquefois plusieurs sens littéraux, exprimés Sc si-gnifiés immédiatement par les paroles prises dans leursens propre Sc figuré, étendu & énoncé par les Pro-phètes ou par les Apôtres, exprès Sc précisément »comme ces paroles du Pscaume r. Fous êtes mon fils ,je vous ai engendré aujourd’hui. L’Apôtre S. Paul lesentend à la lettre, aux Héb. i. de la génération éter-nelle , Sc de la génération temporelle de J. C. Et auxAcies i g. v. gg. il les entend Sc applique à la lelut-rection du Sauveur. En tìstee, c. t i.v- 1 , ces paroles duProphète : j’ai appelé mon fils d’Egypte , s enten entà la lettre d u peuple d'israël, que Dieu en retira Ions laconduite de Moise Sc de Jésus-ChrifE En S. Matth. c.2. v. 12. on trouve écrit au sens littera a chute de Lu-cifer , Prince des Démons, & cclleduKoi dc Babylone,qui portoit ce même nom de Lucifer , oc en etoitunefigure. En Ezéchiel, c. st • 1 chute d un Ché-
rubin, & celle d’un Roi de Tyr. Et dans la Geneste , c.g.Dieu maudit le serpent, Sc le démon qui y étoit caché,Sc qui s’en étoit servi pour tenter Éve.
Lc sens mystique de 1 Écriture est celui que les cho-ses exprimées immédiatement par les mots signifientde plus ; c’est une seconde signification & expressionsignifiée par la première -, cette seconde vérité est ex-primée immédiatement par la première, Sc dune ma-