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nicre médiate , ou comme par un milieu , par les pa-roles -, le tout suivant le dessein & Fintention de Dieu,& de l’Écrivain sacré & inspiré, qui a énoncé la pa-role divine. Il y a trois sortes de sens mystiques de laparole de Dieu : l’un répond à la Foi, Sc s appelle al-légorique ; l’autre à FEspérancc, Sc s appelle anagogi-que; Sc l’autre à la Charité, & il s’appelle le senstropologiquc. Car comme les paroles de FÉcriture,prises dans leur sens propre, ou dans leur sens figuré ,lignifient les choses dans un tens littéral, de même leschoses qui y font exprimées immédiatement, lignifientSc marquent aullì quelquefois quelque autre choie quiregarde FEglise militante, ou quelque chose qui re-garde la doctrine des mœurs , Sc les devoirs de la cha-rité chrétienne, ou ce qui regarde l’Ëglisc triomphan-te, & la consommation de la Foi, de l’Espérance & dela Charité, dans la gloire éternelle. Ces quatre sens del’Écriture font contenus dans ces vers Latins.:
Littera gesta docet 3 quid credas allegoria 3
Moralis quid agas 3 quo tendas anagogia.
Quelquefois un seul mot de 1 Ecriture se prend dansces quatre sens ; par exemple, ce mot Jérusalem , signi-fie à la lettre la ville capitale de la Judée , par allégo-rie FÉglise militante ; dans le sens tropologiquc Sc mo-ral , lame fidèle ; dans le sens anagogique , la patriecéleste. De même, quand il est dit au chapitre premierde la Genèse : que la lumière soit faite 3 cela lignifie dla lettre 3 la lumière corporelle ; par allégorie^ le Meslie, le Sauveur ; dans le sens tropologique 3 la grâce ;dans le sens anagogique 3 la lumière de gloire', prisedans un sens étendu. Voyez Polman dans ion Bré-viaire de Théologie ; Sixte de Sienne dans fa biblio-thèque , Sc fur-tout S. Augustin dans ses conseillons.L’Ëgliie qui est la dépositaire de FÉcriture quant à lalettre, au corps des livres sacrés de la Bible, est aullìla dépositaire du véritable íens. La plupart des hérésiesdans les choses de la Foi, Sc des erreurs Sc extrava-gances des faux Mystiques dans leur prétendue dévo-tion , ne font arrivés que faute d avoir recours à l’É-glise, Sc aux sentimens des saints Peres & Docteursorthodoxes, pour savoir le vrai sens de FÉcriture.
fCF Mystique. Qui rafine fur les matières de dévotionSc fur la spiritualité. Auteur Mystique. Livre mystique.
Il y a une Théologie mystique 3 qui est une connois-sance infuse de Dieu Sc des choses divines, qui émeutFamé dune manière douce, dévote Sc affective, Sc 1 u-nit à Dieu intimement, éclairant son esprit, & échauf-fant sa volonté dune manière affective & extraordi-naire. On trouve dans les Œuvres attribuées à SaintDenis Aréopagite , un discours de la Théologie mysti-que. Plusieurs Auteurs en ont aullì écrit.
Mystique. Contemplatif, qui professe, ou qui enseigneune dévotion sublime, épurée Sc parfaite, qui s’éleveà Famour de Dieu pur, désintérellé, Sc dégagé de toutpropre intérêt. Mysticus 3 contemplativus. Les Mysti-ques se prétendent élever à la plus sublime oraison.Fen. Qui pourroit souffrir la barbare indifférence desMystiques j qui fous prétexte dune obéissance soumiseaux volontés de Dieu , prêtent un consentement pai-sible a la damnation des réprouvés. Boss. Les Mysti-ques pour excuser leurs extases fanatiques, & leursamoureuses extravagances, allèguent ce passage de S.Paul : Le S. Esprit prie en nous par des gémijfemensinexplicables. Id- Si le S. Esprit prie en nous, disentles Mystiques , nous devons nous abandonner à fa mo-tion , Sc nous laillèr entraîner a 1 impulsion divine,en demeurant dans 1 inaction & dans la passivité. Id.Les profanes sc moquent des illuminations, Sc de cesdouceurs internes dont se vantent les Mystiques. Fén.Les transports des Mystiques font plutôt des folies d A-jnans insensés, que les pieux raviffemens d un amourdivin. Boss. Cela doit s’entendre de certains Mysti-ques j Sc non pas de tous. La contemplation passiveest l’état parfait où aspirent les Mystiques. Idem. Ni-colas le Mystique mourut Fan 925, indiction treizièmele quinzième jour de Mai, après avoir tenu le hegede Constantinople quatorze ans, depuis son établis-sement arrivé «1911. Fl, Est. Eccl. L. y y,
MYT
MYSTIQUEMENT, adv. Dune manière mystique.Mystice j per allegoriam. L’Agneau Paschal nous figuremystiquement l’Eucharistie, comme la Manne dontDieu nourrit les Israélites dans le désert.
MYSTIQLER 1 E. f. f. Terme bas, Sc qui marque du mé-pris. Théologie mystique, sens mystique ; explication,application mystique , mais trop alembiquée Sc mal-fondée ; recherches superflues en fait de spiritualité.Res mystica 3 Theologia mystica acutior' 3 parumproba.On a dit de Dcsmarets, qu’encore jeune , il avoit per-du son ame en écrivant des Romans ; Sc que vieux ilavoit perdu l’esprit à écrire de la mystiquerie. De Vign.Marv. Ceux à qui tout ce qui est un peu spirituel Scélevé paroit une mystiquerie creuse & alembiquée, negoûteront pas fans doute cette manière d’expliquer lesacrifice. Le P. Quesnel.
ífT MYSTRE. f. m. Mystrum. Terme d’Antiquité , quidésigne une certaine mesure dont les Grecs se ícr-voient pour les liqueurs. Il y avoit Mystrum magnumqui contenoit trois onces d’huile, ou trois onces, deuxgros Sc deux scrupules de vin ; & mystrum parvum 3 quicontenoit six dragmes d’huile, ou six dragmes, deuxscrupules de vin.
MYT.
MYTHOLOGIE, f. f. Histoire fabuleuse des Dieux, desdemi-Dieux, Sc des Héros de l’Antiquité, & Fexplica-tion des mystères de la religion des Païens, des Fables ,Sc des Métamorphoses. Mythologia. Noël le Comte,autrement Natalis Comes , a écrit de la Mythologie.
Ce mot est Grec , & ne signifie autre chose que dis-cours des sables. Mufleç, fabula 3 Sc Ao>oç, sermo 3 discours.
MYTHOLOGIQUE, adj. Qui appartient à la Mytholo-gie. Discours mythologique. Livre mythologique. LesSatyres, Divinités champêtres, font fameux dans l’Em-pire mythologique. Observations fur les Ecrits moder-nes j t. 16 j p. 4.6.
MYTHOLOGISTE. f. m. Celui qui fait Fhistoire desDieux, des Héros du Paganisme, Sc des mystères de lareligion des Païens ; qui enseigne ces choses, ou quiles écrit. Les My tholo gistes 3 ou ceux qui se mêlent dedévelopper le sens des Fables, prétendent trouver unmystère dans ce chien monstrueux. ( Cerbère. ) Dict.de Moréri. Apollodore, Hygin, Fulgence, &c. fontd anciens Mythologistes. Noël le Comte a depuis faitun ample Traité de Mythologie. Le Chevalier de Ram-say, & M. F Abbé d'Olivet, ont écrit de nos jours furla Mythologie ; mais M. l’Abbé Barder les a tous sur-passés , Sc doit être regardé comme le Prince des My-thologistes. Voye\ aullì le système mythologique deM. Pluche.
MYTHOLOGUE, s. m. C’est la même chose que mytho-logiste. Il signifie celui qui possède Fhistoire des Di-vinités du Paganisme, & la science des mystères de re-ligion des Idolâtres. Le Livre de M. FAbbé Banier estrempli d’unc érudition qu on ne trouve pas commu-nément dans les autres Mythologues. L’Abbé DesFontaines. Ce que M. FAbbé Banier dit surl’EnferSc les champs Elysées, ne le trouve pas orné de la mê-me érudition chez les autres Mythologues. Id. Dansces deux exemples, ce terme est substantif ; il est adjec-tif dans celui-ci : voici encore une explication qui faitvoir le génie mythologue de M. Banier. Idem.
MYTULE, ou MYTILE, f. m. C’est ce que nous appelonsmoule. Voyez ce mot.
M Y U.
fJCT MYURUS. adj. Terme de Médecine, qui se dit dupouls dont les pulsations s’affoiblillenr peu-à-peu. Unpouls myurus est celui dont la force diminue continuel-lement , Sc par degrés insensibles, en forte que le se-cond battement est plus foible que le premier, le troi-sième plus foible que le second , & ainsi de suite.
|jCT On dit aussi myure , s. f, pour désigner cette espèce depouls.
Ce mot vient de /aóapoç , qui veut dire 3 semblable àla queue d un rat ; il est composé de pSs ,rat 3 Sc d‘ofa\queue. On a donné le nom de Myurus à un pouls quidiminue peu-a-peu, à cause que la queue d’un rat dfminue insensiblement depuis la racine jusqu’au bout.