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de petites houpes 8c de petits mammelons.Or ces hou-pes nerveuses íont très-propres à faite paífer les vibra-tions des corps sonores jusqu au siège de l’ame. Si l’onremue f extrémité d’une corde tendue , l’impreffionse communique à l’instant jusqu’à l’autre extrémité.De même les houpes des nerfs auditifs ne peuvent erreagitées, íans que ce mouvement se communique jus-qu’à leur origine.
§3“ C est-là la fonction des houpes nerveuses. Dans lesdifférais organes des sens extérieurs, entre lesquelsil doit y avoir une vraie analogie. Voye% T act , Odo-rat,Gout>Vision, 8c les articles qui y font relatifs.
03* Rien de plus merveilleux que la précision avec la-quelle Y oreille distingue les sons. Sa délicatesse esttelle, que si deux cordes sonores étant mises à l’unissonfur un monochorde, on accourcìt Tune des deux dela millième partie de fa longueur, une oreille justeen apperçoit la dissonance, qui n est pourtant que delacent quatre-vingt-seizième partie d un ton. Inexpé-rience & le calcul sont de M. Sauveur. Voye-[ le mé-moire de M. Dodart sur la formation de la voix ,Hift. de l’Acad. ijoo , où il en est parlé. M. Sauveurayant fait sur le même íujet, plusieurs autres expé-riences, donna un second calcul en 1713 , d’où il infèreque la sinesse de Yoreille pour le discernement desions, est environ dix mille fois plus grande que cellede la vue dans le discernement des couleurs.
Délions 8c derrière les oreilles il y a de fort grossesglandes, qu’on appelle parotides , dans lesquelles ilse sépare beaucoup de salive, qui est ensuite portéepar des canaux particuliers dans la bouche. L’Abbé deMarolles raconte du Philosophe Crassot , qu’il re-muoit 8c redressait ses oreilles , quand il vouloir, fansy toucher, comme les animaux. S. Augustin parle d'unhomme de son tems, qui fans remuer la tête, ni lesmains, soulevoit ses cheveux, & remuoit ses oreilles.DeVign. Marv.
Je crois que les Peintres qui découvrent d’ordinaireles oreilles , y trouvent quelque choie qui ne doit pasctre caché. Puisque Suétone a remarque la beauté decelles d’Auguste , il faut bien quelles causent un orne-ment à la tête , quand elles font bien faites , comme«Ravoir une grandeur médiocre , avec tous ces petitstours & replis colorés d’un vermeil agréable, principa-lement íur ce qui est le plus élevé. Elian décrivant labeauté d’Aspasie, dit quelle avoir les oreilles courtes ;8c Martial metau nombre des difformités j celles quifont trop grandes. Félibien.
Les Crétois représentoient Jupiter fans oreilles , pourmarquer que le Maître du monde ne doit écouter per-sonne en particulier ; mais être également propice àtous. Les Lacédémoniens au contraire lui en don-noient quatre , atìn qu’il fut plus en état d'entcndreles prières de quelque part qu’elles vinssent. On met-toitau nombre des mauvais présages les tintemensd 'oreilles 3 & les bruits qu’on croyois entendre quel-quefois.
Cc mot à!oreille vient du Latin auris , que quelques-uns dérivent de haurire , qui signifie tirer ou pui-s cr j parce que les oreilles tirent 8c reçoivent la voix 8cles Ions dans leurs cavités» Oreille vient du diminutifauricula.
Les oreilles des animaux font faites diversement. Lev eau marin 8c toutes les espèces de lésards 8c de ser-pens n ont point du tout à’oreilles externes. Le singe1 P? rc_e P* c les ont aplaties contre la tête , com-mue es hommes. Il y a une espèce de baleine qui a l’ou-c - r è 1 oreille sur les épaules. Les taupes ont le011 mt de 1 oreille fermé par une petite peau, qui■niirfm commc une paupière : la tortue, le caméléon,dp P^part des poissons, ont le conduit
Jt VTt U wutct-fair bouché.
des mifidn? ’.i CS sternens , les bourdonnemens font
de Médecine j CS orei s es - Tinnitus aurium. Le théâtrede Mcdecine donne des remèdes pour le sifflement, leson & tintement dWfc, so ic qu hl vienned’unc«usefroide, ou d un vent , ou d’une humeur crasse On ycn donne aulli pour le stuxdcs oreilles, 8c pour la dureté*lo l’ouie.
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Quand on dit qu’un homme a Yoreille dure , c estdire honnêtement qu’il est sourd.
Lçs Incas du Pérou se faisoient particulièrement re-marquer par leurs oreilles , dont la largeur étoit íì pro-digieuse , qu’clle est incroyable. Ils accordoicnt auxCapitaines qui les avoient bien lervis, comme ungrand privilège, la permission de se percer les oreilles,à condition que le trou n’en seroit pas la moitié sigrand que celui de l’Inca ; 8c on leur donnoit mêmela mesure du trou, afin qu’il ne fut pas plus grand quele privilège ne portoit. Us y portoient des pendansd oreilles attachés a des filets longs d’un quart d aune,
8c gros d environ la moitié d’un doigt; ce qui les fitappeler par les Espagnols Orejones , c’est-à-dire, hom-mes d grandes oreilles. Cette coutume de fe percer lesoreilles , étoit aussi en usage chez les Indiens d’Orient,dont il est fait mention au mot ci-après Pendans d’O-reile. C’étoit une marque de noblesse chez les Athé-niens , d’avoir les oreilles percées : ce qui 11 ’apparte-noit qu’aux Grands, comme rapporte Gaspard Barrho-lin. Chez les Hébreux & chez les Romains c’étoit unemarque de servitude.
03* Oreille , se dit en termes de Musique, du jugementque Yoreille fait des sons. Auris acuta , arguta. Cethomme danse bien , il a Yoreille fine , juste, delicate ;il observe la cadence. Auritus. Cet homme n’a point& oreille , ne distingue pas les tons & les mesures. Ondit aussi des Orateurs & des Poètes , qu’ils doiventavoir de Yoreille 3 pour dire, qu’ils doivent observerla cadence de leurs vers, de leurs périodes , 8c éviterles cacophonies. Un Ancien a dit que le jugement déYoreille étoit fort rigoureux. Le diícernement de l’o-rcille est délicat. Superbissimum aurium judicium.
On dit en ce sens d’un discours, des paroles, qu-eilesblessent, qu’elles ostentent les oreilles , quand eîles dé-plaisent. Offendunt , obtundunt aures. Les ordures bles-sent les oreilles chastes. Les barbarismes choquent,ecoichentles oreilles des gens polis. Les belles parolescharment 1 oreille. Les Grands ont les oreilles déli-cates , íc choquent de peu de chose. A ure s superbe.La censure des yeux est plus sure & plus exacte, quecelle des oreilles , à qui il est facile d’imposer. Vaug.Les choses qui entrent dans l’esprit par les oreilles ,prennent un chemin bien plus long, 8c touchent bienmoins que celles qui entrent par les yeux , qui sontdes témoins beaucoup plus furs, 8c plus fidèles queles oreilles. L zs, oreilles sont plus infidèles que les yeux.Ablanc.
La plus noble pensée
Ne peut plaire à L esprit , quand l’oreille e(l blessée.
Boileau.-
On dit que la Musique charme, flatte , chatouilleYoreille. Musica titillat aures. Bien des gens lé lai/sontprendre par Yoreille , fe laissent charmer par une bellevoix, ou persuader par un beau discours. On dit aussiqu’une chose sonne mal aux oreilles , quand elle estodieuse , quand on en a mauvaiíe opinion. On ditqu’un homme a Yoreille d’un Prince, d’un Ministre jpour dire , qu’il en a de favorables audiences, qu "en est écouté : qu’il lui souffle aux oreilles quelquechose ; pour dire, qu’il lui suggère quelque choie demauvais. Il lui a dit un mot à Yoreille ; c est-a-dire ,il lui a donné un avis secret. Molière parlant d unhomme mystérieux, dit que jufqu’au bonjour , 1 dit
tout à Yoreille. o j 1 .
Oreille , se dit métaphoriquement de 1 ame, >- e at-tention qu’elle fait, ou quelle ne fait pas , quelledevroit faire à quelque chose. I S cm P 01 Ç qu enmatière de spiritualité , 8c on ne it pas oresoe toutcourt, mais oreille du cœur, & jamai is oreille de l’es-prit ou de l’ame. La plupart du tems Dieu nous par-leroit plus qu’il ne fait, si nous étions plus fidèles àlui prêter Yoreille de notre cœur; mais la dissipation& la vanité des choses d’ici-bas nous emporte, &c.Abb. de la
A Syracuse, il y a un lieu qu’on appelle Y Oreillede Denis le Tyran. C’cst un trou qui perce dans une
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