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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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on appcloit Orgies , toutes lottes de sacrifices en Grè-ce, & ce qu’on appcloit cérémonies à Rome. Les Or-gies te célébraient la nuit, & avec les plus grandes im-puretés. Elles furent instituées cn Thrace par Orphée,d où vient qu on les surnommoit Orphiques , commel a remarqué Diodore de Sicile.

Orgies, se dit auffi d un petit poème François à la louangede Bacchus , ou du vin. Bacchicum carmen. S. Arnauda fait un poème, qui a pour titre Orgies.

ORGIOPHANTES. s. m. pi. On appelon ainsi les Mini-stres des Orgies.

ORGON. Nom d un bourg avec un château ruine. Or-gonum y Urgonium. Il est dans la Provence,, fur le bordméridional de la Durance , à une lieue au dessus deCavaillon. Quelques Géographes le prennent pour1 ancienne Enarginum y que d’autres placent à Eragnac,village situé entre Cavaillon & Arles. Maty.

ORGOSOLO. Nom d’un petit bourg de l’ile de Sardai-gne. Orgofolium. Il est vers la côte orientale, à troislieues de Lode, du côté du couchant. Gérait ancien-

nement une ville nommée Gril Vent. Maty.

ORGUANEAU, ORGANEAU. Voye$ Arganeau.ORGUE, ou ORGUES. Organa. L istage le plus gé-néral est de frire ce mot masculin au singulier, & fé-minin au pluriel. Un bon orgue. Il y a dans telle Egliseun orgue excellent. De bonnes orgues. Des orgues por-tatives. Cest le plus grand & le plus harmonieux detous les instrumens de Musique, qui est particulière-ment en ulage dans les Eglises pour célébrer l’ossiccdivin avec plus de solennité. On fait pourtant dans lesmailons particulières quelques orgues portatives, qu onnomme cabinet d ‘orgues-, maïs dans les Eglises on ap-pelle buffet d ’orgue , certe construction de menuiseriequi enferme toute la machine. Le grand buffet sertpour le grand jeu , qu’on appelle le grand corps ; & lepetit buffet pour le petit jeu, qu’on nomme le positif.

Saint Augustin appelle organa , tous les instrumensde Musique, & principalement celui qui joue avecdes soufflets. Isidore en a fait aussi un nom général.

U Orgue est composé de plusieurs tuyaux qui reçoi-vent le vent de gros soufflets, lequel est distribue parun sommier, & par le moyen de plusieurs registres ,qui ouvrent & ferment les ouvertures de ces tuyaux ;& il y entre selon qu’on appuie les doigts tur les dif-férentes touches du clavier.

On appelle accompagnement dans l 'orgue y les diversjeux qu’on touche pour accompagner le dessus, commefont le bourdon, la montre, la flûte, le prestant, &c.Ceux du grand orgue font différois de ceux du positif.

La plupart des pièces qui composent Vorgue , sontexpliquées à leur ordre alphabétique. On dira feule-ment ici, que le châssis est une des principales piècesde Xorgue , quadratus margo , parce qu’on enchâssededans lais du sommier sur lequel on pose les tuyaux.On applique lut la table du sommier des tringles d’é-paiffeur de membrure, qu’on appelle barreaux , éloi-gnés les unes des autres de deux doigts, pour faireplace à 48 rainures , ou crans , ou gravures , fur les-quelles on met des chappes , ou des ais qui les cou-vrent ; & dans l’intervalle vide de ces rainures , on faitentrer des règles plates & mobiles en forme de lattes,qu’on nomme registres. On perce ces trois pièces vis-a-vis 1 une de l’autre, pour donner pallage auvent danses tuyaux, lesquels on applique lur le plus haut de cestr ° US Cet a|1 * cm blage s’appelle le sommier de l’or-°‘\ a PP c He le secret de l’orgue , une layette ouPo* ! °r re ’ u & réservé le vent de la soufflerie ,derri' ^ àuer parles soupapes au sommier qui estOn! lC * u C í llve nomme le sommier canon musical.vers uî, ,, e tamis s la pièce de bois percée, à tra-cent en U ' C C P a ^ ent les tuyaux de Xorgue , & qui lesVornue ss abulatum cribratum.

. -f.,,- , x °n trois, & quelquefois quatre ou

en nlnsieurc^ â a G les grands buffets. Ils font diviléíni nem- rl t0l j cies °u marches, comme cenx de l’é-

í“ í T 1 "- CWl» à à avoir ,5

■ sss cfiMer harmonique parfait doit 01oir19.Un a pour l e moins 2.000 tuyaux, tanidans le grand buffet que dans l c positif, & il a jusqu-

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8 octaves d’étcndue, depuis le tuyau de 3 2 pieds juf-qu’à celui d’un demi-pied. Ces tuyaux font de bois,d’étain, ou de plomb. Il y a des tuyaux à anche , &des tuyaux ouverts, & d’autres bouchés, où l’on re-marque que le tuyau bouché descend deux fois plusbas que celui qui est deux fois plus long , & qui estouvert, parce que l’air qui y entre, & qui cn fort, adeux fois autant de chemin à faire. Les tuyaux à che-minée font ceux qui ont un petit tuyau soudé au boutd’en haut d’un plus grand.

Les simples jeux de Xorgue font la montre, le pre-mier & le lecond bourdon, le prestant, la doublette,le flageolet, le nazard, la Hute Allemande, la tierce ,la fourniture, la grosse cimbale, la seconde cimbale ,le cornet, le larigot, la trompette, lc clairon, le e ra-mollie , la régale, ou la voix humaine , la pédale , latrompette & la sinte de pédale, fans compter le trem-blant, qui 11’estqu’une modification des jeux.

De ces jeux on en fait plusieurs composés qu’on va-rie en une infinité de façons. On appelle le plein jeude l’ orgue , celui qui est composé de la montre, dubourdon, du 16 & du 8 pieds, du prestant, de la dou-blette , de la fourniture , Sc de la tierce. Les facteursd ’orgue y ajoutent d’autres jeux, ou en retranchent,suivant leur différent génie, ou la dépense qu on yveut faire.

On appelle le tempérament de l' orgue , une diminu-tion du ton majeur d’un comma , dont on augmente leton mineur par une espèce d’équation , pour les ren-dre plus justes. L’invention de Xorgue est fort ancienne:Vitruve en décrit un dans son X e Livre. L’EmpereurJulien a fait une épigramme à sii louange. S. Jérômefait mention d’un orgue qui avoit douze soufflets,dont la layette étoit faite de deux peaux d éléphant »6c 011 l’entcndoit de mille pas. il dit qu’il y en avoirun à Jérusalem qu’on entendoit du mont des Olives.

ísi? Il paraît par S. Augustin íur le Psi LVI, par Amala-rius, de Ojf. Ecclcj. L. III , c. 3 , par Papias , & d’au-tres Auteurs, que 1 invention de Xorgue est ancienne ;mais cet instrument etoitpeu connu en ccs pays-ci juí-qu au VIII liecle. Dans 1 aíïemblec de Conipicgne te-nue en 7j7 , le Roi Pépin reçut des Ainbalîadeurs dcl’Empcreur Constantin , qui, entr’autres présens, luienvoya des orgues. Tous les Historiens marquent ceci,parce que ce furent les premières que l’on vit en France.Constantin Michel en envoya aussi une à Charlema-gne en présent : enfin l’on remarque, comme une choseextraordinaire, que sous ce Prince il y en avoit undans l’Eglise de Vérone. C’est donc de l’Orient ou deGrèce que cet instrument nous est venu; mais on n’enfait point 1 Inventeur. M. Minders dans ses Anti-quités Saxones & Françoises, Tome II , à l’occaíìondu chant Romain introduit par Charlemagne dans lesEgides de Westphalie, traite de la Musique anciennedes François & des Saxons ,& de l’origine des orgues .Voye\ Eginhard, Nenantius Fortunatus , L. / 7 , Carm./o.Ee Moine Anonyme de S. Gai, dans la vie deCharlemagne, L. 77 , c. 10. Jean VIII, dans siiLettreà Annon, Evêque de Frisingen, Volstan, dans le Pro-logue de la vie de S. Swithun, & les AclaSS. Bened.T. IV. P r,ff. p. S 2 & fuiv.

On fait en Allemagne de petits Cabinets d’orgues yqui jouent un certain nombre d’airs , fans qu’ 0 ’ 1 J estouche , ni qu’on lâche toucher Xorgue ,Muais feule-ment en tournant une manivelle, de meme qu a lavielle. ; . ,

fCT On appelle en Musique, point d’orgue y un trait dechant arbitraire & recherché, que les Mu iciens exé-cutent, principalement en Italie, à a n un air demusique vocale ou instrumentale.

Ce mot vient du Latin organum , en Grec op m j

rinstrument par excellence. Salomon deCauxdit que

le premier Auteur qui a écrit de 1 orgue , est HéronAlexandrin dans ses Pneumatiques. Le P. Mersenneafait une ample deicnpnon de Xorgue , auffi-bien queSalomon dc Caux. Le Begue a fait imprimer plusieurspièces d’orgue , qui font voir comme on peut mêler lesjeux agréablement.

jfï On appelle aussi orgue ou orgues le lieu où les orgues