Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
396
JPEG-Download
 

396 ORI

401. De Tillemont. De tous les Auteurs qu’on accu-se A’ Origénisme , il n’y a peut-être que Rufìn Sc Gen-nade , qu’on ait quelque peine à excuser d’avoir suiviles erreurs qu’on leur attribue. Id. Hiji. Eccles. T. X.p. 381.

ORIGÉNISTES. Sectateurs des erreurs d’Origène. Ori-geniani. S. Epiphane a rapporté fort au long j har. 64,quelles étoient ces erreurs ; mais comme il s’étoit dé-claré trop fortement contre Origène, il y a de l’exa-gération dans ce qu’il en rapporte. S. Jérôme & Théo-phile d’Alexandrie n ont pas auíîì gardé asiez de mo-dération en parlant d’Origène, Sc ce fut fans raisonque S. Chrysostôme fut accusé d’être Origénìfte , dansun tems que les erreurs d’Origène n’avoient point étécondamnées par un Concile général. Ce saint Evêquelisoit, à la vérité, les ouvrages d’Origène, dont il es-timoit la grande érudition ; mais il n’approuvoit paspour cela les erreurs. Rufìn a été auíîì accusé d’êtreOrigénìjle , & de n’avoir pas des sentimens orthodoxesfur la résurrection des corps. \J origénisme se répanditprincipalement parmi les Moines d’Egypte. Si Origè-ne a eu des accusateurs, il a auíîì eu des défenseurs6c des apologistes jusqu’à ces derniers tems ; maisayant été condamné par l’Eglise, on ne peut plus 1 ex-cuser fans erreur. Il y a une autre forte A’Origéniftesimpurs, & qui font fort disterens de ces anciens Ori-géniftes.

ftCP ORIGINAIRE, adj. de tous genres. Qui a pris sonorigine en quelqu’endroit.

fjgT On le dit particulièrement des peuples, des familles,& des personnes. Oriundus , originarius. Les Francsqui conquirent les Gaules, étoient originaires de Ger-manie. Un tel est né à Paris, dîme maison illustre,originaire de Flandre ; il est originaire d’Italie.

On le dit auíîì de ce qui nous vient d’origine, d’unvice que nous apportons en naissmt.

La bâtardise est un vice originaire. La goutte estquelquefois une maladie originaire , que nous tenonsde notre pere. Ingenitus , patrius , ingeneratus.

A? Les Médecins appellent connées, connati , les mala-dies que le fœtus a contractées accidentellement dansle ventre de la mere, fans qu elles soient Lester d’un vi-ce de la santé des parens , antérieur à la conception ,transmis aux enîàns, comme les maladies héréditaires.

fLT Dans le commerce, quelques Marchands appellentmarchandises originaires , celle qui croît & qui se faitdans un pays avec des matières du pays même ; maisce terme est peu uíité. Dic. de Com.

Du Cange dit que dans la baise Latinité on appelleoriginarii Sc originales , les personnes de serve condi-tion , qui dès leur naitìànce étoient attachées à la glè-be , & à la Seigneurie.

On appelle au Palais le Demandeur originaire , ce-lui qui a fait la premiere demande , qui a le premierintenté le procès, quand il y a pluíieurs autres de-mandes en garantie, en sommation Sc contre somma-tion.

ORIGINAIREMENT, adv. Du commencement, dansTorigïne. Un tel mot originairement est Hébreu,depuis il a passé en Latin, Sc ensuite en François. Cethomme est originairement Juif ; mais il y a bien dutems que ses ancêtres se sont convertis.

ifs ORIGINAL J ALE. adj. souvent substantif masculin.Ce mot lignifie proprement ce qui n est d après aucunmodèle, daprès aucun exemplaire de ìtieme nature ; lepremier dessein d une chose, ou ce qui se fait le pre-mier dans le dessein, la composition ou 1 invention dequelque chose j Sc qui doit servir aux autres de mode-lé ou d’exemple, pour Limiter ou pour le copier. Ainsil’on dit un titre original , une piec t originale ,• un ta-bleau original , &c. & Yoriginal d un titre, dunepièce , d un tableau, &c. Archetypus , archetypum ,exemplar. L ’original du testamen t. Authentica tabulatejlamenti. Presque tous les anciens titres ne se trou-vent point en original , ce ne sont que des vidimus ,Sc des copies colíationnées aux originaux. Quand ons inscrit cn faux contre un contrat, il faut rapporter laminute originale. Original d’un écrit, c’êst le manus-crit tel qu il est so«i des mains de l’Auteur.

O R I

Il vient du Latin originale.

|si? Original , est auíîì un terme relatif à copie Sc li-gnifie la minute ou la grosse de quelque acte. Dansce sens on dit collationner une copie à son original .Conferre & componere descriptum & exemplum cumexemplari vel archetypo. Voila des vers qui courentqu’on m’a donnés , prenez-en une copie ; mais ren-dez-moi mon original. Ce livre qu’on a imprimé n’estpas conforme à Y original , au manuscrit. Une copiesignifiée tient lieu à la partie adverse d’un original. Co-pie collationnée a Y original. Exscriptum , collatum &recognitum.

fL?O riginal, en Peinture, en Sculpture, se dit deschoses d’après lesquelles on copie. Un Peintre dit quela nature est son original. Ce tableau est un original. Ila dans son cabinet des originaux des plus excellensPeintres. Idoriginal de cette statue est à Rome.

IL? Original , sie dit auíîì de la personne dont on a faitle portrait. Vous trouvez ce portrait beau, L originalest encore tout autre chose.

Original , se dit auíîì de l’Auteur d’un Ouvrage excel-lent , qui est le premier inventeur ; qui n’a point puiseses pensées dans les autres. Archetypus. Il y a peu d’Au-teurs qui soient originaux , c’est-à-dire, qui ne co-pient point les autres , qui tirent tout d’eux-mêmes,& qui imaginent des choses nouvelles Sc extraordi-naires. Il est bon de puiser dans les sources, detudierà fond les Anciens, & principalement ceux qui sontoriginaux. Le P. Rap. Ceux qui ne veulent admirerque Voiture, le tiennent pour Punique original deschoses galantes. Pel. Il n’y a point de médiocre origi-nal qui ne vaille mieux que la meilleure copie. Cail.Le livre de Montagne a un caractère A’original , quiplaît infiniment ; il fait même donner un tour A’ori-ginal aux choses qu’il copie. Maleb. Homère Sc Vir-gile sont des originaux où personne n’a pu atteindre.Molière est original en son genre , en Comédies. Cor-neille est original pour les Tragédies* Racine est origi-nal en Tragédies, sur-toutpour la tendresse qui y ré-gne. Boileau est un original en Satyres. La Fontaine estun original pour les Fables, & pour les Contes Fran-çois. Viéte a été un original , c’est le premier qui a in-venté l’Algèbre spécieuse.

ffT On appelle pensée originale , une peníee qui n’aété prise d’aucun Auteur, qui est nouvelle par le sensqu’elle exprime, ou au moins neuve par le tour qu’onlui donne.

fCT Le mot A’original impose l’idée dîme chose singu-lière Sc nouvelle. C’est un éloge, si cette manière sin-gulière est distinguée. C’est une injure, si elle est bi-zarrement grotesque.

isiV On dit des Anciens, qu’ils sont d’excellen's origi-naux, Sc d’un homme qui est singulier en quelquechose de ridicule, que c’est un original : un franc ori-ginal. Voye^ Originalité.

On dit qu on sait une chose A’original , quand onla tient de source, ou de bonne part, de gens qui ladoivent bien savoir. On dit auíîì, voilà qui est origi-nal , de ce qui n’a jamais été dit, ni écrit, ou qui estd’un caractère'particulier.

Db ORIGINALITÉ, f. f. Caractère de ce qui est origi-nal. On le dit des personnes Sc des choses. L’'origina-lité consiste à exécuter les choses dîme manière singu-lière. Ainsi, elle peut se prendre en bonne & en mau-vaise part. Ce mot est nouveau, mais reçu. M. dePiles s’en sert dans un Ouvrage qui regarde les Pein-tres & la Peinture, où il dit, qu’il est bjen difficilede connoître Y originalité d’un tableau. M. Mariettese sert de ce mot dans le même sens que M. de Piles,en parlant d un recueil de têtes destinées par Léonardde Vinci, & gravées par M. le Comte de CayluS : cerecueil porte avec lui les deux titres les plus essentiel»Sc les plus avantageux pour Léonard : la perfection SC1 originalité. C originalité est très-rare. La plupart deshommes ne font que se copier.

Ce mot s emploie auíîì pour dire, singularité ridi-cule. J e ne suis point curieux AY originalités puériles,dit un Savant, en parlant des feuilles du SpectateurFrançois, dans la sixième feuille. T. L p■ 63,