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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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O R N

ORNATURE, s. f. Vieux mot, pour ornement. Ma-

rot.

ORNAY. Voye £ Origni , île.

ORNE. ( 1’ ) Nom dune rivière de la Normandie. Or-na j anciennement Olina Argenes. Elle baigne Séez ,Argenta & Cac'n & peu après elle íe décharge dans lamer Britannique. Maty.

Orne. Nom d une petite rivière de l’Evêché de Verdun.O do ma , Orna. Elle a à fa source un village de mêmenom, Ôc passe a Estain, à Buíïy , à Conrlans, à Riclic-mont, où elle íe jette dans la Moselle , entre Metz &Thionville. L 'Orne ne porte point bateau. Valois ,Not. Gall. p. 38p 3 jpo.

Orne. Nom d’un bourg de France. Odorna, Orna. Il està la source de l’Orne , entre la Meuse & la Moselle ,mais plus près de la Meuse que de la Moíellc , à quel-ques lieues au nord de Verdun , dans l’Evcché duquelil est, entre Damvilliers & Verdun. Valois, Not.Gall. p. j8 n.

ORNE. s. m. Arbre qui est une espèce de frêne: quel-ques-uns rappellent frêne sauvage. Il reflemble allezau frêne commun , mais il est plus petit, & a ses feuil-les qui font rangées par paires, plus étroites & plusaiguës, dentelées comme celles du frêne ordinaire. EnLatin Fraxinus humilior , Jive altera Theophrajli ,minore <§> tenuiore folio. C. Báuh.

ORNÉE. f. m. Nom que les Anciens Corinthiens don-noient au Dieu Priape. Orneus.

ORNEES, f. m. ou f. & pi. En fous-entendant SacrificesouFctes. C’étoitdans FAntiquité païenne, des sacri-fices qu’on faifoit à l’honncur de Priape. Ornea. Cesfêtes íe fuioient par les femmes mariées près de Colo-phon , ville d’Ionie.

ORNEMENT, f. m. Parure, embcliíTement ; ce qui or-ne , ce qui pare quelque choie, ce qui la rend plusbelle , plus agréable. Ornamentum , ornatus. Les per-sonnes modestes portent des habits tout unis & lansornemens. Le quatrième jour Dieu créa le soleil, lalune, & les autres astres & les plaça dans le ciel ,pour en être le principal ornement. Arn. Les ornemensfont des beautés étrangères, qui tiennent lieu desnaturelles. S. Evr. Corneille dit d une jolie femme ,moins elle a d ’ornemens , plus elle est agréable.

On appelle Ornemens sacerdotaux & pontificaux }ceux dont se revêtent les Prêtres & les Prélats quandils officient ; ce qui s’étend auffi aux paremens de 1 au-rei , au dais, 6e aux autres choses semblables. Orna-menta Pontificalia , Sacerdotalia. C >n va voir la Sacri-stie dune telle Eglise pour la beauté des ornemens quis ’y trouvent. On change ornemens suivant les fêtesqui se rencontrent. L’Eglisc a diverses couleurs, il fautautant de fortes à!ornemens.

Dans ce sens il n’est employé qu’au pluriel. Mais onle dit au singulier d’un assortiment entier de plusieurspièces d’une même couleur ou dune même parure quifervent pour l’Office divin: alors les habits sacerdotaux& les devants d’autel y sont compris. Un ornementklanc. Un ornement rouge, &c.

On le dit auffi au pluriel en parlant de plusieurs af-sortimens de cette nature. On a fait présent de deux

«M^caux °rnemens à cette Eglise.

ÇO On le dit auffi des ornemens royaux , dont le Roi estrevetu dans son sacre, & dans les autres grandes céré-monies.

ENT 3 f e dit figurément en choses morales, & si-soi 1 C ’ CC s ? u ! * ert a tendre plus recommandable. Lalence est 1 ornement de l’esprit. Il y a des vertusqui ne sont que pour Y ornement de la société. Bell./J- & so lavoir .sont les plus beaux ornemens.

^ ans so même sens,sc dit des personnesvivent - r, ° 1 ] ncilr au siècle , ou au lieu dans lequel ilstum Liìrr/ 1 CS fendent célèbres. Decus & ornamen-

1« ■ lM pib(lr t T

Terne Fl.

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Vitruve appelle ornemens , larchitrave, la frise &la corniche de chaque ordre. FÉlibien. La colonnecomposite est celle qui reçoit le plus d ’ornemens. U y acent sortes ornemens, comme oves, roses, guilio-chis, festons, rinceaux , fleurons, baguettes, &c. Onappelle ornemens de relief, ceux qui sont taillés furiecontour des moulures , comme les feuilles d eau, &c.Ornemens en recreux 3 ceux qui sont fouillés dans lesmoulures , comme les oves, canaux, &c.

On appelle ornemens maritimes , les glaçons, pois-sons , coquillages, &c. qui fervent à décorer les grot-tes , les fontaines.

tfJ' En Rhétorique & en Poe'sie, on appelle ornemens dudiscours, les figures qui servent à Fembellir. Exorna-tio , cultus , oratoria ornamenta. Il y ades ornemens am-bitieux , qui appauvrissent un ouvrage au lieu del’en-richir. S. Evr. La morale de Sénéque est dangereuse ,parce qu’elle est revêtue d’ornemens magnifiques quilui ouvrent le paílage dans les esprits. Maleb. Rejetiezles ornemens trop recherchés & trop emphatiques.Bouh. Toutes fortes de styles ne sont pas suscepti-bles de toutes sortes ò.’ornemens Sc de figures. La Poé-sie épique doit être plus fleurie, & plus remplie d’or-nemens s que la dramatique. Touc ornement qui n’estqu ’ornement est de trop. Fénelon.

En Peinture on appelle ornemens , tout ce qui sertà donner du relief à un tableau , à l’embellir , à le Eli-re valoir. Un Disciple d’Apelles ayant fait un tableaud Hélène, lavoir chargée dor & de nierreries ; sonMaître lui dit : n ayant pû la faire belle, vous Pavezfait riche.

|ÌCF Ce terme désigne particulièrement les peintures fai-tes dans une galerie, pour servir d’accompagnemcntau sujet principal, au tableau principal, sans en fairecependant partie. On dit qu’un Peintre réussit dans lesfigures; mais qu’il n’entendpas les ornemens.

Hydraulique 011 appelle ornemens toutes les piècesd Architecture qui décorent les fontaines & les casca-des , comme Jes vases , les consoles, les arcades ,les coquillages , &c.

Ornement, en termes de Blason, sc dit de tout ce qui

est hors de l’écu , & de ce qui ne regarde ni les piè-ces , ni les meubles, ni les émaux, comme les tim-,bres, les bourlets, lambrequins, cimiers, supports ».colliers j manteaux & pavillons. Ornamentum _, or-natus.

<£J' ORNER. v.a. Embellir par le secours de P Art. Ren-dre une chose plus belle & plus agréable, plus riche ;lui donner plus d éclat & plus d’agrément. Ornare , il-lustrare.

KéT On le dit de toutes les choses qui en accompagnentd’autres, ou qu’on y ajoute pour leur donner plus d fi-dat ou plus d’agrément. Orner une Eglise, une cha-pelle , un Autel. Les tableaux , les glaces, les meublesmagnifiques , les tapisseries servent à orner les appar-temens. Les rubans, les pierreries servent à orner lesfemmes.

Sa beauté mal ornée j

N a pas encor de l’ art emprunté ses appas. Corn.

Les Architectes ornent leurs bâtimens , leurs pla-fonds, de plusieurs sculptures, moulures & dorures.

Orner , sc dit auffi en Morale y de ce qui pare notreame. Dotare , expolire. Une Dame doit être ornee detoutes sortes de vertus. Un grand homme doit avoirl’esprit orné de toutes sortes de sciences. J ornerai toname de vertu ôc de savoir. Ablanc. Ornera une gloi-re immortelle. Voit. Les vertus ornent lame.

Orner , sc dit auffi d’un discours. Exoinare , illufirare.Cette Oraison funèbre émir trop ornee , trop fleurie ,n’ctoit pas assez grave pour le fuser. L n Declaniateutpeut orner tant qu’il lui plaiia son discours, de figu-res. Le discours d’un orateur doit ctre orné sens fard.S. Evr. Il faut choitir ce qui orne la vérité & nonpas ce qui la farde. Bour. On dit auffi, la Cour d Au-guste émit ornee de plufieurs grands personnages quiflcuriíïoient dans son siécle.

ORNÉ,ÉE. part.

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