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Oli sani levain , panis azymus : &les Juifs ne man-geaient point d’autre pain durant la Pâque, ils faisaientune exaóte perquisition dans leurs maisons pour n’ylaisser aucun pain levé. Les Grecs observent plusieurs■cérémonies pour faire leur pain à chanter. Il faut quecelui qúi le prépare n’ait point couché avec fa femmele jour d auparavant ; Sc li c est une femme, il fautquelle n ait point couché avec son mari. Voye\ Chri-stophe Angelus, dans son Traité de i’État prélent de
I Eglise Grecque. François Alvarès a décrit fort au longdans ses Voyages d.’Ethiopie , la manière dont lesEthiopiens ou Abiffins préparent le pain , qui est de-stiné pour être consacré ; ils ont pour cela un lieu par-ticulier j qui est une espèce de Sacristie. Le P. Si li-mon d dans fa Dïsquìjition touchant le pain arpyme ,prouve par lautorité d’un Concile de Tolède, qu’au-trefois on n’observoit.pas moins de cérémonies pour lapréparation de ce pain dans 1 -Eglise Latine, que dansles Eglises d’Orient, qui conservent encore aujour-d’hui cet ancien usage.il apporteFexemple de la ReineRadcgonde, qui distribuoit elle-même dans les lieuxsacrés les pains quelle avoit faitsde ses propres mains.On voit attíll dans la dispute du Cardinal Humbert con-tre les Grecs, que chez les Latins on ne présentoir pointd e pains pour le sacrifice de la Messe , qui ne fulsentpris de la Sacristie, où ils avoient été préparés par lesDiacres & par les Soudiacres, & même par les Prêtresqlú recitoient plusieurs Pseaumes. Voye\ les Notes duP. Simon íur les opuícules de Gabriel de Philadelphie,p. 48 , où il explique au long les cérémonies qu’ob-servent les Orientaux dans la préparation de ce pain.
II y remarque entr’autres choses , que chez les Chal-déens dii rk Nestorien , le Prêtre qui doit célébrer laLiturgie le lève à minuit, qu’il fait lui-même le painavec de la farine qu on garde dans la Sacristie, & qu’ilrécite plus de vingt Pseaumes. Foye% au mot Azyme.
Pain à cacheter. C’est une sorte de petit pain fans le-vain , dont on se sert pour cacheter des Lettres. Panissignatorius.
Pain bénit , est un pain qu’011 offre à l’Eglise pour lebénir, le partager entre les Fidèles & le manger avecdévotion. Panis aquâ lujlrali aspersus. Quelques sa-Vans en fixent l’institution au septième siècle, dans leConcile de Nantes. On le donnoit autrefois aux seulsCathécumènes > afin de les préparer a la communion.Ensuite on la donné aux autres Fidèles. Les Grecs ont
appelé ces pains, Panagia, & Eulogia.
V Am sacré, est un morceau de cire, ou de pâte, oud<terre, fur lequel on a fait des cérémonies & bénédi-ctions particulières, qu’on enchâsse dans des Agnu.Dei , ou des reliquaires, & qu’on garde avec vénéra-tion. Panis sucer.
Pain de S. Hubert, de Sainte Geneviève, de S. Nicolade Tolentin , &c. Ce sont des pains bénits avec cerrainés prières Sc invocations de ces Saints, qui, à ce qu’dit, guérissent de la rage , de la fièvre, & autres infir
mites
^ Dans l’Ancien Testament on appcloit Pains de PnPostions les djuze pains qu’on offroit tous les joust" Sabbat dans le Tabernacle ou dans le Temple , >qui denicuroient exposés pendant sept jours fur la tme. Panes propositionis. Il n’y avoit que les Prêtresles Lévites à qui il étoit permis d’en manger.íE^Pain, s e dit figurément en choses spirituelles deparure de Famé. Panis spiritualis » Jésus-Christ a cque l homme ne vit pas seulement de pain , mais auParole, lln’a pas voulu que le pain des enfaDieu fût donné aux chiens, c’est-à-dire, qu’il :aut pas communiquer les choses saintes aux personnprofanes. 4
aussi figurément la fiinte Eucharistie ,ni? a CS âges, le pain céleste, le pain des Justes* PDìpi, n f e ^ orum , cceleílis ; & l’on appelle la parole
Pain Fi st^s-
nasse A° U e v r ài dit au| lì figurément de la vie qú'l^flc dansíaffli^ ^nsla misère. Panis dolor
!Ïl n ! Kq i Cn stylc de procédures ecclésiastiqueu un 1 >°, nil è nc est condamné au pain de doulei
pour dire, qu il est condamné au pain & à Peau.
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Dans 1 Oraison Dominicale nous demandons a nulnotre pain quotidien , c’est-à-dire , la nourriture dechaque jour , ou les besoins journaliers. Vit& necessa-ria. On appelle austi pain quotidien , ce qui nous estfamilier & ordinaire. Ainsi Régnier a dit que Cicéronest le pain quotidien de la Pédanterie. Expression dulangage familier.
Pain , se dit austi généralement de toute nourriture Scsubsistance, & de ce qui íert à passer la vie. Viclus &vefiitus. Il a eu ùne pension du Roi, voilà du pain as-suré pour le reste de ses jours. Cet homme travaillejour Sc nuit pour gagner du pain à ses enfans. Ce mé-tier qu’il exerce est ion gag ne-pain. S’il plaide , c’est- malgré lui, c est pour défendre son pain, c’est-à-dire,son bien. Il est réduit à demander son pain , c’est-à-dire , fa vie. La sotise du peuple lui a donné du pain .Ablanc. C’est-à dire, qu’il vit de la íotiíe du peuple.
T-andis que Colletet croté jusqu’à I’ 'échine ,
Fa mendierson pain de cuisine en cuisine. Bon..
On dit austi qu’un homme a mangé du pain d’un au-,tre; pour dire, qu’il a été son domestique. On dit qu’onlui a mis le pain à la main : ou qu’on lui a ôté le painde la main ; pour dire, qu’on a été cause de sa fortune,ou de sa ruine. On dit qu’un homme n’a ni pain nipâte chez lui ; pour duc, qu il est dans la dernière né-cessité.
ffT Pain, se dit aussi de plusieurs corps qu’on réduit enune masse. Massa. Un pain de sucre c’est du sucre af-finé, que l’on forme dansdes moules de figure conique.Sacchari meta , vel rnasa. Un pain de cire est unemalle de cire plate & ronde. Cerea massa. Pain debougie est une menue bougie tortillée. Massa sili ce-rati. Les fromages de Gruyère , de Elollande , deParme, supportent ici en gros pains. On dit aussi, unpain de lavon,de craie, de lie. Ily ade l’acier quivient en pain, d’autre en bille,if? Le pain de savon , plus ordinairement table .de la-von , est du savon formé dans des moules d un pied& demi en carre Sc d environ trois pouces de hau-teur.
{GP Le pain d’acier nous vient d’Aîlenlagne : il est diffé-rent de celui qu’on appelle acier en bille.
On appelle aussi, puai de blanc d blanchir , un mor-ceau de blanc qu’on vend chez les Chandeliers de Pa-ris , & dont on se sert pour blanchir la vaisselle, Scpour lui donner l’éclat. Massa cretacea. On appellepain de vieux oing, une malle de vieux oing, en formede pain , qui sert à graisser les roues des carrosses, deschariots, 6 ’c. Majja aximpin,fCT On appellepuz/z de lie , la lie sèche que les Vinai-griers tirent de leurs presses , après en avoir exprimétout le vin pour faire leur vinaigre. Majja fzcis ace -lofa , ou acida ; & alors les Chapeliers s’en serventpour fabriquer leurs chapeaux.sCF On appelle pain de roses, ou chapeau dé roses, lemarc des roses qui reste dans les alembics après qù’onen a tiré l’eaU, l’huile otì les autres extraits.
On appelle aussi pain d’affìnage ou plaque la petiteportion de matière d’argent qui reste toujours dans lefond de la coupelle.
Pain , se dit proverbialement en ces phrases. A mal en-fourner on fait les pains cornus; pour dire, le principalpoint dune,affaire, c’est de la bien commencer. On ditqu'une fille a pris ou emprunté un pain fur la sournee ,quand elle s’estlaillée engrosser avant que d me mariée.On dit d’un homme qui déjeune avant qùe d aller à laMesse, qu’il va à la Meile des morts, qu il y porte painSc vin. On dit d’un homme habile qui a ete de plusieursconditions, qui a voyage, qu niait plus que ion painmanger, qu’il a mangé de plus ami pain. On dit d’unhomme d une condition médiocre, mais habile Sc in-telligent , qu’il siit son pain manger. On dit d’un avare,d’un homme retiré qui ne donne à manger à personne ,qu ’il mange son pain dans fa poche, ou dans son sac. Ondit d’un homme inutile, d’un valet fainéant, qu’il nevaut pas le pain qu’il mange. On dit de tous ceux quisont en condition, qu’ils mangent le pain hardi; pour di-