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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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re, qu’ils font assurés d’en trouver toujours à la maison,fans avoir besoin de le gagner. On dit aulli en parlantd’un homme qui a du bien tout acquis, qu’il a d u paincuit, qu’il n a que faire de travailler pour en acquérir.On dit aulli, Libertas &pain cuit ; pour dire, qu on estheureux, quand on a du bien , Sc qu’on n’est sujet àpersonne. On dit aulli d’un enfant qu’on élève délicate-ment , & qu'on prévoir ne devoir pas avoir beaucoupde bien dans la fuite, qu il mange son pain blanc lepremier. Cn dit aulli, qu’on mange son pain à la fuméedu rot, quand on voit prendre aux autres des plaisirsauxquels on ne peut avoir part. On dit des choses quitirent en longueur _, dont on ne peut retirer de long-tems de proht, comme des études d’un écolier, quec’est du pain bien long. On dit aulli, long comme unjour fans pain, dune chose qui ennuie, comme le temsd’un jour où l’on n’a rien à manger. On dit aulli duneterre, ou d’une autre chose précieuse qu’on a vendueà trop bon marché, qu’on l’a donnée pour un morceaude/wr/z. On dit encore, changement de corbillon faitappétit de pain bénit. On dit aulli d’une disgrâce quiest arrivée à une personne qui la méritoit bien , quec’est pain bénit. On dit aulli des jeunes gens qui revien-nent astamés à la maison, qu’ils vont faire la guerre aupain. On dit aulli, de tel pain telle soupe ; pour dire,que les choies font bonnes , suivant la matière qu’ony met. Cn dit aulli, que des gens promettent plus debeurre que de pain , quand ils repaissent les autres devaines espérances. Cn dit aulli, qu’un homme a perdule goût du pain; pour dire , qu’il est mort, ou qu’il estbien malade. Cn dit à table \pain coupé n’a point demaître ; pour dire, qu’on peut fe servir du pain de sonvoisin. On dit , pain tendre Sc bois vert , mettentla maison en désert. La formule du jurement des an-ciens Chevaliers étoit qu’ils ne mangeraient pain furnappe , jufqu’à ce qu’ils eussent exécuté leur pro-messe. On dit aulli, jamais pains de deux couteauxr.e furent ni bons ni beaux.

En Pamoureuse loi

Pain qu on dérobe , & qu on mange en cachette ,

Vaut mieux que pain qu on mange, ou qu on achette.

La Font.

On dit d’une personne, qu’elle est bonne commepain j pour dire, qu’elle n’a aucune malice. On dit dequelqu’un , qu’il a plus de la moitié de son pain cuit,pour dire, qu’il ne vivra pas longtems. On dit encore,qu’une personne fe laisse manger le pain à la main ,loríqu’elle fe laisse ravir son bien visiblement. Ondit encore des gens qui parodient tristes Sc qui ne di-sent rien , qu’il semble qu’ils ont perdu leur pain aufour.

Etre en Pain. Dans les Coutumes de Hainaut , c. 42 ,p S 3 /0tT,ócde Mons, c. 6 ,8 , ç , 10 3 36 . C’est êtrefous la puissance de l'on pere. Esse in potejlate patris.De Lauriíre.

Etre hors de Pain. C est dans les mêmes Coutumes, êtreémancipé, n eti e plus íous lapuiilance de ion pere. DeLauriÈRE. Esse fui juris.

Mettre hors de Pain ou hors de pain Sc de pot. Éman-ciper. Emancipare, fui j urisfacere , manumittere , pa-tria potejlate absolvere. Mile hors âepain, émancipa-tion. Emancipatio , manumissio. Sous les deux pre-mières races de nos Rois, les peres & 3 *ncmes les me-res , avoient en France une telle puillance íur leurs en-fuis, qu’ils les pouvoient vendre, c . 4 ; L- 8 V. Capitul.Mais en plusieurs lieux fous la troiheme race, cettepuiíìance fut tellement adoucie, qu il semble qu ellene fut conlervée aux peres & meres , que comme unerécompense des alimens & de leducation donnee auxenfuis. De là vient que par les Coutumes de Chartres,art. 10 3 ; de Château-Neuf, art. 134 ; de Dreux, art.93 3 Sc quelques autres ; dès que la mere est morte ,les enfans ( parce qu’ils ont, ou font présumés avoir dequoi fe nourrir &s’entretenir) cessentd’êtreenlapuií- ,fance de leur pere. Dela vient encore que dans plusieursautres Coutumes, & même à Paris - , les enfuis n’étoientfous la puillance de leur pere, que tant qu’ils étoient

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en celle’, Sc ils étoient en celle lorfqu’ils étoient cndomicile de pere & de mere, & loríqu’ils étoient encelle & domicile de pere & de mere, comme ils étoientnourris par leurs peres & meres , ils étoient en pain Scen pot. Delà vient que les mots celle, domicile ,painSc pot íonr pris pour la puillance fur les enfans ; Scque pour marquer que les enfans étoient émancipés,on a dit qu’ils étoient hors de celle, ou hors de pain Scde pot. De Laurière.

PAINBECHE. Voye ^ Pinbêche.

Pain de Cocu ,ou d Coucou. C’est une petite herbe qu’onmange en salade , que les Jardiniers nomment autre-ment alleluya , Sc les Médecins trifolium , aeetosum ,ou oxys 3 ou oxyriphyllum. Voyer Alleluya.

Pain de Pourceau. L m. C’est une plante qui pousse desfeuilles prefques rondes , de couleur verte-brune , Scmarbrée de blanc par-delíus, purpurines par-dessous,attachées à des queues. Ses Heurs font purpurines, debonne odeur, portées fur de longs pédicules : ellesfont taillées en godet dans leur partie inférieure , & lapartie supérieure de ce godet est découpée en cinq par-ties. Il leur succède un fruit sphérique & membraneuxqui s’ouvreen plusieurs parties, & qui contient des se-mences irrégulières. Sa racine est ronde, garnie de pe-tites fibres noirâtres, de couleur obscure en dehors,blanche en dedans , garnie de fibres noirâtres. En Latinciclamen orbiculato folio inferne purpurascente. C-Bauh. On fe sert de la racine du pain de pourceau pourguérir les obstructions, & pour résoudre les tumeurs.

U y a quelques autres eípèces de pain de pourceau. Cet-te plante a été ainíi appelee, parce que fa racine est fai-te comme un pain. Sc que les cochons en mangent. Lefruit renferme des semences anguleuses. Le pain dépourceau croît dans nos jardins. Il vient naturellementdans les Alpes & fur les montagnes de l’Autriche& dela Styrie. Sa racine est incisive, atténuante, détersive „apéritive.

PAINE. f. m. Terme de Calendrier. Nom du sixièmemois des Coptes, qui répond à notre mois de Juin. Ilsl’appellent aulli JSauna, Sc les Abylìins, Punni, ouPenni. Fabricius citant Megiferus.

PAINER. v. a. Vieux mot. Painer , tourmenter, fairede la peine. Vexare , cruciare.

FAINES, ou PESNES. f. f. pi. Les Corroyeurs nommentainsi les morceaux de drap ou d crosse de laine dont ilsfont leur gipon.

PAINPONT. Nom d’un village avec Abbaye de l’Ordrede S. Augustin. Panispons. Il est dans la Bretagne,en France , à sept lieues de Rennes, vers le couchant. -Maty.

PAINTRERIE. Vieux si f. Peinture. Pcclura.

PAIOMIRIQBA , ou PAGIMIRIOBA. f. f. Plante quipousse plusieurs tiges longuesd’environ troispiés, ver-tes , fort rameuses. Chaque rameau est garni de huit oudix feuilles rangées par paire fur une côte , assez lon-gues , pointues. Aux extrémités des rameaux naiííèncde petites Heurs à plusieurs feuilles, semblables à cellesde l’orobe, mais tout à fait jaunes. Il leur succède desgousses longues, rondes, un peu applaries, courbes :chaque gousse contient cinquante semences, Sc quel-quefois davantage , rondes, larges 3 aplaties, de cou-leur brune , un peu plus grosses que des lentilles. Saracine est longue, droite, de couleur jaune. Marcgraveappelle cette plante Orobus Brajihenjls flore lutedpaioinirioba diclus ; Sc Hermans , flenna Orientalisfruticosa sopheta dicla.hWe croît en plusieurs lieux del’Amérique.

PAJANISME. f. m. Pajanifmus. C’est le nom d’une nou-velle secte qui s eleva il y a quelques années parmi lesCalvinistes , & qui n’a pas íubirsté longtems. L’Auteurétoit un Ministre d’Orléans appelé Pajon, qui avoirbeaucoup raffine fur l’Arminianifme.

Pajoniste. si m. & f. Pajonista. Nom que les Calvinis-tes ont donné à ceux qui suivent les fentimens de P a 'jon. Comme les fentimens de ce Ministre d’Orlé a ° ss etoient répandus en France parmi quelques Ministresqui ne pouvoient approuver les opinions dures de Ca *vin Sc de Bèze fur la grâce efficace Sc la prédestinai^ 1 »on tint à Rotterdam en 1680, un Synode appels ie *V> '