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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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tion extraordinaire des lacs vicieux Sc fermentatìfsqui séjournent dans l’estomac & dans les boyaux, &qui étendent & dilatent tellement ces parties, que lediaphragme Sc les poumons s en trouvant extrême-ment resserrés Sc .gênés, le íang n’y circule qu’avecbeaucoup de difficulté ; ce qui doit donner occasion àune palpitation de cœur , qui durera autant de temsque cette raréfaction dans les premières voies. Telleest, selon un nouveau Médecin , la feule caule immé-diate de la palpitation de cœur. Mais il y en a autantde causes éloignées, ou occasionnelles, qu’il y en aqui peuvent cauíèr l’obstruction de l’artère pulmonai-re j Sc plus ordinairement celles qu on a indiquées ci-deffiis. Consultez la Diffiertation du Médecin dont nousparlons dans les Mémoires de Trévoux , 1714 • Avril }P‘7 1 S-

Dans le même ouvrage, / 7/ 4 , Décemb.p. 216 /,un autre Médecin donne encore les vents pour unecause sympathique de la palpitation du cœur ; il dit queles Anciens, lans exception, ont regardé les ventscomme la cause la plus fréquente de ce mal. En effet,ajoute-t-il, on peut tirer de cette source une multitudede causes de la palpitation sympathique , à raison duventricule, du diaphragme, du médiastin, &c. Cequ’il explique eníuite plus en détail.

D autres veulent que la feule cause de la palpitationde cœur, soit un sang vil queux, qui dans fa raréfac-tion dilatant extraordinairement l’artère du poumon ,Sc faisant par conséquent rétrécir la cavité de ses ra-meaux capillaires vers leurs extrémités, ou compnniant par cette dilatation les autres petits vaisseaux du

Í ioumon, empêche le sang de continuer avec libertéon mouvement circulaire, Sc donne occasion à la pal-pitation de cœur.

Tous les Auteurs regardent la palpitation de cœurcomme un mal très-dangereux ; Sc Galien observe queceux qui ont ce mal dans leur jeunesse, ne vieillissent

pas.

M. Pifon j Docteur de la Faculté de Paris, Sc Mé-decin du Duc de Lorraine Henri II 0 du nom, traiteaussi de la palpitation du cœur dans ses ObservationsSc Consultations, dont on fit une Edition nouvelle àLeyde, en 1714. La palpitation du cœur , selon lui,peut venir ou d une sérosité surabondante, qui abreuveSc gonfle la propre membrane de ce viscère , commel’a découvert Galien dans l’ouverture d’un singe ; oud’une trop grande quantité d’eau contenue dans le pé-ricarde ; ensorte que le cœur se trouvant par ce moyentrop à l’ctroit, Sc 11e pouvant se mouvoir avec liberté,est obligé de frire plusieurs soubresauts , au lieu desjnouvemens réglés qu il faisoit auparavant. Elle peur -encore être causée par une sérosité qui se jette dans lesventricules du cœur - fort que certe ìCïGÍitc vienne desgrands vaisseaux qui fournissent le sang , soit qu ellevienne des poumons, ou du cerveau, comme il arrivesouvent. De ces trois causes, la plus ordinaire est lepéricarde trop tendu par la quantité d’eau qui le gonfie, comme 011 le volt dans la plupart des cadavresqu’on ouvre après cette maladie. Ces différentes causesont distérens signes qui leur font propres. La sérositébouillante qui des vaisseaux du sang se jette tout d’uncoup, Sc s’élance dans les ventricules du cœur, se ma-nifeste par des battemens subits aux tempes, des siffle-mens d oreilles, des yeux qui se troublent, des dou-leurs vagues qm attaquent differentes parties du corps,Sc des vents qui tourmentent le malade. Si avec ces si-gnes , le malade est d’un tempérament chaud Sc sec, &qu’il ait les cheveux noirs, il y a tout lieu de conjec-turer que fa palpitation de cœur vient de la cause dontnous parlons. Quand elle est proauite par 1 abondanced’eau qui embarrasse le péricarde , ou qui gonfle la pro-pre membrane du cœur, le malade fe sent le cœurcomme suffoqué dans l’eau: son pouls est foible, fapalpitation est continuelle, ou presque continuelle ; ila une petite fièvre, qui semble tenir de la fievreheti-que; il respire avec beaucoup de difficulté ,Scí a ma-ladie n’est venue que peu à peu.

La palpitation qui vient de la sérosité, se guérit parles suguecs, L autre, en purgeant les sérosités parle

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moyen de quelques minoratifs doux, comme fontl’hière simple , le syrop rosat solutis. Sc ensuite la sai-gnée du bras , ou même du pied , pour faire une plusgrande révulsion, en cas qu’il y ait suppression déré-glés , ou d’hémorrhoïdes ; Sc ces saignées doivent êtrefaites du côté du viscère, que l’on croir être la sourcede la sérosité qu’on veut ôter ; du côté droit, si c’est lefoie ; du gauche , si c’est la rate. Une grande maigreurdu malade doit empêcher la saignée. Après ces prépa-rations , il faut venir à une purgation universelle dessérosités. Les meilleurs médicamens qu’on puiífe em-ployer pour cela, font la semence de carthame , le sé-né oriental , la térebentine, la poudre d’hière , saga-rie , la rhubarbe, le chou marin, avec le diaphonix ;enfin lelectuaire de citro. Ces remèdes fe donnent enforme liquide, ou en forme solide , selon le gré desmalades, en y mêlant un peu de manne, de syrop ro-sat , ou de syrop de polypode. Les remedes tant inter-nes qu’exrernes, capables de faire des révulsions par-ticulières , font d un grand secours. Les ventouses ap-pliquées aux cuisses, aux lombes , Sc s’il le faut au dos,ce qui fe fait plus rarement ; les ligatures des extrémi-tés, & les frictions font les externes. On peut joindreaux ventouses des scarifications, si l’on craint de trop-astoiblir le malade par des saignées. Les internes fontles diurétiques, dont on doit fut-tout Ce servir, lors-que le malade sent une grande effervescence , que le»íudorisiques pourroient irriter. Ces diurétiques fontou simples, ou composés. Les simples sonr les cinqracines apéritives, celle de scorsonère, les capillaires,labéroine: la mélisse, le romarin, lescordium, laverged’or, la semence d’anis, de citron , & le boisd’aloës. On fait de ces médicamens des décoctions, desaposèmes, des poudres, des conserves ; on y joint la.rhubarbe & la poudre de rhapontique. Il est bon demêler avec ces remèdes quelques rafraîchiíîàns, com-me la bourrache , la buglofe, le syrop de pomme, ce-lui de suc d’oseille, tous rafraîchiffans tempérés, quiont principalement lieu dans les palpitations périodi-ques causées par l’effervescence de la sérosité dans lesgros vaisseaux, d’où elle selance dans le cœur. Pifonrecommande encore les eaux acides, parce qu’ellesfont fort diurétiques, & qu’elles entraînent avec ellestous les amas de sérosités t mais il préfère à tous lesautres remèdes, le syrop de scories d’acier, dont Udonne la composition.

Les remedes topiques ne doivent point non-plus êtreoubliés dans la palpitation du cœur périodique. Ces to-piques sonr l’onguent rosat avec un peu d’écorce de ci-tron , ou de poudre de canelle ; ce sont des sachetscomposés de Heurs cordiales. Il semble que les fado-rifiques devroient être d’une grande utilité pour éva-cuer la sérosité. Mais Pifon avertit qu’ils font dange-reux , quand la palpitation est accompagnée d’une gran-de difficulté de respirer.

Quant au régime que doivent garder les malades at-taqués de palpitation, il saur éviter les grands Sc lesfréquens breuvages, manger du rôti plutôt que djboulli, boire peu de vin, Sc qu’il soir vieux ; le trem-per avec de l’eau de mélisse, ou substituer au vin, deseau dans laquelle on ait éteint plusieurs fois de lofau sortir du feu , ou dans laquelle on ait fait bouilliedu bois dc sajsafras. L’uíage d’une poudre composéede coriande préparée, un gros ; fenouil doux, un gros; ^rapure de corne de cerf, ivoire, os de cœur de cerf,poudre de perle , Sc corail rouge, chacun un gros, en"core cannelle , cinq grains ; sucre rosat, une livre ; letout bien mêle. Enfin, il faut entretenir le ventre librepar deslavemens faits de décoctions adouciílantes.

On est surpris de ne point trouver parmi tous cesremèdes , la confection d’Alkermès. Il est cependantexcellent ; Sc celui qui écrit ceci en peut répondrepar Inexpérience qu’il en fait îui-même. ,

$ 3 “ PALPITER, v. n. Avoir un mouvement déréglé»inégal, Sc fréquent. Palpitare , mi are , salire. Da* 1 ?cette acception, son usage est très-borné. Le cœur luipalpite. La paupière lui palpite.

IJsTOn le dit auffi des parties des animaux qui ont encorequelque mouvement après leur mort. Il vient dc mou,