Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
617
JPEG-Download
 

P A Y

P A Y

íe rencontrent, ils s’entrediíent, veux-tu payer pinte,chopine ? Payer pinte, payer chopine, c'est menerquelqu’un au cabaret, & payer pour lui. LesPeres dela Mercy ont racheté les esclaves, ils ont payé poureux leur rançon. On dit en ce sens,que Jésus-Christnous a racheté de son Sang précieux, qu’il a payé pourtout le genre humain.

‘ ayer, se dit quelquefois en parlant des reílentimens devengeance, des menaces, des peines, & supplices. Sol-fere,panas dare. Vous avez fait un affront à ce brave,tot ou tard vous le payere-q. Si ce malheureux a fait lafaute, il en paye la peine. Vous en payere £ la folle en-chère, les pots castes. Phrase proverbiale. On le dit d'unhomme qui a causé quelque dommage ; pour dire,qu’oufera retomber la perte sur lui. Ce malheureux a été prisa u milieu dune sédition, il payera pour tous les autres.

H fera seul puni d'une faute commune. On dit aussi decelui qui a reçu quelque coup , ou quelque forte répli-qué ; qu il a été payé , qu il a reçu son fait. Te voilàPayé de ta raillerie. Mol. Il a payé chèrement & avecuíure le tort qu’il a voulu faire à fa partie.

Payer , s e dit aussi des récompenses, salaires, ou satisfa-ctions équivalentes. Cet homme est bien divertissant àtable, il paye bien son écot. Solvit symbolum. CetteDame lui fait bien payer fe s faveurs, elle exige de longsservices, de grandes assiduités. Une femme prude payehe maintien & de paroles ; une femme íage paye deconduite. La Bruy. Les Hollandois payent la fidélitéde leurs femmes par un grand assujettiilement. S. Evrhes yeux qui m’on t pris pay eront tous mes maux avecun souris. Voit. Un mauvais débiteur paye d excuses,

’dc de révérences. Je consens à payer de complaisancepour toute la compagnie. M. Scud. Le Souverain est-ilbien payé de ses foins & de ses inquiétudes , par leplaisir que donne la puissance absolue, & par les pro-sternations des Courtisans ? La Bruy. Un esprit rai-sonnable est assez payé par le plaisir d’obliger une per-sonne de mérite. Bell. Nous payons de toute notre li-berté une courte jouissance des faveurs de la fortune.

S. Evr. J’ai payé les plaisirs de ma passion, de la pertede toute ma réputation. Lett. Port. Peu de cœurspayent en monnoie de bon aloj. Tour. On dit aussi,pour bien louer quelque chose , ou quelque bon mot,cela ne se peut payer. Ce sont-là de ces choses qui neíe peuvent payer. Mol.

^ On dit aussi , qu’un Capitaine a payé de fa personne,quand à la guerre il s’expose au danger comme lesmoindres soldats, qu’il fait bien son devoir dans uneoccasion dangereuse. Qu un homme paye de mine,quand il est bien siit & agréable. Payer de belles pa-roles, nc donner de satisfaction qu en paroles. Payer^ingratitude , manquer de reconnoiíïance pour unbienfait reçu. Payer dc raison , donner de bonnes rai-sons. Sc payer de raison , se rendre aux bonnes raisonsqu’on allègue. Payer d’essronterie, se tirer d’un mau-dis pas par effronterie. Payer d’audace, ep parlanth’une perite troupe de gens de guerre qui en rencon-trent une plus grande, faire si bonne contenance quepar-ià on empêche les ennemisd’attaquer.

1 ayer , s e dit proverbialement en ces phrases : C’est lacoutume de Lorris, où le battu paye 1 amende. Voye^^explication de ce proverbe à Coutume.Oii dit qu’unhomme paye les violons , & que les autres dansent,quand quelqu’un fait les frais d’un divertissement, où11 a le moins de part. On dic aussi,que qui répondpaye,qui casse les verres les paye. On dit d’un homme dur àa deíìerre , qu’il ne veut ni compter, ni payer j qu’ilpaye bien, quand il paye comptant ; qu’il paye enchats 8e en rats, pour dire par parcelles & en mau-es denrees. V ryeq l’explication de ce proverbe à^ )}p a y e en monnoie de singe, en gambades,

° n íc moque de son créancier par de vaines &

- - ,i f ,J\ rOIÌ1CÍ es , ’ qu h paye en Louis, quand il ob-

^ cttres de répit qui commencent par Louis.

n r \ contraire, de celui qui paye bien, qu il paye

paye , pom dne,qu A fp m payera proportion du temsde service. On dit aussi, q U , mange la vache du Roi àcent ans de-la en paye les os. On dit aussi ironiquementTome VI.

6ij

à celui à qui on fait banqueroute : vous voilà payé.

'AYER. Bien des gens écrivent païer -mais trcs-mal, pourla raison qui sera expliquée ci-delsous au mot Pays. Ily a cependant quelques rems & quelques personnesde ce verbe , où ïi n’est pas néceíîàirement double,bien des gens n’en faiíanr qu’une diphthongue avecY a. D’autres cependant font, îstêtne en ces personnes,

Yi double, Se c est le mieux. L'autre prononciation estune prononciation Normande. Nous allons indiquerces personnes & ces tems. Au présent-de Vindicatif,je paye , ou je paie ; tu payes , ou m paies ; il paye ,ou rl paie. Au pluriel Yy est toujours double. Áu futurde l’Indicatif, je payerai , ou je paierai , & ainsi detoutes les personnes des deux nombres. A l’Impéra-tif, paye , ou paie. Au subjonctif, que je paye , ouque je paie j que tu payes , ou que tu pates ; qu’ilpaye , ou qu’il paie. Au pluriel Yy est double. A l’Im-parfait, je payerais , ç>u j epaierois , & ainsi du resteau singulier & au pluriel ; par-tout ailleurs c’est un £double ou y:

Payer de bays, proverbialement, c’est ne rien ré-pondre a propos, tenir des propos, avoir des entre-tiens inutiles, ridicules, de bagatelles. Ce proverbevient, dit-on , d’un Berger , qui étant cité en Justice àla requête de son Maître, ne répondit jamais que bay,qui est le cri des moutons. Payer ric à ric, pour dire,payer juíqu’au dernier lou.

Payé , ée, part.

PAYERNE. Paterniacus. Ville de Suisse,au Canton deBerne, fur la Broyé, dans une belle campagne, chef-Ueudu Gouvernement du même nom.

PAYEUR , EUSE. f. m. Sc f. Qui paye. Quand on est enréputation d’être bon payeur , on trouve toujours cré-dit. Les Nobles passent pour de mauvais payeurs. Quicum cr editoribus fuis mâle agit.fjssT On appelle bon payeur celui qui ne fair point diffi-culté de payer, qui acquitte ponctuellement ses dettes,ses lettres, les billets de change aux termes de leurséchéances 5 & mauvais pqye^r, celui qui fait le con-traire , qui 1 cuistre des protêts , des assignations , &c.Payeur, est aussi un Officier commis pour faire des recet-tes & des payemens. Receveur 8c Payeur des Rentesdel’Hôtel de ville ; qui est préposé pour payer les ren-tes constituées surí’Hcitel de ville. Civilis quœjlor, Di-ribitor. Un Payeur des gages du Parlement,de la Cham-bre des Comptes, &c. C est un commis de l’Extraordi-naire qui est le Payeur de l’Armée.

PAYNI. f. m. Terme de Calendrier. Nom du dixièmemois de l’annce des Egyptiens,qui répondoit à peu-prèsau mois de Juin ; on le nommoit aussi Paoni. Voye%Kirker , (Edtp. VEg. T. II. P. IIp. 261 , ôcc. LesCoptes l’appellent Baune , Bouna } & Paoni- Fabr.Menai. p. 26.

PAYRNE, PETERLING. Nom dune petite ville, assezbien peuplée. Paterniacum. Elle est capitale de l’un desBailliages que les Bernois possèdent dans le pays deVaud, & située fur la Broyé, entre Fribourg & Y Ver-dun , à trois lieues de chacune. Maty.

PAYS. C’est ainsi quil faut écrire, & qu ecrivent en essetun très-grand nombre d’habiles gens ; ce mot a deuxsyllabes. La premiere a le son dssi,comine dans aimer 3aider , plaider , ou d’un e. La seconde a le son de U,comme dans bénis , Paris , courlis , &c. Il faut houedeux ïi , c’est-à-dire, un y dans ce mot. Sans ce a i a.n aura point le son de aï. Il faut ce pendant convenirque plusieurs Auteurs, ou les Imprimeurs de leurs ou-vrages, écrivent pais, mettant deux points fur 1 z ; mais.

ces deux points ne doublent point z , c n apprennent

point quel son doit avoir l’aj anAi Ion prononcerapais, comme païen, laïque, ôcc. Ne changeant pointle son propre Ae Y a. Les deux points marquent feule-ment qu’il faut séparer l’i de 1 a , Sc prononcer ce moten deux syllabes. M. Ménagé faifoit plus : J écris tou-jours , payis de deux syllabes ,payijan de trois, 8c Ab-bayie de quatre : ce n est pas parler François que de re-trancher une syllabe de chacun de ces mors. Menage-En effet, si l’on écrit pays ou pais, on prononcera pays,on pais à la Normande, comme le François paix , oncomme le Latin pes.

Iiii