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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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tombèrent sous la domination des Ducs de Bourgo-gne , qui les appellerent les pays-bas 3 pour les distin-guer de la Bourgogne, l’autre partie de leur Etat, qu’ilsappeloient le haut-pays-bas. De la Maison de Bour-gogne elles pallerent dans celle d’Autriche ; & Char-les-Quint, qui en fut l’héritier , ayant ajouté à ce queles Bourguignons y possédaient; le Duché de Gueldre,& les Seigneuries d’Utrecht, d’Owénssel, de Frise 8c deGroningue, forma le corps de dix-sept provinces despays-bas. Tous ces pays íont aujourd’hui divisées endeux parties générales, qui prennent leurs noms deleur Religion dominante ; la partie méridionale portele nom de pays-bas Catholiques 3 8c la septentrionalecelui de pays-bas P r ot t flans , ou de Provinces-Unies.

Pays -bas Catholiques. C’est une partie des pays-bas.Belgium Catholicum. Elle est au midi du Rhin 8c desProvinces-Unies , doit elle s’érend jusquaux confinsde la Picardie, de la Champagne 8c de la Lorraine. Cepays a un air assez tempéré. Il est baigné par un grandnombre de rivières, dont les principales font, la Meu-se , l’Escaut, la Sambre, la Scarpe, le Lis & la Né-the. Il est très-fertile en grains, en pâturages , bienpeuplé, riche par ses manufactures & par son com-merce , 8c plein d’un grand nombre de villes grandes,belles 8c fortes, dont on peut dire que Bruxelles est lacapitale. On marquera les autres fur les provinces par-ticulières de ce pays 3 qui font, les Comtés d’Artois ,de Flandre , de Hainaut & de Namur ; les Duchés deLuxembourg , Limbourg 8c Brabant, fous lequel sontcompris la Seigneurie de Malines, &le Marquisat duSaint-Empire ; à quoi il faut ajouter cette partie de laGueldre , que l’on nomme la Gueldre Espagnole. Aureste, les Provinces-Unies ont quelques contrées dansce pays , l’Empereur 8c les François possèdent aujour-d’hui le reste.

Pays-Aw Autrichiens. Partie des Pays-bas Catholiques,possédée par la Maison d’Autriche. Belgium Austria-cum.

PAYs-tar Protestans. Voyey Provinces-Unies.

NouveauxVAYS-bas. Foye^ Autriche. Le pays hérédi-taire de la Maison d’Autriche.

Lays-cF obédience. Ce sont ceux dans lesquels les réservesApostoliques, 8c les règles de la Chancellerie Romai-ue, sont encore oblervées, comme font en France laBretagne, & la Provence, mais à legard de la Bretagneles réserves y ont lieu par la Déclaration d’Henri II, delan 1549.

Iays reconquis. C’est la contrée la plus septentrionalede la Picardie. Recuperata Ditio. Elle est entre le Bou-lonnois, l’Artois & la Mer. Elle étoit anciennementune partie du Comté de Boulogne. Henri III, en ayantehasté Fan 1578 , les Anglois, qui s’en étoient rendusles maîtres, on donna à ce pays le nom de pays re-conquis ; qu’il porte encore. Il renferme les Comtés deRuines , 8c d’Oye. Ses lieux principaux font, Calais,Ruines, Ardres & Oye.

ÁYs ~fomme. Terme de Marine. C est un bas fonds, où11 y a peud’eau. Syrtis 3 brevia.

Pays , se dit proverbialement en ces phrases. Nulu est Prophète en son pays , diíoit le Seigneur, en S.Matthieu, c. 13 3 vers. S7• Nullus Propheta in patriâhâ. Pour dire , que quelque mérite qu on ait, on estmoins considéré par ceux de sa nation , que par lesétrangers. On dit aussi, autant de pays , autant de gui-R‘s ; pour dire, que les peuples ont des mœurs bien diferentes. On dit austì, qu’un homme parle à vue deP a y^ j Qu il juge à vue de pays ; pour dire, qu’il le ha-sarde de parler, de juger d une choie dont il n’a pasrrL COnn0llíanCC certaine. On dit à celui qui se laisseVotre* 361 ' ° U Persuader une chose , vous êtes bien derelni ‘ V0US u’etes encore guère déniaisé : & àle monde /hé°, rC d “ e Avelle qui est connue de toutpar menace à celui 0l \ dlC

lui fera bien voir d „T °" * "" d , ltìcrcnd ' Vdonnera bien de l’exetd^l^nT f r qU On ^qu on le traduira m plufcurs J„ r iclia io „ s . <“i d imOi qtt.l est sots de tont( , >p , J0 , ^

dans les^tieux \p pins polis U se trouve des gens qui

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n’ont guère d’esprit. On dit austì , pays ruiné vautmieux que pays perdu , pour excuser le dégât qu’onsait en quelque province, afin doter aux ennemis l’eí-péranced’y íublister. On dit auíli d’un homme, qu’ila gagné pays , qu’il a tiré pays , qu’il a vidé le pays ;pour dire, qu’il s est enfui, qu’il s’est exilé. Excejflt yerupit.

Pays. Ile de la mer des Indes,

Pays , y se. f. m. & f. Celui ou celle qui est du mêmepays. Richelet di t que pays est un mot dont les gueux& les petits artisans se íèrvent quand ils se saluent.Bonjour pays , adieu pays. Payse n est pas de meilleuraloi. L’Académie observe qu’en parlant quelquefois àun compatriote, on l’appelle pays 3 ho, pays 3 oùvas-tu ? & qu’ii est populaire.

PAYSAGE, f. m. ( Prononcez Péifage , de quatre sylla-bes. ) Aspect d’un pays : étendue de pays que l’on peutvoir d un íeul aspect. Traclus .Lesbeaux paysages fontceux qui font diveríìfiés par quantité d objets agréablesa la vue, comme des collines, des vallées, des campa-gnes , des prairies, des bois, des vignes, des maisonsde plaisance, des villes, des bourgades, des hameaux,des sources, des ruisseaux ; des rivières, & enfin lamer même. Plus il y a de ces divers objets dans unpaysage , 8 c plus il est beau.

tfT Paysage, le dit austì des tableaux où font représen-tés des paysages 3 c’est-à-dire, des campagnes avec lesobjets qui s’y rencontrent. Dans les paysages on re-présente ce que la nature a de plus majestueux , despoints de vue merveilleux, des Temples, des Mai-sons de plaisance dune magnifique Architecture, &c.où I on y représente la nature toute simple & sans em-bellistemens, des bergers , des troupeaux ; des prai-ries , &c. Les vues des Maisons Royales font peintes enP a ys a g es j à Fontainebleau, & ailleurs. Amoenorum lo-corum coloribus descriptio.

PAYSAGISTE. T. m. Terme de Peinture. Peintre quis attache paiticulierement à peindre des paysages. Pic-tortopographicus. Les Peintres d’Histoire le mettentbien au-dessus des Payszgisies. Le Lorrain, Fouquier ,ont é é de grands Paysagistes. Il y avoir à Rome d’ex-cellens paysagistes qui croient en grande réputation.Félibien.

|CF PAYSAN, ANNE. f. m. 8 c f. Homme, femme decampagne, de village. Rusticus. Pauvre paysan. Lespaysans sont ceux qui supportent les charges de l’E-tat, qui payent la taille , qui font les corvées, &c.

En plusieurs endroits, sur-tout au de-là de la Loi-re, on prononce pésan. Molière semble avoir cru qu’onétoit libre de dire en deux syllabes paisan , ou en troispaysan , ayant dit dans son Ecole des femmes, Sc. I.del’Acle I.

Je sais un paysan qu on appelait Gros-Jean ;

Quoi qu’un peu plus haut dans la même Scène ileut dit:

Et la bonne paysanne apprenant mon defir.

M. de la Mon.

Régnier avoir dit austì :

Le paysan n ayant peur des bannières étranges 3

Chantant coupe ses blés 3 riant fait ses vendanges •

Régnier.

ífT Aujourd’hui on fait ce mot de trois syllabes.

Ce mot vient du Latin paganus 3 apagis. On les aappelés dans la basse Latinité ,paganenjes 3 pagani &parafes. Servius dit, que les paysans logement auprèsdes fonraincs : d où vient villages ont ete appe-

lés p agi , àm œnyûv d’ou ils ont ete appelés pa-

çan'u , .

fp* On appelle figurément un homme grollier, rustique,incivil, mal propre , un paysan. Ce Noble de campa-gne est un vrai paysan. La plupart des Pédans tiennentencore d u paysan. AgrefUs , r u flic us 3 rusticani mores.

Pays a n , ane , est austì quelquefois adjectif, & ne se ditque par m pris. Unair paysan 3 des manières paysan-nes. Rustici mores 3 rusticitas.

X ii i i;